Article de revue

La plage du bout du monde

Pages 64 à 65

Citer cet article


  • La chronique de la mer de Metzger, P.
(2017). La plage du bout du monde. La Géographie, 1565(2), 64-65. https://doi.org/10.3917/geo.1565.0064.

  • La chronique de la mer de Metzger, Philippe.
« La plage du bout du monde ». La Géographie, 2017/2 N° 1565, 2017. p.64-65. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-la-geographie-2017-2-page-64?lang=fr.

  • La chronique de la mer de METZGER, Philippe,
2017. La plage du bout du monde. La Géographie, 2017/2 N° 1565, p.64-65. DOI : 10.3917/geo.1565.0064. URL : https://shs.cairn.info/revue-la-geographie-2017-2-page-64?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/geo.1565.0064


1 Alors que les rêves de congés mérités commencent à s’immiscer dans les esprits surchauffés par un été précoce, les plages se préparent, chacune à leur façon, à recevoir des vagues venant de la terre et non de la mer. Mais laquelle est la plus belle de toutes ces étendues convoitées ?

2 Pour la France, on dit de l’autre côté de la Manche que l’anse de Morgat et son ouverture généreuse sur la baie de Douarnenez seraient parmi les dix plus belles du monde. Qu’en sera-t-il après le Brexit ? D’autres prétendent que c’est à La Baule que les kilomètres de sable offrent la vision parfaite d’une plage digne de ce nom. Et du côté de Marseille, le paradis littoral se nicherait dans les Calanques. Mais foin de chauvinisme métropolitain, partons pour un petit tour du reste du monde.

3 Volons sans attendre vers le Pacifique où les cocotiers paressent par-dessus le sable corallien. De Tahiti à Bora-Bora, des Marquises à Rangiroa, la Polynésie évoque sans faiblir le mythe de la plage idyllique, parsemée de vahinés lascives et de jeunes garçons halés par la vie sous le soleil tropical, tous ceints de paréos multicolores, portant colliers de coquillages et coiffés de couronnes de fleurs. Et il est vrai que la carte postale se rencontre parfois. Le must : se baigner à Bora durant un grain et se jouer dans l’eau chaude du lagon de l’averse froide.

4 Mais à quelques milliers de milles marins dans l’ouest de l’archipel polynésien se trouve la Nouvelle Calédonie. De beaux espaces côtiers, variés et enchanteurs, appellent au voyage intérieur autant qu’à la pratique d’un farniente réparateur. L’île des Pins et la côte ouest restent des valeurs sans décote possible. Et pour les urbains, l’anse Vata avec son horizon vers l’Australie constitue un moment de relâchement total.

5 En continuant vers l’Ouest, nous passons par les Philippines, où les étendues d’un sable épais se succèdent d’îles en îles. Voilà les Maldives, et les bandes blanches, transition entre le bleu turquoise et le vert des cocoteraies. Et voici l’archipel des Seychelles, et la plage sans comparaison de Beau Vallon Bay. Le matin, seuls les oiseaux ont marqué de leur empreinte le sable lissé par le ressac. Comme on fait sa trace en poudreuse, les pieds s’enfoncent et montrent le chemin parcouru pour atteindre les vaguelettes venant chatouiller le fondement des rochers sphériques, au granit modelé par la mer toujours plus forte.

6 Nous repartons pour les côtes africaines et la volupté de plages immenses, balayées par le vent et les vagues d’un océan jamais fatigué. La Côte d’Ivoire, la bien nommée, offre des langues de sable où l’homme est rare et où la brutalité du paysage confine à une beauté sauvage inégalable.

La plage idéale existe-t-elle ?

Description de l'image par IA : Plage sablonneuse avec chaise longue et parasol sous ciel bleu.

La plage idéale existe-t-elle ?

Ci-dessus, une plage dans l’Hérault.
D.R.

7 Faut-il ici évoquer Copacabana ou plutôt la délicatesse des rivages d’Olinda, village typique et préservé du Nordeste brésilien, près de Recife. Peut-on oublier la plage du Diamant à la Martinique, Miami Beach ou Cancun, San Francisco ou encore la baie d’Acapulco ?

8 Finalement quelle est donc cette plage qui pourrait être qualifiée de la plus belle du monde ? À mon sens, aucune. Elles ont toutes leur personnalité, leur géographie, leur beauté et leur attrait. Toutes valent d’être visitées, y compris celles qui ne sont pas citées, et elles sont innombrables. Pour ma part, la plus belle est celle que l’on foule chaque année, et qui n’est « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre ». Celle de son enfance, de ses vacances au bord de mer, de ses premières amours, de ses premiers bords en voilier, de sa première ivresse…

9 Bonnes vacances !


Date de mise en ligne : 03/04/2023

https://doi.org/10.3917/geo.1565.0064