Défense : de la fièvre à l’hypertension
- Par François Bellec
Pages 24 à 29
Citer cet article
- BELLEC, François,
- Bellec, François.
- Bellec, F.
https://doi.org/10.3917/geo.1590.0024
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https://doi.org/10.3917/geo.1590.0024
Le 28 juin 1914, un étudiant serbe assassina l’archiduc d’Autriche à Sarajevo. En raison de l’imbrication des réseaux d’alliances, son coup de pistolet fit exploser l’Europe. Vingt-et-un ans après la « dernière des guerres » selon la Société des Nations, l’Allemagne nazie envahit la Pologne. Conformément aux traités d’assistance mutuelle, le Royaume-Uni et la France lui déclarèrent la guerre. Le 24 février 2022, sous le prétexte d’un « génocide » des populations pro-russes du Donbass, la Russie a attaqué l’Ukraine. Les vingt-sept États de l’Union Européenne ont décidé des mesures de rétorsion en accord avec les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni. Sans y être obligées, les puissances constituant l’OTAN soutiennent l’Ukraine qui n’en fait pas partie dans sa défense contre une agression assez barbare pour que la Cour pénale internationale ait émis un mandat d’arrêt à l’encontre de Vladimir Poutine pour crime de guerre.
Des chars allemands, des canons français, des missiles antichars et antiaériens américains aident les Ukrainiens à contenir une armée de soudards et la milice Wagner. Le Kremlin a affublé sa guerre d’un faux nez d’« opération spéciale ». Les amis de l’Ukraine prennent soin de leur côté de se tenir hors des limites de la cobelligérance. Comme le Canada Dry ressemble à de l’alcool mais n’est pas de l’alcool, ils participent à ce qui ressemble à une guerre mais ne sont pas en guerre. Parce que le président Poutine a annoncé à la télévision qu’il avait mis « les forces de dissuasion de l’armée russe en régime spécial d’alerte au combat »…
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