Contrepoint - Régimes politiques, régimes démographiques
- Par Caroline Helfter
Page 49
Citer cet article
- HELFTER, Caroline,
- Helfter, Caroline.
- Helfter, C.
https://doi.org/10.3917/inso.163.0049
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- HELFTER, Caroline,
https://doi.org/10.3917/inso.163.0049
Notes
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[*]
« L’Allemagne vingt ans après. Chute du mur et convergence démographique », Ined, Fiche d’actualité, n° 9, novembre 2009.
1Avec 2,5 enfants par femme en 1964, les indices de fécondité culminent en Allemagne de l’Est comme de l’Ouest. Ils baissent ensuite fortement, en parallèle, jusqu’au début des années 1970, font observer Jacques Véron et François Héran, chercheurs à l’Ined, qui analysent les grandes tendances de la démographie allemande avant et après la réunification [*]. À partir de 1975, la situation diverge de part et d’autre du mur de Berlin : les mesures natalistes prises dans l’ancienne RDA ont un effet sensible sur la fécondité cependant que l’Allemagne de l’Ouest se caractérise par des naissances plus tardives et un indice de fécondité qui passe sous le seuil de remplacement des générations. Dans les années qui précèdent la chute du Mur, les deux indices de fécondité se rapprochent autour de 1,5 enfant par femme. Après 1989, la natalité s’effondre en ex-Allemagne de l’Est pour atteindre, en 1994, le niveau historiquement bas de 0,8 enfant par femme. Outre les aléas politiques et économiques, l’explication de cette situation habituellement donnée par les chercheurs est « le démantèlement des systèmes de prestations familiales et d’accueil de la petite enfance ». Dès 1995, l’origine des Allemandes n’aura plus d’incidence sur leur taux de fécondité : il y a une totale convergence entre les anciens et les nouveaux Länder. Cela est notamment dû à l’alignement des calendriers de naissance des Allemandes de l’Est sur ceux des femmes de l’Ouest : alors que la fécondité était particulièrement précoce à l’Est avant la réunification, elle y est désormais aussi tardive qu’à l’Ouest.
2À l’échelle de l’Allemagne entière, le taux de natalité aura diminué de moitié en une cinquantaine d’années, passant de 16,3 pour 1 000 en 1950 à 8,2 en 2006, soulignent Jacques Véron et François Héran. Le taux de mortalité, en revanche, est sensiblement le même en 2006 (10 pour 1 000) qu’en 1950 (10,9). En conséquence de quoi, l’Allemagne est passée d’une légère croissance démographique à une décroissance dont le rythme est de l’ordre de 0,2 % par an. La population diminue partout, avec des variations entre Länder, mais sans que l’on puisse opposer ceux qui appartenaient, par le passé, à l’Est ou à l’Ouest du pays. Les perspectives démographiques à l’horizon 2050 ne distinguent pas plus les nouveaux Länder des anciens.
3Au vu des rapprochements enregistrés, l’Allemagne semble bien réunifiée, commentent les chercheurs : « Il n’y a plus de mur démographique entre les deux parties ». Ce qui signifie aussi que, avec un scénario moyen de fécondité (1,4 enfant par femme), l’effectif de la population allemande devrait être proche en 2050 de ce que représentait en 1950 le total des deux Allemagnes : 69 millions de personnes, contre 82 millions aujourd’hui.