Ces fictions qui parlent de nous
- Par Serge Tisseron
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Citer cet article
- TISSERON, Serge,
- Tisseron, Serge.
- Tisseron, S.
https://doi.org/10.3917/epar.hs10.0003
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- Tisseron, Serge.
- TISSERON, Serge,
https://doi.org/10.3917/epar.hs10.0003
Les œuvres de fiction mettent en scène les figures héroïques de notre culture, illustrent les rêves et les cauchemars de notre société, et montrent de quels excès et de quelles merveilles les humains sont capables. Et parmi toutes les sources d’inspiration possibles, la famille est incontestablement la plus riche. Nous avons tous eu des parents, des aventures de couple, et pour beaucoup des enfants. Ces situations sont un réservoir d’intrigues infini. En les mettant en scène, les artistes réveillent en chacun des sentiments profonds que la vie quotidienne laisse souvent enfouis. C’est pourquoi, même lorsqu’une œuvre semble nous entraîner dans les aventures les plus extravagantes, à mille lieues de notre quotidien, il arrive qu’elle parle de nos désirs, de nos blessures, des difficultés et des joies auxquelles la vie nous confronte, notamment dans la sphère familiale et dans nos relations avec nos enfants ou nos parents.
Beaucoup d’œuvres qui se veulent des témoignages ont aussi ce pouvoir. Raconter, c’est faire des choix. Regarder le monde, c’est déjà le reconstruire. Et puis les fictions sont aussi, d’une certaine façon, des documentaires, qui nous renseignent sur la façon dont elles ont été créées, et parfois sur les expériences intimes de leur auteur.
Mais pour ceux qui découvrent un roman, un film ou une série, tout se joue dans la rencontre. Il arrive que l’on reste en dehors. Parce qu’on ne se sent pas concerné, ou parce que son histoire rejoint trop brutalement notre propre réalité…
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