Georges Courade, Les Afriques au défi du XXe siècle, Belin, 2014, 330 p., 26 €
- Par Gilles Fumey
Pages 58b à 60b
Citer cet article
- FUMEY, Gilles,
- Fumey, Gilles.
- Fumey, G.
https://doi.org/10.3917/geo.1552.0058b
Citer cet article
- Fumey, G.
- Fumey, Gilles.
- FUMEY, Gilles,
https://doi.org/10.3917/geo.1552.0058b
1 Quand l’Afrique s’éveillera, le monde tremblera-t-il ? Car le continent sub-saharien serait en train de décoller, si l’on en croit les économistes conseillant les entrepreneurs toujours avides de marchés prospères et de bonnes affaires. Mais n’est pas Bolloré qui veut… Pour l’instant, l’imaginaire (et la réalité de l’Afrique), c’est encore beaucoup la guerre, la pauvreté de masse, les migrations… Comment démêler l’écheveau un peu compliqué des visions de l’Afrique ? S’il suffisait de « soulever sa charge pour recevoir de l’aide pour la mettre sur la tête », ce serait simple. Pour Georges Courade, auteur d’une excellente Afrique des idées reçues (2006), tout est à inventer : des « équilibres » entre sociétés civiles et Etats, la sécurité, la citadinité, la solidarité entre les générations. Admettons que « le chemin le plus court pour aller d’un point à un autre [ne soit] pas la ligne droite, mais le rêve », le chemin risque d’être long et… incertain : jeunesse des pays, démocratie, géographie des populations, etc., sont des sauts d’obstacle très haut à franchir. Courade se pose l’éternelle question de la géographie comme « atout ». Ce qui est vrai ici ne l’est pas là. Pas de réponse à l’échelle du continent. Prenons le cas de la RD du Congo, « scandale géologique », dirigée par des satrapes, vide et entouré par des pays surpeuplés qui tentent de le démembrer. Quelles solutions ?
2 L’équation africaine dans la mondialisation se résume à des territoires encore mal contrôlés, des zones frontalières belliqueuses, des ONG envahissantes, une Chine crainte, des Etats-Unis aux aguets… Sur la question démographique, Courade apporte des réponses sur les sociétés, leurs structurations mais ne tranche pas sur la « bombe à retardement » que constitue le milliard d’Africains supplémentaires qui vont naître d’ici une génération. Heureusement, notre auteur qui connaît bien le terrain africain sait voir les « matrices dynamiques », les « succès ignorés », l’économie manufacturière qui peut être, comme en Asie, « porteuse ». Un livre engagé et courageux, qui trace des pistes vers cette « deuxième indépendance », vers un panafricanisme possible. L’immense culture de l’auteur nous donne un état tout en finesse de ce que peut être l’Afrique aujourd’hui.
3 G. F.