... en contrepoint - Un si petit monde
- Par Caroline Helfter
Page 119
Citer cet article
- HELFTER, Caroline,
- Helfter, Caroline.
- Helfter, C.
https://doi.org/10.3917/inso.147.0119
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- HELFTER, Caroline,
https://doi.org/10.3917/inso.147.0119
Notes
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Paris, Le Seuil, 2007, 296 p., 19 euros.
1Lieux de résidence et de villégiature, rallyes, cercles, associations, comités, clubs, conseils d’administration... l’entre-soi de la grande bourgeoisie est une véritable toile d’araignée “organisée en réseaux qui, eux-mêmes, se structurent en réseaux de réseaux”, expliquent les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Décrivant avec brio cette trame complexe d’interrelations – latentes ou actives – entre les ressortissants d’une micro-société qui, au sommet de la société, cultive un “collectivisme pratique”, les auteurs analysent le système d’échanges de bons procédés qui irrigue Les ghettos du Gotha [1]. Le portefeuille de contacts réels et potentiels que possèdent les membres de cette tribu leur permet de trouver des pairs dans tous les domaines d’activité. Mais si le don et le contre-don constituent la règle d’or de leurs relations, ce n’est pas forcément dans une logique de stricte réciprocité. Les renvois d’ascenseur directs ne sont d’ailleurs pas forcément bienvenus, qui ruinent la légitimité de l’échange en en trahissant le caractère intéressé, expliquent les auteurs. L’important, soulignent-ils, est que chaque membre du réseau puisse compter sur la solidarité éventuelle de tous les autres. Ce qui permet aux interventions de paraître élégamment gratuites, “alors même que le bouillon de culture de la marmite grande-bourgeoise, en ne cessant d’agiter en tous sens les particules qui le composent, fait en sorte qu’aucun bienfait ne soit perdu et qu’il soit retourné, après un certain temps, en empruntant un circuit parfois tortueux”.