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Compte rendu

Fabrice d’Almeida et Denis. Maréchal (sous la dir.), L’ Histoire orale en questions, Ina éditions, 2013, 138 p., 14 €.

Pages 159 à 160

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  • Etre, L.
(2014). Fabrice d’Almeida et Denis. Maréchal (sous la dir.), L’ Histoire orale en questions, Ina éditions, 2013, 138 p., 14 €. La Pensée, 377(1), 159-160. https://doi.org/10.3917/lp.377.0159.

  • Etre, Laurent.
« Fabrice d’Almeida et Denis. Maréchal (sous la dir.), L’ Histoire orale en questions, Ina éditions, 2013, 138 p., 14 €. ». La Pensée, 2014/1 N° 377, 2014. p.159-160. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-la-pensee-2014-1-page-159?lang=fr.

  • ETRE, Laurent,
2014. Fabrice d’Almeida et Denis. Maréchal (sous la dir.), L’ Histoire orale en questions, Ina éditions, 2013, 138 p., 14 €. La Pensée, 2014/1 N° 377, p.159-160. DOI : 10.3917/lp.377.0159. URL : https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2014-1-page-159?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/lp.377.0159


Fabrice d’Almeida et Denis. Maréchal (sous la dir.), L’ Histoire orale en questions, Ina éditions, 2013, 138 p., 14 €.

Laurent Etre

1 Cet ouvrage reprend une série de présentations prononcées dans le cadre d’ateliers de l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) consacrés à l’« histoire orale », en 2009-2010. Le lieu n’est pas anodin. Créé en 1974, l’Ina est un acteur privilégié, en France, de ce champ d’études encore souvent dénigré par les historiens eux mêmes. En effet, ainsi que l’explique dans sa contribution d’ouverture, Philippe Joutard, cette histoire particulière repose sur un principe simple : l’intervention d’une personne qui décide d’en interroger une autre. Or, « par cette action, cette personne crée le souvenir et le fait advenir ». Autrement dit, la matière est ici suscitée, alors que l’historien travaille habituellement sur des documents qui n’ont pas été constitués en vue d’entrer dans l’histoire. L’« histoire orale », qui émerge véritablement aux états-Unis dans les années 1930 avec l’apparition des premiers magnétophones, fait donc intervenir sciemment la subjectivité. Peut-il en résulter autre chose qu’un relativisme des points de vue ? « La meilleure manière de surmonter la subjectivité, c’est […] de l’assumer clairement et totalement », plaide Philippe Joutard. Concrètement, il s’agit de commencer par admettre la valeur informative des oublis et déformations multiples sous-tendant les représentations subjectives de la réalité. À l’aune de ce changement de perspective se pose ensuite une question qui a été centrale dans les échanges des ateliers de l’Ina, celle du protocole permettant de réaliser « un entretien scientifiquement valide », selon les mots de Fabrice d’Almeida et Denis Maréchal, en introduction au présent ouvrage. À cet égard, la contribution du sociologue Patrick Champagne, s’avère particulièrement éclairante. « Le discours de l’enquêté ne doit […] pas être pris pour argent comptant, mais demande à être interprété, critiqué, évalué », fait notamment remarquer celui qui a participé, au début des années 90, à la grande enquête collective par entretiens « La Misère du monde », sous la direction de Pierre Bourdieu. Ce qui veut dire aussi qu’un entretien se prépare par un ensemble de recherches et doit être croisé avec d’autres dispositifs. Au sortir de cette lecture stimulante, on est finalement amené à se dire que, plus qu’à une reconnaissance de l’« histoire orale » en tant que telle, l’heure est à réfléchir à de nouveaux rapports entre l’écrit et la matière audiovisuelle, qui tiennent compte des bouleversements induits par le numérique. Non pas pour en rabattre sur les exigences scientifiques, mais au contraire pour les approfondir.


Date de mise en ligne : 22/03/2020

https://doi.org/10.3917/lp.377.0159