Armand Frémont, Portrait de la France, 2 tomes, Flammarion, Champs, 2011, 1 060 p.
- Par Gilles Fumey
Pages 54c à 55c
Citer cet article
- FUMEY, Gilles,
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- Fumey, G.
https://doi.org/10.3917/geo.1545.0054c
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https://doi.org/10.3917/geo.1545.0054c
1 Avec son passage en format poche, ce livre, paru il y a dix ans, est toujours une référence pour qui veut connaître dans le détail la France des géographes. Cet inventaire présenté par régions en ordre alphabétique – jusqu’à la Polynésie et Clipperton – est bâti sur une certaine conception de la géographie et ses descriptions « paysagères », « culturelles » (parfois), démographiques et économiques (toujours). L’habileté de l’auteur, sa culture encyclopédique, ses goûts artistiques peignent un portrait qui est un régal à lire. Les « zooms » sur telles villes, tel carnaval, tel village – Saoû –, tel auteur – Gracq – offrent une brillante peinture impressionniste. Mais la multiplication des points de vue, les choix et les opinions construisent une petite musique chez le lecteur qui peut susciter de la rébellion. L’auteur prendrait-il pour un compliment qu’un fin connaisseur de tel lieu ou un autochtone de telle région ait envie, après lecture, de réécrire cette géographie ? On se demande, en refermant l’ouvrage si l’objet « France » peut toujours être confié aux géographes, tant les travaux de Todd et Le Bras pour ne citer qu’eux (qui ne sont pas mentionnés en bibliographie) ont renouvelé la perception de la France, ses divergences culturelles et son fonctionnement en tant que nation.
2 G. F.