Halluciner, percevoir l’impensé Approche psychanalytique de l’hallucination psychotique. Guy Gimenez Préface de René Kaës. Bruxelles : De Boeck 2011
- Par François Giraud
Pages 370a à 375a
Citer cet article
- GIRAUD, François,
- Giraud, François.
- Giraud, F.
https://doi.org/10.3917/lautr.036.0370a
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- Giraud, F.
- Giraud, François.
- GIRAUD, François,
https://doi.org/10.3917/lautr.036.0370a
La question des hallucinations est un thème central de la psychopathologie depuis au moins deux siècles. Il n’a cessé d’interpeller d’Esquirol à Henry Ey ou Georges Lanteri-Laura. Les cliniciens sont parfois embarrassés par cette manifestation bruyante et spectaculaire du trouble mental, qui marque un négativisme social particulier. Par son discours, le patient paraît s’exclure du monde et d’un espace de référence commun ; isolé, il semble inaccessible à toute communication, et donc à tout traitement, sinon à des opérations chimiothérapiques qui soulagent le patient, mais ne le rendent guère au monde commun, car elles réduisent sa subjectivité, la voilent de manière rassurante pour les autres, mais l’éloignent encore plus parfois.
Dans cet ouvrage, opportune réédition augmentée d’un travail paru sous un autre titre chez un autre éditeur, Guy Gimenez, psychologue, apporte à la fois une synthèse et une méthode pour aborder cette question. Il se compose de deux parties, l’une où l’auteur récapitule l’histoire des théories des hallucinations dans la tradition psychiatrique, mais surtout chez Freud et ses continuateurs, par exemple Bion et Lacan, l’autre qui est la présentation systématique de cas cliniques où l’auteur montre sa méthode.
L’hallucination est vue par Gimenez comme un « travail », à la manière du rêve. Les étapes et le processus en sont minutieusement analysés : figuration, projection, suspension du jugement de réalité, démétaphorisation, déscénarisation. Loin d’être un état purement négatif, l’hallucination apparaît comme le lieu d’un dépôt d’affects fondé sur un mécanisme de liaison présymbolique…