Compte rendu

Nur Dolay, Le cheval Karabakh, Éditions Favre 2014

Page 51b

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(2014). Nur Dolay, Le cheval Karabakh, Éditions Favre 2014. La Géographie, 1555(4), 51b-51b. https://doi.org/10.3917/geo.1555.0051b.

« Nur Dolay, Le cheval Karabakh, Éditions Favre 2014 ». La Géographie, 2014/4 N° 1555, 2014. p.51b-51b. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-la-geographie-2014-4-page-51b?lang=fr.

2014. Nur Dolay, Le cheval Karabakh, Éditions Favre 2014. La Géographie, 2014/4 N° 1555, p.51b-51b. DOI : 10.3917/geo.1555.0051b. URL : https://shs.cairn.info/revue-la-geographie-2014-4-page-51b?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/geo.1555.0051b


Description de l'image par IA : Cheval broutant près d'un menhir sous ciel nuageux.

1 En décembre 2013, à la demande de l’Azerbaïdjan, l’Unesco inscrit à son patrimoine immatériel le « Tchovgan, jeu équestre traditionnel pratiqué à dos de chevaux Karabakh ». Il s’agit de la reconnaissance d’une pratique culturelle attachée à un patrimoine équin présent dans la région depuis des siècles. L’appellation Karabakh, d’origine turco-persane, signifie « Jardin noir », de kara (noir) et bagh (jardin) en raison de la fertilité des sols de cette région montagneuse. Attribué par Staline, comme région autonome, à la République soviétique d’Azerbaïdjan, le Haut-Karabakh, suite au conflit arméno-azerbaïdjanais post-soviétique, est un territoire marqué par un cessez-le-feu depuis 1994 et par la présence militaire de l’armée arménienne du Karabakh sur une grande partie de ce territoire. Témoin de cette histoire compliquée, et de la domination de multiples conquérants, dont Perses, Mongols, Ottomans, Russes, le cheval karabakh fait ainsi partie intégrante du patrimoine de cette région du Sud-Caucase.

2 Magnifiquement illustré, cet album, préfacé par un fin connaisseur du monde équestre mondial, Jean-Louis Gouraud, membre de notre Société, explique comment la race a été sauvée de l’extinction en Azerbaïdjan. Elle y participe aux courses, au transport, à la surveillance des frontières, à l’agriculture, mais aussi au rayonnement culturel d’une ex-république soviétique, que sa richesse pétrolière – qui fit la fortune des frères Nobel – plaça au cœur du « Grand jeu ». Domestiqué depuis près de sept mille ans, les chevaux nicéens, dont Hérodote et Strabon louaient déjà la grande taille et la beauté, sont uniques par la couleur alezan doré de leur robe et de leur crinière. Présentés par la Russie à l’Exposition universelle de Paris en 1867, ils firent fureur auprès des élégantes, qui se mirent à teinter leur chevelure de leurs reflets ambre et miel ! L’engouement faillit être fatal à la race car il suscita des ventes massives dans toute l’Europe, jusqu’à ce que l’Union soviétique d’abord, mais surtout, après son éclatement, des familles d’Azerbaïdjan, passionnées, entreprirent de sauvegarder le cheval Karabakh. Amour des chevaux et géographie se mêlent ainsi une fois de plus pour nous dresser, à travers le portrait d’une race, l’identité culturelle du Karabakh.

3 Sylvie Brunel et Françoise Ardillier-Carras


Date de mise en ligne : 13/03/2023

https://doi.org/10.3917/geo.1555.0051b