Article de revue

Éditorial

Une finance très déstabilisante

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Citer cet article


  • Fumey, G.
(2013). Une finance très déstabilisante. La Géographie, 1548(1), 3-3. https://doi.org/10.3917/geo.1548.0003.

  • Fumey, Gilles.
« Une finance très déstabilisante ». La Géographie, 2013/1 N° 1548, 2013. p.3-3. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-la-geographie-2013-1-page-3?lang=fr.

  • FUMEY, Gilles,
2013. Une finance très déstabilisante. La Géographie, 2013/1 N° 1548, p.3-3. DOI : 10.3917/geo.1548.0003. URL : https://shs.cairn.info/revue-la-geographie-2013-1-page-3?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/geo.1548.0003


1 Mise au défi de lire un Monde profondément changé par la crise économique, notre revue plonge dans le grand bain de la finance pour comprendre cette tectonique des places qui affecte notre géographie. Des pays émergents regorgent d’épargne qui s’investit dans des pays riches dont les modèles sont attaqués par une crise, « la plus violente depuis la Seconde Guerre mondiale », selon Jean-Claude Trichet, ancien président de la Banque centrale européenne qui nous livre dans un entretien un lumineux diagnostic des enjeux actuels. Lorsqu’il a sermonné publiquement Angela Merkel et Nicolas Sarkozy « pour avoir très mal géré la crise », scène rapportée par Arnaud Leparmentier dans Ces Français fossoyeurs de l’euro (Plon, 2013), Jean-Claude Trichet a pu sauver l’Europe d’un séisme financier qu’il fut un des rares à analyser.

2 Le cyclone est passé mais tout reste à faire. Mais comment s’y prendre quand les analyses sont si divergentes ? D’un côté, les banques centrales – et Jean-Claude Trichet – prônent une intégration limitée par un impératif de stabilité avec une nouvelle zone monétaire en Asie, une gouvernance renforcée des institutions internationales détectant des risques endogènes. D’un autre côté, des économistes ou des géographes, tel Laurent Carroué dans cette revue, appellent de nouvelles régulations. Autant dire qu’il y a un fossé que certains ne sont pas près de franchir. Gérard-François Dumont sur la régulation et Maude Sainteville sur le rôle de la géographie dans la compréhension de la planète financière apportent des analyses qui sont autant de ponts rassurants dans ces écarts de points de vue.

3 Une gouvernance mondiale est-elle imaginable si l’on ne parvient pas à dessiner les contours d’une « société civile internationale », que le politiste Jean-François Bayart entrevoit dans l’imaginaire collectif des ONG investies dans la santé, les droits de l’homme ou l’environnement ? D’aucuns l’appellent de leurs vœux. Et dans l’entretien exclusif que nous accorde Jean-Claude Trichet, elle est bien là. En miroir de tout ce qui est tenté pour apaiser notre planète surchauffée par une finance très déstabilisante.


Date de mise en ligne : 15/03/2023

https://doi.org/10.3917/geo.1548.0003