Compte rendu

Bruxelles, Peter Lang, 2003, 490 p. Dieu.com Danielle Sallenave

Pages 116t à 138t

Citer cet article


  • Boniface, P.
(2004). Bruxelles, Peter Lang, 2003, 490 p. Dieu.com Danielle Sallenave. Revue internationale et stratégique, 55(3), 116t-138t. https://doi.org/10.3917/ris.055.0113t.

  • Boniface, Pascal.
« Bruxelles, Peter Lang, 2003, 490 p. Dieu.com Danielle Sallenave ». Revue internationale et stratégique, 2004/3 n° 55, 2004. p.116t-138t. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2004-3-page-116t?lang=fr.

  • BONIFACE, Pascal,
2004. Bruxelles, Peter Lang, 2003, 490 p. Dieu.com Danielle Sallenave. Revue internationale et stratégique, 2004/3 n° 55, p.116t-138t. DOI : 10.3917/ris.055.0113t. URL : https://shs.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2004-3-page-116t?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ris.055.0113t


1 Danielle Sallenave commence son essai en citant Quatre-vingt-treize, où Victor Hugo fait entendre un étrange dialogue entre la guillotine et la vieille tour féodale, dans lequel « la guillotine avait le droit de dire au donjon : Je suis ta fille ». Toutefois, la dialectique de la tour et de la guillotine ne doit pas être une machine à sécréter de la culpabilité et du ressentiment, car ni l’un ni l’autre ne sont bons conseillers en politique et en morale. Elle doit nous faire comprendre, au contraire, l’ébranlement que les humiliés répercutent sur ceux qui les ont asservi.

2 D. Sallenave reconnaît les mérites des libertés nouvelles, qui permettent d’affirmer des choix personnels autrefois interdits. Elle met cependant en lumière les dangers d’un communautarisme qui aboutit à inverser la philosophie de la liberté de Jean-Paul Sartre : désormais c’est l’essence qui précède l’existence. Elle craint que toute détermination identitaire, débouchant sur l’exacerbation de ce type de sentiment, ne soit la négation de la liberté individuelle. Faut-il vraiment faire appel à un imam lorsqu’un quartier s’échauffe ? Ainsi ajoute-t-elle avec humour : « Si je vole dans un Prisunic, comme je ne suis ni musulmane ni juive, appellera-t-on un curé ? » Elle craint qu’un front commun se constitue en France contre l’islam, où, sous couvert de défense de la laïcité, se réintroduirait subrepticement un racisme antiarabe déguisé.

3 D. Sallenave a effectué de nombreuses recherches sur Internet et a étudié les tendances lourdes d’un débat piégé. La lutte contre le fascisme vert, contre le terrorisme arabo-musulman et pour la République a fini, écrit-elle, par révéler son nom : il s’agit du masque du soutien inconditionnel à Israël. Il est paradoxal que ceux qui dénoncent, en France et ailleurs, le communautarisme arabe, ferment les yeux sur l’apartheid qui sévit tant en Israël que dans les Territoires militairement occupés. Le soutien à Israël se confond avec le rejet des Arabes. L’auteur conclut que la lutte antireligieuse est une nécessité politique, peut-être un devoir, qui n’a pas perdu toute légitimité parce que Staline l’aurait déshonorée. Les religions sont peut-être une illusion, mais elles ont un bel avenir. Un livre courageux, à contre-courant du discours éditorial dominant.

4 Pascal BONIFACE


Date de mise en ligne : 01/03/2008

https://doi.org/10.3917/ris.055.0113t