Article de revue

Territoire en vue

Lampedusa, porte de l’Europe

Pages 6 à 7

Citer cet article


  • Fumey, G.
(2011). Lampedusa, porte de l’Europe. La Géographie, 1542(3), 6-7. https://doi.org/10.3917/geo.1542.0006.

  • Fumey, Gilles.
« Lampedusa, porte de l’Europe ». La Géographie, 2011/3 N° 1542, 2011. p.6-7. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-la-geographie-2011-3-page-6?lang=fr.

  • FUMEY, Gilles,
2011. Lampedusa, porte de l’Europe. La Géographie, 2011/3 N° 1542, p.6-7. DOI : 10.3917/geo.1542.0006. URL : https://shs.cairn.info/revue-la-geographie-2011-3-page-6?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/geo.1542.0006


Arrivés de migrants à Lampedusa, 2011

Description de l'image par IA : Bateau surchargé de migrants arrivant à Lampedusa, 2011.

Arrivés de migrants à Lampedusa, 2011

© DR

1 Un confetti insulaire de 20 km2 que la géologie n’a pas ménagé : des côtes déchirées qui toisent la Tunisie à 120 km, des falaises qui ferment le nord. Une seule ville de 5000 habitants et son aéroport. Mais c’est surtout la géopolitique qui a bousculé l’île. En cinq mois (janvier-mai 2011), ce fut un tsunami humain : 30 000 migrants débarquant de Tunisie pour l’essentiel et de Libye, une majorité d’hommes, 700 femmes et 1000 mineurs. Il n’empêche. Plusieurs centaines de migrants ont payé de leur vie ce rêve d’un monde meilleur, notamment en avril 2011.

2 La ville s’est transformée en un gigantesque camp, quelques centres d’hébergement, comme celui d’Imbriacola. Beaucoup de Tunisiens croyant avoir atteint l’eldorado connurent l’épreuve de dormir à même le sol, vers le port, gelés par le froid et le vent. Les carabinieri ont interdit l’accès des journalistes à de nombreux camps. Mais en hurlant les questions, en brandissant le poing en signe de captivité, les matelas défoncés en mousse, ils parviennent à communiquer. L’un d’eux, Mohamed, ingénieux et loquace, âgé de 20 ans, raconte le racket dont ses 50 compagnons ont été les victimes : 1000 euros pour embarquer sur un bateau en panne qui mettra finalement 25 heures pour traverser. Ceux arrivés avant le 5 avril, dates des accords entre Rome et Tunis, entrent en Italie avec un permis de séjour de 6 mois, les autres sont renvoyés par avion.

3 Dans la longue histoire de Lampedusa, l’immigration est un phénomène assez récent. Ce sont les Libyens qui ont utilisé l’île comme un levier de pression politique sur l’Italie et l’Union européenne. Le tsunami migratoire du printemps 2011 n’est pas nouveau : l’île n’a cessé de voir ses effectifs migratoires s’accroître depuis 1992 pour dépasser les 30 000 migrants en 2007. Dans son roman Eldorado (Actes Sud, 2006), Laurent Gaudé démonte la vaste machinerie migratoire dont cette île – sicilienne depuis 1843 – est devenue le théâtre malgré elle.


Date de mise en ligne : 24/03/2023

https://doi.org/10.3917/geo.1542.0006