Laurette 1942
Une volontaire au camp de Récébédou
- Par Jean-Louis Coy
Pages 108 à 109
Citer cet article
- COY, Jean-Louis,
- Coy, Jean-Louis.
- Coy, J.-L.
https://doi.org/10.3917/huma.307.0108
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- Coy, J.-L.
- Coy, Jean-Louis.
- COY, Jean-Louis,
https://doi.org/10.3917/huma.307.0108
Notre frère Francis Fourcou cinéaste averti, auteur de nombreux documentaires, nous offre son dernier opus, un long métrage sous la forme d’une docu-fiction ayant trait à l’existence des camps français au Sud de la France et du rôle joué par les femmes, résistantes ou victimes, juives ou non, de 1940 à 1944. de 1940 à 1944.
1Peu de temps après l’armistice, le pays coupé en deux par la ligne de démarcation, le Reich décide de se débarrasser de ces propres citoyens jugés indésirables et « étrangers » (juifs, tziganes, communistes etc) en les envoyant dans le Sud de la France, loin de leurs frontières. Vichy émet des protestations (« La France n’est pas un déversoir ! » dit un préfet) mais très vite expédie ses indésirables personnels, juifs catalogués « étrangers » eux aussi.
2Ces camps « d’accueil » ne sont pas nouveaux. En 1939 on a entassé les réfugiés espagnols à Gurs, Saint-Cyprien, Le Vernet, le choix est simple : parquer ou refouler (joli « tempo » de la République).
3Par l’intermédiaire de la CIMADE1 la jeune protestante Laurette, humaniste avant la lettre, est jetée dans cette horreur encore peu définie en 1940, écrira le livre qui a servi de trame au film de F Fourcou, Les miradors de Vichy (Ed. de Paris).
4Avec deux camarades, Laurette entreprend son combat destiné à soulager, protéger, assister des êtres dans la souffrance physique et morale, bientôt dépersonnalisés par une organisation assassine qui se prépare à les supprimer.
5Le camp de Récébédou que le film nous fait découvrir à travers des archives, des séquences, des images d’actualités, se définit alors comme un camp hôpital gigantesque où s’entassent les estropiés, les infirmes, les tuberculeux que l’on soigne avec de l’eau sale et des soupes infectes, à un point tel que la population locale elle-même manifeste sa désapprobation. Des journalistes américains auront devant les yeux, lors d’une visite apprêtée, un autre spectacle (notons que la Cimade était liée avec des groupes de quakers américains).
6Avec à propos, le film met en parallèle la fiction et la réalité, d’un côté la jeunesse enthousiaste et généreuse de ces volontaires, de l’autre les témoignages d’héroïnes silencieuses, survivantes, implacables, qui décrivent l’été 1942 dont le début de la mise en place du pire correspondait à la rafle du « Vél d’hiv ».
7La mise en exergue du rôle capital joué par les femmes durant cette période s’avère à la fois une nécessité historique et nous rappelle combien elles ont œuvré à ce combat contre la barbarie.
8Ce film-mémoire met en valeur un « œcuménisme » adogmatique, partagé entre des êtres aussi différents que Laurette la jeune huguenote et le vieux Cardinal Saliège, pour ne citer qu’eux, des humains unis contre l’inhumain.
9Afin de ne pas oublier les manifestations du mal de jadis comme aujourd’hui celles que des idéologies perverses alimentent.
Laürette 1942
Scénario et adaptation : F. Fourcou - Marc Khanne
Musique : Denis Barbier
Avec : M. Sarrazin, A. Liabeuf, B. Tobola, F. Tepasso, C. Mariotto, F. Azema, D. Catala
Et les témoins : Edith Moscovic, Angèle Bettini, Sylva FREY, Marie Geneviève Dagain, Carmen Navarro
Narrateur : P. Caubère
Un projet Ecole/Collège/Lycée avec le soutien du CNC est prévu, auquel la Fondation GODF envisage de s’associer afin de diffuser le film de F. Fourcou.