Maîtriser les données pour maîtriser la mer : enjeux et échelles de la puissance maritime numérique
- Par Julia Tasse
Pages 41 à 49
Citer cet article
- TASSE, Julia,
- Tasse, Julia.
- Tasse, J.
https://doi.org/10.3917/ris.138.0041
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- Tasse, J.
- Tasse, Julia.
- TASSE, Julia,
https://doi.org/10.3917/ris.138.0041
Notes
-
[1]
Yan Giron, Précis de la puissance maritime (Paris : Bernard Giovanangeli Éditeur, 2019).
-
[2]
Ibid.
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[3]
Cité par Jérémy Bachelier et Philippe Boulanger, « La “fusion de l’information” : levier de la puissance maritime française ? », Briefings de l’IFRI, IFRI (décembre 2023) :1.
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[4]
Ibid. : 6.
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[5]
Common Information Sharing Environment : une initiative qui offre une solution technique sûre et structurée pour partager de l’information entre autorités des États membres de l’Union européenne, civiles comme militaires.
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[6]
Tancrède Wattelle, « Le renseignement au service de la sécurisation de l’économie maritime », Revue d’études françaises de renseignement et de cyber (2025, à paraître).
Pendant des siècles, la puissance maritime s’est exprimée par la capacité à projeter des forces navales, à protéger ou affecter les routes commerciales océaniques et à maintenir une présence stratégique en mer. Cette capacité à faire et à faire faire, selon Raymond Aron, reposait sur une puissance militaire conditionnant la puissance économique ou scientifique, et appuyée notamment par la capacité à cartographier. Cette notion de puissance maritime s’est complexifiée au cours du XXe siècle, à mesure que de nouveaux acteurs investissaient l’espace océanique. Elle englobe désormais des domaines plus divers et mobilise des investissements spécifiques à chaque sphère. Comme l’indique Yan Giron, chaque échiquier d’action maritime exige un capital propre, qu’il soit technique, humain ou financier. La puissance maritime se façonne ainsi par une combinaison de leviers : les investissements procurent une supériorité opérationnelle par arène, et chaque État dispose d’une palette de sphères de puissance différentes – tantôt plus économiques avec les flottes de commerce et les ports, tantôt navales avec les flottes de surface et sous-marines, tantôt scientifiques. Si la puissance maritime est protéiforme, elle garde toutefois un socle qui réside dans la capacité d’agir et de savoir qui agit.La territorialisation des mers et la multiplication des moyens de connaissance de l’océan, et de ce qui s’y passe, changent le paradigme de la puissance. Sur le premier point, l’évolution des normes internationales, notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) adoptée en 1982 à Montego Bay, a produit un changement radical…
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