Article de revue

Éditorial

Comment les femmes font le monde ?

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Citer cet article


  • Fumey, G.
(2011). Comment les femmes font le monde ? La Géographie, 1543(4), 3-3. https://doi.org/10.3917/geo.1543.0003.

  • Fumey, Gilles.
« Comment les femmes font le monde ? ». La Géographie, 2011/4 N° 1543, 2011. p.3-3. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-la-geographie-2011-4-page-3?lang=fr.

  • FUMEY, Gilles,
2011. Comment les femmes font le monde ? La Géographie, 2011/4 N° 1543, p.3-3. DOI : 10.3917/geo.1543.0003. URL : https://shs.cairn.info/revue-la-geographie-2011-4-page-3?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/geo.1543.0003


Notes

  • [1]
    Respectivement Le Monde diplomatique (décembre 2011), La Croix (10 octobre 2011), Libération (25 octobre 2011), 6 mois (n°2, automne-hiver 2011), Hors-série Alternatives Économiques (n°51, septembre 2011), Libération (4 décembre 2011).
  • [2]
    « Le temps des femmes », p. 46.
  • [3]
    Idem, p. 137

1 Rien ne vaut les manchettes de la presse pour repérer les questions qui taraudent une société et sentir les révolutions silencieuses. Cet automne 2011, la moisson est abondante : « Ce qui change pour les femmes [en Amérique latine] », « Les femmes veulent toujours croire au printemps arabe », « Affaires politico-financières. Cherchez la femme ! », « Le siècle des femmes », « Le temps des femmes » et, chaque jour, de longues litanies de violences faites aux femmes telle « Gulnaz, Afghane violée et obligée d’épouser son agresseur [1] ». Pendant que partout dans le monde, les femmes sont de plus en plus nombreuses à la tête des États et des gouvernements : au Brésil, en Argentine, au Chili, dans le très machiste Costa Rica, en Allemagne et dans une vingtaine d’autres pays, y compris le Liberia où le prix Nobel de la paix, Ellen Johnson Sirleaf vient d’entamer un deuxième mandat.

2 Les géographes peuvent explorer la part montante des femmes dans la marche du monde : sur le marché du travail, dans l’exercice des droits civiques, matrimoniaux et conjugaux, dans les révolutions – lentes ou bruyantes – qui changent le monde arabe et bousculent les dictatures comme la Birmanie.

3 La place des femmes est une interminable lutte des places. Sur les cinq continents, la santé des femmes, l’éducation, l’autonomie économique est meilleure qu’avant mais partout persistent inégalités, injustices et violences. Rien n’est identique d’un pays à l’autre. Qui sait que le Portugal est un eldorado de l’égalité ? « Un taux d’activité élevé, un taux de femmes à temps partiel deux fois moindre que la moyenne européenne, un impact de la maternité sur l’emploi quasi-nul, une grande part d’enfants gardés en structure collective, des inégalités salariales et domestiques contenues et une forte participation des femmes à la vie parlementaire [2] ». En Inde, c’est un tiers des sièges qui sont réservés aux femmes dans les conseils de village. Pour l’anthropologue Maurice Godelier, « la place de la femme dans une société dépend de la nature du régime de pouvoir politique et religieux, voire du pouvoir économique qui font loi [3]. » En Corée, le nombre de femmes trentenaires célibataires a été multiplié par trois depuis l’an 2000. Un phénomène qui inquiète les autorités…

4 Les femmes peuvent donc « faire le monde » au pouvoir comme au berceau, les Chinois disent qu’« elles portent la moitié du ciel ». Les gender studies américaines et européennes montrent que les différences attribuées autrefois à la biologie le sont aujourd’hui au social. Il faut donc explorer les raisons du comité d’Oslo accordant en 2011 le prix Nobel de la Paix à trois femmes, deux Libériennes et une Yéménite.


Date de mise en ligne : 24/03/2023

https://doi.org/10.3917/geo.1543.0003