Éditorial
- Par Gilles Fumey
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Citer cet article
- FUMEY, Gilles,
- Fumey, Gilles.
https://doi.org/10.3917/geo.1541.0003
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Notes
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[1]
Lire son dernier livre : Une nouvelle conscience pour un monde en crise, éd. Les liens qui libèrent, 2011. Et d’André Lebeau, Les horizons terrestres. Réflexions sur la survie de l’humanité, Gallimard, 2011.
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[2]
Voir le blog d’un voyage étonnant d’un étudiant géographe en Asie : http://a-tour-de-roues.fr/blog/
1 Et si Jeremy Rifkin avait raison ? Car pour l’influent patron de la Fondation d’études des tendances économiques de Washington, âgé de 66 ans, il faut repenser le sens du parcours humain, rompre avec l’anthropologie empirique des historiens et des philosophes. Au diable Hobbes, Adam Smith, Jeremy Bentham décrivant les êtres humains mus par leur propre intérêt ! Regardons l’humanité et sa nature profondément sociale, l’élargissement de ses sentiments affectueux avec leurs multiples répercussions sur la culture et la société. Regardons à deux fois l’idée girardienne que la violence mène le monde : les neurosciences montrent des êtres humains qui ne sont pas tous cruels et atteignent un haut degré de civilisation par une conscience altruiste [1].
2 Avant l’histoire, l’homme n’a pas tracé de frontière entre lui et la nature. Puis, en Mésopotamie, les hommes bâtissent des canaux, se regroupent dans des cités-États, font du commerce, écrivent et fondent les religions. L’Empire romain devient le premier empire globalisé, vaste construction confrontée à une terrible crise agricole poussant l’humanité à changer de modèle. Depuis que les Anglais ont inventé le tourisme au XVIIIe siècle, l’être humain peut tendre le miroir à l’autre plutôt que les baïonnettes. Et il le fait ! Pas assez, dira-t-on et souvent mal. Le tourisme a un bilan qui n’est pas toujours reluisant : « A cause du tourisme, nous sortons brutalement d’un désert pour nous retrouver dans un cloaque frénétique de chaleur, de chairs et de bruits avant d’être renvoyés du jour au lendemain, au fin fond du désert » se plaint Jérôme Ferrari à propos de la Corse.
3 Pourtant, l’homme touriste qui s’étonne de l’autre, qui s’empresse de le posséder dans une boîte numérique, le touriste qui s’émerveille des plongeurs sous la banquise du Pôle nord, qui rêve de rejoindre le vaisseau spatial Spaceship Two de Richard Branson posté à cent kilomètres de la Terre, le touriste qui s’aventure dans les favelas de Rio, qui nargue la police chinoise au Tibet [2], c’est un peu le rêve de tout être humain. Une empathie de l’autre, par l’espace. Et qui, pour Jeremy Rifkin, est l’avenir de l’humanité. Puisse-t-il avoir raison !