Article de revue

Alexandra David-Néel, Journal d’une Parisienne à Lhassa, 1927

Pages 37 à 38

Citer cet article


(2012). Alexandra David-Néel, Journal d’une Parisienne à Lhassa, 1927. La Géographie, 1545(2), 37-38. https://doi.org/10.3917/geo.1545.0037.

« Alexandra David-Néel, Journal d’une Parisienne à Lhassa, 1927 ». La Géographie, 2012/2 N° 1545, 2012. p.37-38. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-la-geographie-2012-2-page-37?lang=fr.

2012. Alexandra David-Néel, Journal d’une Parisienne à Lhassa, 1927. La Géographie, 2012/2 N° 1545, p.37-38. DOI : 10.3917/geo.1545.0037. URL : https://shs.cairn.info/revue-la-geographie-2012-2-page-37?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/geo.1545.0037


1 Le lendemain matin, nous gagnions, à travers une brousse épaisse, le voisinage de Soung Dzong. Une lecture de tout le Khagyur avait eu lieu dans un village des environs et les cent et huit gros volumes dont se compose l’ouvrage étaient rapportés du monastère, chargés sur des yaks conduits par quelques paysans. Flânant à l’arrière du groupe, une vieille femme cheminait en compagnie de son gros bœuf poilu qui, lui aussi peu pressé que sa maîtresse, inspectait du regard les bords du sentier, s’arrêtant de temps en temps pour tondre une touffe d’herbe à son goût.

2 La bonne grand-mère se mit à bavarder avec nous et, voyant que tout en marchant je mangeais de la tsampa sèche, elle sortit un morceau de pain de son ambag (poche fermée sur la poitrine) et me l’offrit. Qui sait en quelle étrange et malpropre compagnie ce pain s’était trouvé dans la poche de la pauvre femme ! Néanmoins, il ne m’était pas possible de le refuser, je devais même en manger ostensiblement au moins quelques bouchées. Il me serait loisible, ensuite, de guetter le moment où, sans être aperçue de ma vieille bienfaitrice, je pourrais jeter le croûton dans les fourrés. Je n’eus, du reste pas à prendre cette peine. Ce pain brun, fraîchement cuit, était loin d’être mauvais et je le dévorais à belles dents jusqu’à la dernière miette.

3 J’arrivais à Soung Dzong comme je finissais cette friandise rustique. Des groupes de maisons s’apercevaient, disséminés de divers côtés, dans une vallée très ouverte, et la localité semblait être d’une certaine importance.

4 Quant au monastère, les nombreux bâtiments pressés dans son enceinte couvraient une butte, entourée par les rivières où l’on accédait par des ponts. Contrairement à la majorité des gompas dont les murs blanchis à la chaux se détachent en lumière sur le paysage environnant, les demeures monastiques de Soung Dzong, presque toutes construites en pisé, n’étaient couvertes d’aucun enduit. Jaune et terne, dominée de toutes parts par les routes qui y conduisent, la lamaserie, en dépit d’un arrière-plan imposant de montagnes escarpées de teinte sombre, présentait un aspect plutôt insignifiant. Quelques détails d’ordre géographique, concernant la région supérieure du bassin du Poloung Tsangpo que nul étranger n’a parcourue avant moi, pourraient offrir un certain intérêt, mais le cadre très restreint du présent livre m’oblige à les omettre.

La rivière Parlung Tsangpo

Description de l'image par IA : Vallée montagneuse avec rivière sinueuse, montagnes enneigées au loin.

La rivière Parlung Tsangpo

D.R.

Alexandra David-Néel et Aphur Yongden, son fils adoptif

Description de l'image par IA : Deux personnes, une femme et un jeune garçon, debout devant un mur. La femme porte un chapeau et un foulard, le garçon une écharpe blanche.

Alexandra David-Néel et Aphur Yongden, son fils adoptif

Indien & Inner-Asien, Nordliches Blatt. In Hand Atlas Über Alle Theile Der Erde Und Über Das Weltgebaude. Herausgegeben Von Adolf Stieler. Gotha, Justus Perthes. 1875
D.R.

Date de mise en ligne : 23/03/2023

https://doi.org/10.3917/geo.1545.0037