S'abonner
Article de revue

Métaphore tyrannique et métaphore théâtrale

Dénoncer le mauvais pouvoir dans l’Antiquité grecque

Pages 389 à 409

Citer cet article


  • Bouyssou, G.-S.
(2024). Métaphore tyrannique et métaphore théâtrale Dénoncer le mauvais pouvoir dans l’Antiquité grecque. Revue historique, 711(3), 389-409. https://doi.org/10.3917/rhis.243.0389.

  • Bouyssou, Gerbert-Sylvestre.
« Métaphore tyrannique et métaphore théâtrale : Dénoncer le mauvais pouvoir dans l’Antiquité grecque ». Revue historique, 2024/3 n° 711, 2024. p.389-409. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-historique-2024-3-page-389?lang=fr.

  • BOUYSSOU, Gerbert-Sylvestre,
2024. Métaphore tyrannique et métaphore théâtrale Dénoncer le mauvais pouvoir dans l’Antiquité grecque. Revue historique, 2024/3 n° 711, p.389-409. DOI : 10.3917/rhis.243.0389. URL : https://shs.cairn.info/revue-historique-2024-3-page-389?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhis.243.0389


Notes

  • [1]
    Archiloque, fr. 15, FGH 6 F 6.
  • [2]
    Théognis de Mégare, 1181-1182.
  • [3]
    Diego Lanza, Le Tyran et son public, Paris, Belin, 1997 (1977), p. 107.
  • [4]
    Dominique Lenfant, « Rois et tyrans dans le théâtre d’Aristophane », Ktèma, no 22, 1997, p. 185-200 et Josiah Ober, Political Dissent in Democratic Athens; intellectual critics of Popular rule, Princeton, 1998, p. 122-127.
  • [5]
    Diego Lanza, Le Tyran et son public, op. cit. (n. 3), p. 14-15, 32 et 107. Voir James F. McGlew, Tyranny and Political Culture in Ancient Greece, Cornell University Press, 1993, p. 190-206 ; Richard Seaford, « Tragic Tyranny », in Kathryn A. Morgan (dir.), Popular Tyranny, Austin, University of Texas Press, 2003, p. 95-116 et Simon Goldhill, « Greek drama and political theory », in Christopher J. Rowe et Malcolm Schofield, The Cambridge History of Greek and Roman Political Thought, Cambridge, Cambridge University Press, 2005 [2000], p. 60-88. Sur Eschyle et Euripide, Giovanni Giorgini, La città e il tirano, il concetto di tirannide nella Grecia de vii-ivsecolo a. c., Milan, Giuffrè Editore, 1993, p. 149-167 puis p. 245-262. Sur Sophocle, Martin Treml, « Der Familienroman des Tyrannen. Sophokles Ödipus Tyrannos », in Wolfgang Pircher et Martin Treml (dir.), Tyrannis und Verführung, Vienne, Turia & Kant, 2000, p. 217-234.
  • [6]
    Helmut Berve, Die Tyrannis bei den Griechen, Münich, C. H. Beck, 1967 et Egon Flaig, Ödipus Tragischer Vatermord im Klassischen Athen, Münich, C. H. Beck, 1998, p. 49. Voir aussi Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet, Mythe et tragédie en Grèce ancienne, Paris, Maspero, « Textes à l’appui », 1972 et Jacqueline de Romilly, L’Élan démocratique dans l’Athènes ancienne, Paris, Fallois, 2005.
  • [7]
    Hérodote, V, 67, 5 et Pausanias, I, 2, 2. Sur Épicharme : Andreas Willi, « Challenging authority : Epicharmus, epic, rethoric », in Kathryn Bosher (dir.), Theater outside Athens. Drama in Greek Sicily and South Italy, Cambridge et New York, Cambridge University Press, 2012, p. 56-75 ; Guillén Lucίa Rodríguez-Noriega, « On Epicharmus’ literary and philosophical background », in Kathryn Bosher (dir.), Theater outside Athens, op. cit., p. 76-96. Une représentation des Perses fut donnée à la cour de Hiéron. Sur Eschyle en Sicile, Kathryn Bosher, « Hieron’s Aeschylus », in Kathryn Bosher (dir.), Theater outside Athens, op. cit., p. 97-111.
  • [8]
    Plutarque, Solon, 29-30, Plutarque, Vies Parallèles, traduction d’Anne-Marie Ozanam, édition publiée sous la direction de François Hartog, Paris, Quarto, Gallimard, 2001.
  • [9]
    Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet, Mythe et tragédie, op. cit. (n. 6), p. 17.
  • [10]
    Sur l’importance rhétorique et politique de l’hypokrisis, Noémie Villacèque, Spectateurs de paroles ! Délibération démocratique et théâtre à Athènes à l’époque classique, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013, p. 31-32, puis p. 352-357.
  • [11]
    Aristote, Politique V, 11, 1314-1315. L’hypokrisis renvoyait aux techniques que les acteurs enseignèrent aux hommes politiques, notamment dans l’Athènes démocratique. Aristote, Poétique, XXVI, 2 et Rhétorique, III, 1403-1404. Noémie Villacèque, Spectateurs de paroles, op. cit. (n. 10), p. 348-357. Manfred Lossau, « Μοχθηρία τῶν πολιτειῶν und ὑπόκρισις », RhM, no 114, 1971, p. 149. Voir Phocylide de Milet, 2 (vers 540 av. J.-C.), Polybe, Histoires XXXV, 2, 13 et Lucien, Amours 3.
  • [12]
    Élien, XIV, 40. Sur Démétrios de Phalère, Lara O’ Sullivan, The Regime of Demetrius of Phalerum in Athens, Leyde et Boston, Brill, 2009, p. 168-185. Démétrios de Phalère supprima toutefois le Théorique. Démétrios de Phalère n’avait rien de commun avec les tyrans archaïques ; mais comme il avait gouverné Athènes pour le compte du roi Cassandre, entre 317 et 307, il apparut tyrannique à ses détracteurs.
  • [13]
    Plutarque, Timoléon, 31. Robert Flacelière, La Vie quotidienne en Grèce au siècle de Périclès, Paris, Hachette, 1959, p. 294 et Helmut Berve, Die Tyrannis bei den Griechen, op. cit. (n. 6), vol. 1, p. 273.
  • [14]
    Élien, Histoire Variée, XIII, 18. Bruno Snell et Richard Kannicht, Tragicorum Graecorum Fragmenta. Vol. 1 : Didascaliae tragicae ; Catalogi Tragicorum et Tragoediarum ; Testimonia et Fragmenta Tragicorum minorum. Editio correctior et addendis aucta, Göttingen, Vandenhoek & Ruprecht, 1971. Critias, l’un des Trente tyrans d’Athènes composa également une tragédie intitulée Sisyphe, Critias 88 B25 DK, 1. 12-15 et l. 37-40. Dans l’un des fragments conservés, et « par l’intermédiaire de son acteur, Critias suggère qu’un chef intelligent ne doit pas hésiter à instrumentaliser la loi, la religion ou la rhétorique – des inventions humaines – pour gouverner de façon absolue », Vincent Azoulay et Paulin Ismard, Athènes 403, une histoire chorale, Paris, Flammarion, 2020, p. 59-63. Il serait toutefois délicat de se fonder sur ce seul fragment pour affirmer que la pièce aurait annoncé un programme tyrannique. Sur Critias, Jean Yvonneau (éd.), La Muse au long couteau. Critias, de la création littéraire au terrorisme d’État, Bordeaux, Ausonius, « Scripta Antiqua », 2018.
  • [15]
    Diodore, XIV, 109 et XV, 7.
  • [16]
    Diodore, XV, 6 ; voir la Souda, à l’expression « Aux Latomies ». Sur ces anecdotes persiflant les œuvres de Denys, Anne Duncan, « A Theseus outside Athens. Dionysius I of Syracuse and tragic self-representation », in Kathryn Bosher (dir.), Theater outside Athens, op. cit. (n. 7), p. 138-143.
  • [17]
    Diodore, XV, 74.
  • [18]
    Sur la distinction entre sujets mythiques et historiques, Plutarque, Moralia 615a. Anne Duncan, « A Theseus outside Athens », art. cit. (n. 16), p. 143 et 145-153.
  • [19]
    Denys l’Ancien aurait peut-être été le premier homme d’État à se comporter ainsi. Pour des périodes ultérieures, dans un contexte totalitaire très différent, le seul exemple connu est Staline, dont l’acteur Mikheil Gelovani fut le sosie dans des films tournés de 1946 à 1952. À l’époque moderne, Denys l’Ancien fut représenté au xvie siècle, dans une pièce de l’anglais Richard Edwards. Au xviiie siècle, l’académicien français J.-F. Marmontel écrivit un Denis l’Ancien, joué en 1748. Cette tragédie synthétisait les représentations anciennes du tyran – cruauté, peur et solitude – pour se terminer sur un tyrannicide. Mentionnons aussi un péplum de 1962, où Denys l’Ancien et Denys le Jeune étaient interprétés respectivement par Arnoldo Foà et Maurizio Baldoni : Damon and Pythias de Curtis Bernhardt, une variation sur l’histoire de Phintias et Damon – rapportée par Jamblique et Cicéron – qui avait déjà inspiré le cinéma muet. Hervé Dumont, L’Antiquité au cinéma, Paris et Lausanne, Nouveau Monde Éditions, 2009, p. 231-233.
  • [20]
    Pour une lecture nuancée des écrits de Denys, Susan Sara Monoson, « Dionysius I and Theatrical traditions in Plato’s Republic », in Kathryn Bosher (dir.), Theater outside Athens, op. cit. (n. 7), p. 161.
  • [21]
    « La tyrannie est mère de l’injustice ». Anne Duncan, « A Theseus outside Athens », art. cit. (n. 16), p. 147-149.
  • [22]
    Philip Harding, « Comedy and Rhetoric », in Ian Worthington (dir.), Persuasions: Greek Rhetoric in Action, Londres, Routledge, 1994, p. 196-221. Noémie Villacèque, Spectateurs de paroles, op. cit. (n. 10), p. 33-37.
  • [23]
    Ibidem, p. 174-175 et 268-275.
  • [24]
    Brigitte Le Guen et Silvia Milanezi (dir.), L’Appareil scénique dans les spectacles de l’Antiquité, Saint-Denis, Presses Universitaires de Vincennes, « Théâtres du monde », 2013.
  • [25]
    Plutarque, Démétrios, 41, 6-8 et Athénée, XII, 535f. La description du costume de Démétrios viendrait de Douris. Voir Peter Thonemann, « The tragic king : Demetrios Poliorketes and the city of Athens », in Olivier Hekster et Richard Fowler (dir.), Imaginary Kings, Royal Images in Ancient Near East, Greece and Rome, Stuttgart, Franz Steiner, 2005, p. 63-86 et Isabelle Pimouguet-Pédarros, La Cité à l’épreuve des rois : le siège de Rhodes par Démétrios Poliorcète, 305-304 av. J.-C., Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 314-316. Sur l’autoreprésentation tragique du roi, Lara O’ Sullivan, « Le Roi Soleil : Demetrius Poliorcetes and the Dawn of the Sun King », Antichthon, no 42, 2008, p. 78-99 et Peter Thonemann, art. cit., p. 63-86.
  • [26]
    Angelos Chaniotis, « Theatricality Beyond the Theater. Staging Public Life in the Hellenistic World », in Brigitte Le Guen (dir.), De la scène aux gradins. Théâtre et représentations dramatiques après Alexandre le Grand, Pallas, no 47, 1997, p. 219-259.
  • [27]
    Voir l’emploi de scaena chez Cicéron, De Oratore, III, 177 ; Pro. Cn. Plancio, 29 ; Brutus, 6 ; De Amicitia, 97 ; De Oratore, II, 338. Voir aussi Horace, Satires, 2, 171. Sur le spectaculaire à Rome, Florence Dupont, L’Acteur-roi ou le théâtre dans la Rome antique, Paris, Les Belles Lettres, 1985, p. 31-40.
  • [28]
    Athénée, XII, 535-536. Sur cette citation de Douris, Pascale Giovanelli-Jouanna, « Les fragments de Douris de Samos chez Athénée », in Dominique Lenfant (dir.), Athénée et les fragments d’historiens, Actes du colloque de Strasbourg (16-18 juin 2005), Paris, De Boccard, 2007, p. 223-224.
  • [29]
    Justin, XVI, 4-5.
  • [30]
    Xénophon, Helléniques, II, 3, 47. Noémie Villacèque, Spectateurs de paroles, op. cit. (n. 10), p. 208-216. Vincent Azoulay et Paulin Ismard, Athènes 403, op. cit. (n. 14), p. 132-134.
  • [31]
    Platon, République, VIII, 568 B-C.
  • [32]
    Dans le Hiéron de Xénophon, Simonide reprend la doxa du bonheur tyrannique.
  • [33]
    Sylvain Roux, « Entre mythe et tragédie : l’origine de la tyrannie selon Platon », Revue des Études Grecques, no 114, 2001-1, p. 140-159 (p. 146).
  • [34]
    Ibidem, p. 140-159.
  • [35]
    Plutarque, Dion, 5, 1.
  • [36]
    Plutarque, Démosthène, 22, 5 : « je considère comme la marque d’une âme pleine de sens politique et de courage de considérer toujours le bien public, et de faire passer les affaires et les passions privées après les intérêts du peuple […], de conserver sa dignité encore mieux que les acteurs qui tiennent les rôles de rois et de tyrans, eux que nous ne voyons pas, dans les théâtres, pleurer ou rire au gré de leurs désirs mais en fonction de ce qu’exige l’action de la pièce ». Plutarque, Vies, op. cit. (n. 8).
  • [37]
    Aurélie Damet, La Septième Porte. Les conflits familiaux dans l’Athènes Classique, Paris, Publications de la Sorbonne, 2012, p. 418-431.
  • [38]
    Plutarque, Sur les délais de la Justice divine, 554A ; sur ces exécutions, Ludwig Friedländer, Darstellung aus der Sittengeschichte Roms II, Leipzig, S. Hirzel, 1920, p. 91.
  • [39]
    Plutarque, Démétrios, 41, 4-5. Plutarque, Vies, op. cit. (n. 8). Pour une analyse de ce passage et de ce qu’il dit de l’évolution de la monarchie macédonienne vers la royauté hellénistique, Paul Courmarie, « L’autorité entre masque et signe. Le statut du corps royal dans la Grèce ancienne (ive-iie siècle av. J.-C.) », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2016/3 (71e année), p. 683-708.
  • [40]
    Eidôlon désigne l’ombre des morts dans l’Odyssée, XI, 476, ou encore, chez Euripide – inspiré par Stésichore – le double d’Hélène conçu par Héra, Hélène, 33.
  • [41]
    Voir aussi Félix Bourriot, « Kaloi Kagathoi, kalokagathia à Sparte », Historia, no 45, 1996, p. 129-140.
  • [42]
    Françoise Frontisi-Ducroux, Du masque au visage, aspects de l’identité en Grèce ancienne, Paris, Flammarion, 1995, p. 55. Vincent Azoulay, Xénophon et les grâces du pouvoir, de la charis au charisme, Paris, Publications de la Sorbonne, 2004, p. 401 : Socrate est « un chaste Silène ».
  • [43]
    Aristote, Poétique, V, 2, 4. Il n’existait pas de masques spécifiques aux tyrans ; Julius Pollux n’en fait aucune mention dans sa liste des masques. Pour une étude de l’Onomasticon, IV de Julius Pollux, Luigi Bernabò-Brea, Le Maschere Ellenistiche Della Tragedia Greca, Naples, Publications du Centre Jean Bérard, 1998. Sur les masques comiques à l’époque hellénistique, Marie-Françoise Boussac, « Masques et acteurs sur les sceaux de Délos », in Brigitte Le Guen (dir.), De la scène aux gradins, op. cit. (n. 26), p. 145-164.
  • [44]
    Hans A. Gärtner, Cicero und Panatios Beobachtungen zu Cicero « De Officiis », Heidelberg, C. Winter, 1974 et Modestus Van Straaten, « Notes on Panaetius’ theory of the constitution of man », Images of man in ancient and medieval thought. Studia Gerardo Verbeke ab amicis et collegis dicata, Louvain, Leuven University Press, 1976, p. 93-109. Sur Panétios dans le stoïcisme, Teun Tieleman, « Panaetius’ Place in the History of Stoicism, with Special Reference to His Moral Psychology, », in Anna-Maria Ioppolo et David N. Sedley (dir.), Patricians, Platonizers and Pyrrhonists. Hellenistic Philosophy in the Period 155-86 BC, Naples, Bibliopolis, 2007, p. 103-142.
  • [45]
    Christopher Gill, « Panaetius on the Virtue of Being Yourself », in Anthony Bulloch (dir.), Images and Ideologies. Self-definition in the Hellenistic World, Berkeley, University of California Press, 1993, p. 330-353.
  • [46]
    Cicéron, De Officiis I, 115, trad. M. Testard, CUF.
  • [47]
    Aristote, Politique V, 11, 1314-1315. Notons qu’à partir du ive siècle, la statuaire distingua l’orateur, le stratège, le philosophe ou le roi : des attributs permettaient leur identification immédiate, Roland R. R. Smith, Hellenistic Royal Portraits, Oxford, Clarendon Press, 1988, p. 204.
  • [48]
    Épictète est le stoïcien qui a le plus décrit le monde comme une scène : « souviens-toi que tu es l’acteur d’un drame que l’auteur veut tel : court, s’il le veut court, long, s’il le veut long. (…) Car ton rôle, c’est de jouer correctement le personnage qu’il t’a confié » (Manuel, XVII puis XXXVII ; voir aussi Stradon, Géographie I, 1, 16 et Marc-Aurèle, EPLM 9, 29). Sur le caractère trompeur des apparences, Entretiens, I, 28, 31-32. Épictète développe longuement sur la théâtralité du mauvais pouvoir à travers l’exemple de Néron (Entretiens, I, 2, 12-18). Peu après sa mort, ce mauvais empereur avait déjà été présenté comme un tyran dans une tragédie, l’Octavie, une pièce empreinte d’influences stoïciennes. Voir aussi Juvénal VIII, 215-230. C. Muckensturm-Poulle, « Les références au théâtre dans les Entretiens d’Épictète », in Sandrine Dubel, Sophie Gotteland et Estelle Oudot (dir.), Éclats de littérature grecque d’Homère à Pascal Quignard : Mélanges offerts à Suzanne Saïd, Paris, Presses universitaires de Paris-Nanterre, Nanterre, 2012, en ligne http://books.openedition.org/pupo/3226. Donatien Grau, Néron en Occident. Une figure de l’histoire, Paris, Gallimard, 2015, p. 101-126.
  • [49]
    Aulu-Gelle, V, 7, 1.
  • [50]
    Le dérivé prosôpeion désignant exclusivement le masque et l’acteur, Françoise Frontisi-Ducroux, Du masque au visage, op. cit. (n. 42), p. 14-17.
  • [51]
    Françoise Létoublon, « La personne et ses masques : remarques sur le développement de la notion de personne et sur son étymologie dans l’histoire de la langue grecque », Faits de langues, 3, 1994, p. 7-14. Anthony Arthur Long, « Hellenistic Ethics and Philosophical Power », in Peter Green (dir.), Hellenistic History and Culture, Berkeley, University of California Press, 1993, p. 152-153 et Anthony Arthur Long, Stoic Studies, Cambridge, Cambridge University Press, 1999 [1996]. Sur Panétios à Rome, François Prost, « La psychologie de Panétius : réflexions sur l’évolution du stoïcisme à Rome et la valeur du témoignage de Cicéron », Revue des Études Latines, no 79, 2001, p. 37-53.
  • [52]
    Josiah Ober et Barry Strauss, « Drama, Political Rhetoric and the discourse of Athenian Democracy », in John J. Winkler et Froma I. Zeitlin (dir.) Nothing to do with Dionysos? Athenian Drama in its social context, Princeton, Princeton University Press, 1990, p. 237-270. Sophie Gotteland, « De la scène à la tribune, les leçons de théâtre chez les orateurs », in Christine Mauduit et Pascale Paré-Rey (dir.), Les Maximes théâtrales en Grèce et à Rome : transferts, réécritures, remplois, Paris, De Boccard, 2011, p. 235-253.
  • [53]
    Diogène Laërce, Zénon, VII, 15. On pense bien sûr à la phrase que Néron aurait prononcée au moment de disparaître : « quel artiste meurt avec moi ! ». La citation renvoie à l’univers des acteurs et des musiciens. Suétone emploie en effet le latin artifex (Néron 49, 1) tandis que Dion Cassius use du grec technites (Histoire Romaine LXIII, 29, 2) ; les deux mots se rapportaient à des professionnels du spectacle.
  • [54]
    FGrH 87 F 36. Ludwig Edelstein et Ian G. Kidd (trads.), Posidonius. III, Volume 3, The Translation of the Fragments, Cambridge, Cambridge University Press, 1999, fr. 253, p. 323-329. Pour une traduction et un commentaire, Brigitte Le Guen, « L’accueil d’Athéniôn, messager de Mithridate VI, par les Technites d’Athènes en 88 av. J. C. », Studi Ellenistici, no 19, 2007, p. 327-383.
  • [55]
    Christian Habicht, Athen. Die Geschichte der Stadt in hellenistischer Zeit, Munich, Beck, 1995 ; trad. fr Martine et Denis Knoepfler, Athènes hellénistique. Histoire de la cité d’Alexandre le Grand à Marc Antoine, Paris, Les Belles Lettres, 2000 [1994], p. 330 et suivantes.
  • [56]
    Paul Oskar Kristeller, Greek Philosophers of the Hellenistic Age, New York, Columbia University Press, 1993, p. 135-139 et Jean Sirinelli, Les Enfants d’Alexandre, Paris, Arthème Fayard, 1993, p. 73-75.
  • [57]
    Athénée, V, 211e-212b.
  • [58]
    Sur les inscriptions chez Athénée, John Kenyon Davies, « Athenaeus’ Use of Public Documents », in David Braund et John Wilkins (dir.), Athenaus and his World, Exeter, University of Exeter Press, p. 203-217. Sur la confusion entre Athéniôn et Aristion, un autre proche de Mithridate, Brigitte Le Guen, « L’accueil d’Athéniôn », art. cit. (n. 54), p. 341-342.
  • [59]
    Sur Posidonios chez Athénée, Katherine Clarke, « Les fragments de Posidonios chez Athénée », in Dominique Lenfant (dir.), Athénée et les fragments d’historiens, op. cit. (n. 28), p. 300-301. Sur Posidonios, Ian G. Kidd, Posidonius, the commentary, Cambridge, Cambridge University Press, 1988.
  • [60]
    Brigitte Le Guen, « L’accueil d’Athéniôn », art. cit. (n. 54), p. 337.
  • [61]
    Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck, [1968] (2009), p. 426-427 ; Umberto Cozzoli, « La τρυφή nella interpretazione delle crisi politiche », in Tra Grecia e Roma : Temi antichi e metodologie moderne, Rome, Istit. dell’Enciclopedia Italiana, 1980, p. 133-146 ; Isabel Dejardin, Visages antiques de la Barbarie, Paris, Bouchène, 2010, p. 68-69. La tryphè n’avait pas toujours cette connotation négative, Jocelyne Peigney, « Un modèle “Homérique” du banquet royal ? », in Catherine Grandjean, Anna Heller, et Jocelyne Peigney (dir.), À la table des rois, luxe et pouvoir dans l’œuvre d’Athénée, Rennes-Tours, Presses Universitaires de Rennes, 2013, p. 52-53. Pour définir la tryphè, Yves Liébert, Regards sur la truphè étrusque, Limoges, PULIM, 2006, p. 22-27.
  • [62]
    Brigitte Le Guen, « L’accueil d’Athéniôn », art. cit. (n. 54), p. 338. Sur le thème du tyran et de la fortune, voir la tragédie de Moschiôn, Les Phéréens, citée par Stobée, 4, 41, 22. Ces allusions à la Tyché sont typiquement hellénistiques ; au ive siècle, Démétrios de Phalère lui consacra un traité, Polybe, XXIX, 21, 1-6.
  • [63]
    Louis Robert, Documents d’Asie Mineure, Athènes, École Française d’Athènes et Paris, De Boccard, 1987, p. 470-474 [= « Un décret de Pergame », BCH, no 108, 1984, p. 482-486], cité dans Brigitte Le Guen, « L’accueil d’Athéniôn », art. cit. (n. 54), p. 345.
  • [64]
    Plutarque, Démétrios, 8, 5-9 et Polyen, Stratagemata 4, 7, 6. Voir Isabelle Pimouguet-Pédarros, La Cité à l’épreuve des rois, op. cit. (n. 25), p. 311-325.
  • [65]
    Tite-Live, 31, 14, 11. Les habitants semblent avoir été prévenus de l’arrivée d’Athéniôn, pour préparer sa réception. Rudolf Haensch, « L’entrée par mer dans l’Antiquité », in Agnès Bérenger et Éric Perrin-Samidayar (dir.), Les Entrées royales et impériales, Paris, De Boccard, 2009, p. 94.
  • [66]
    Luis Ballesteros Pastor, « Mitrídates Eupátor, el último de los grandes monarcas hellenísticos », Dialogues d’Histoire Ancienne, no 20, 1994/2, p. 115-133.
  • [67]
    Éric Perrin-Saminadayar, « Remarques sur l’accueil officiel des souverains hellénistiques, Attale Ier à Athènes », Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, 2001, p. 238-246.
  • [68]
    Brigitte Le Guen, « L’accueil d’Athéniôn », art. cit. (n. 54), p. 345.
  • [69]
    Plutarque, Démétrios, 12, 2. Isabelle Pimouguet-Pédarros, La Cité à l’épreuve des rois, op. cit. (n. 25), p. 317-318.
  • [70]
    Françoise Dunand, « Les associations dionysiaques au service du pouvoir lagide (iiie siècle av. J.-C.) », in L’Association dionysiaque dans les sociétés anciennes. Actes de la table ronde organisée par l’École française de Rome (Rome, 24-25 mai 1984), Rome, École française de Rome, « Collection de l’École française de Rome no 89 », p. 85-104. Walter Burkert, « Bacchic Teletai in the Hellenistic Age », in Thomas H. Carpenter et Christopher A. Faraone (dir.), Mask of Dionysios, Ithaca et Londres, Cornell University Press, 1993, p. 262-264.
  • [71]
    Denis Knoepfler, cours au Collège de France du 17 mai 2013. Dmitrii B. Shelov., « Le royaume pontique de Mithridate Eupator », Le Journal des Savants, no 3-4, 1982, p. 243-266. Dion de Pruse (Discours Corinthien, XXXVII) rapporte que Denys se serait fait représenter en Dionysos préfigurant, là encore, les rois hellénistiques ; son identification à Dionysos s’expliquerait par un jeu de mots sur son nom. Un autre tyran amateur de théâtre, Démétrios de Phalère, participa à une procession dionysiaque en 308 (Athénée, 542, XII e-f). Marc-Antoine apparut ensuite en « Dionysos carnassier et sauvage » (Plutarque, Antoine, 24, 5) ; en 41 en Asie Mineure, puis en 31 à Samos, il fut accueilli par des technites de Dionysos.
  • [72]
    Athénée, V, 213c-d. Brigitte Le Guen, Les Associations de technites dionysiaques à l’époque hellénistique, Nancy/Paris, Association pour la Diffusion de la Recherche sur l’Antiquité, de Broccard, 2001. Sur les associations à Athènes, Paulin Ismard, La Cité des réseaux, Athènes et ses associations, Paris, Publications de la Sorbonne, 2010.
  • [73]
    Agnès Rouveret, « Skiagraphia/scaenographia : quelques remarques », Pallas, no 71, 2006, p. 71-80. Le terme eidôlon, employé par Plutarque dans sa comparaison entre Ixion et l’ambitieux, est lié à phantasia. Chez Épicure, en effet, le pluriel eidôla se rapporte aux émanations des objets : en pénétrant dans les yeux des hommes celles-ci leur font voir leur objet-source. Ces eidôla permettent la constitution de la phantasia, c’est-à-dire l’image mentale. Épicure À Hérodote, 46, 9 et 50, 2.
  • [74]
    Selon Athénée (V, 211d-214a), les persécutions des citoyens n’appartenant pas à l’école d’Athéniôn furent dictées par des motivations philosophiques, ce qui permettait à l’auteur de s’inscrire en faux par rapport à l’idéal platonicien du roi-philosophe. Mais ces persécutions tinrent plus vraisemblablement à des raisons politiques, visant d’abord les partisans d’une alliance avec Rome. Philon de Larisa, douzième scholarque de l’Académie, s’exila alors en Italie où il devint le maître de Cicéron. Non sans incohérence, Athénée affirme que la philosophie n’était, pour Athéniôn, qu’un moyen de faire fortune comme pour le sophiste parvenu que Platon compare à un « forgeron chauve et nain », République, VI, 495e. Athénée reprend des topoi sur les tyrans philosophes, comme Hermias d’Atarnée et Démétrios de Phalère. Sur Hermias et Aristote, Olivier Battistini, Alexandre le Grand, Paris, Ellipses, 2018, p. 18-26. Sur Démétrios de Phalère Vincent Azoulay, « La gloire et l’outrage, Heurs et malheurs des statues honorifiques de Démétrios de Phalère », Annales. Histoire Sciences Sociales, no 64, 2009/2, p. 303-340.
  • [75]
    Brigitte Le Guen, « L’accueil d’Athéniôn », art. cit. (n. 54), p. 341 et Christian Habicht, Athen, op. cit. (n. 55), p. 331.
  • [76]
    Platon, Le Sophiste, 235 d-e. Agnès Rouveret, « Skiagraphia/scaenographia », art. cit. (n. 73), p. 73. Sur l’illusion en peinture, voir la rivalité entre Zeuxis et Parrhasios, Pline, Histoire naturelle, XXXV, 65-66.
  • [77]
    Platon, République, VIII. Sylvain Roux, « Entre mythe et tragédie », art. cit. (n. 33).
  • [78]
    Polybe, Histoires, XV, 36, 7. Sur les relations entre tragédie, philosophie, rhétorique et histoire Adriana Zangara, Voir l’histoire. Théories anciennes du récit historique, Paris, Vrin, Éditions de l’EHESS, « Contextes », 2007, p. 163.
  • [79]
    Après 227, Polybe, Histoires II, 56 et 59. Kenneth Sacks, Polybius and the Writing of History, Berkley/Los Angeles, University of California Publications, Classical Studies, 24, 1981 ; sur Phylarque, Guido Schepens, « Les fragments de Phylarque chez Athénée », in Dominique Lenfant (dir.), Athénée et les fragments d’historiens, op. cit. (n. 28), p. 239-261. La condamnation de Polybe rappelle l’analyse du geste d’Harmodios et d’Aristogiton par Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, VI, 54-60.
  • [80]
    Lucien, Phalaris, II, 6, trad. E. Talbot modifiée. Lucien, Œuvres complètes de Lucien de Samosate, traduction d’Eugène Talbot, Paris, Hachette, 1912.
  • [81]
    Dans la Poétique XI, 1452 b, Aristote définit le pathos : « action qui fait périr ou souffrir, par exemple les agonies exposées sur la scène, les douleurs cuisantes et blessures, et tous les faits de ce genre ». Aristote, Poétique, texte établi et traduit par J. Hardy, Paris, Les Belles Lettres, 1932.
  • [82]
    Aristote, Poétique, IV, 1451b 5ss. Sur katholou, Polybe, Histoires, I, 4, 2 et III, 32, 8 : chez Polybe, le terme se rapporte à l’histoire universelle permise par l’unification romaine de la Méditerranée, Adriana Zangara, Voir l’histoire, op. cit. (n. 78), p. 40 et 208-209. Eduard Schwarz, « Die Berichte über die Catilinarische Verschwoerung », Hermes, no 32, 1897, p. 554-608 (p. 562).
  • [83]
    Norbert Zegers, Wesen und Ursprung der tragischen Geschichtsschreibung, Cologne, 1959. Des chercheurs de langue allemande ont considéré que Douris et Callisthène, comme Phylarque ou Posidonios, auraient repris la mimèsis aristotélicienne (Aristote, Poétique, IX, 1451b 30). Sur mimèsis et récit, Paul Ricœur, Temps et récit 1, Paris, Le Seuil, 1983.
  • [84]
    Plusieurs proches des péripatéticiens, comme Phanias d’Erèse, écrivirent sur la tyrannie, Douris rédigeant même une biographie d’Agathocle ; perdue, celle-ci inspira – tout comme l’œuvre de Timée – Diodore et Justin. Le récit que celui-ci livre de la mort d’Agathocle semble provenir de Douris : il souligne des détails pénibles pour émouvoir le lecteur. Justin, XXIII, 2 et Diodore, XXI, 16, 4-5. Diodore, plus sobre, se serait inspiré de Timée, Robert B. Kebric., « In the Shadow of Macedon : Duris of Samos », Historia Einzelschriften, no 29, 1977, p. 71-72.
  • [85]
    Michael A. Flower Theopompus of Chios. History and Rhetoric in the Fourth Century B. C., Oxford, Clarendon Press, 1994, p. 42-43, 51.
  • [86]
    Idem, p. 165-166.
  • [87]
    Frank William Wallbank, A Historical Commentary on Polybius, Oxford, Clarendon Press, 1955, p. 4-14. Voir Louis Ullman Berthold, « History and Tragedy », Transactions and Proceedings of the American Philological Association, no 73, 1942, p. 25-52 et, sur les Évangiles, Clare K. Rothschild, Luke Acts and the Rhetoric of History, Tübingen, Mohr Siebeck, 2004.
  • [88]
    Robert B. Kebric, « In the Shadow of Macedon », art. cit. (n. 84), p. 81-82.
  • [89]
    Sur l’écriture de l’histoire dans l’Antiquité, François Hartog, « Comment on a écrit l’histoire en Grèce et à Rome », in François Hartog et Michel Casevitz (dir.), L’Histoire d’Homère à Augustin, Paris, Seuil, « Point essais », 1999, p. 9-21 et Antonio Gonzales, « Quelques réflexions sur l’archéologie de l’écriture historique », Dialogues d’Histoire Ancienne, Suppl. 4-1., 2010, p. 227-237.
  • [90]
    Voir par exemple Plutarque, Démétrios, 28, 1. Il faut distinguer le tragique des historiens grecs, simple expression du pathos, de celui des sources latines, en particulier le Pro Sestio, où la tragédie mythologique fait écho aux événements du temps de Cicéron. Thomas Späth, « Salluste Bellum Catilinae », in Marie-Hélène Garelli-François (dir.), Rome et le tragique, Pallas, no 49, 1998, p. 18 et 191.
  • [91]
    Aristote, Poétique, VI, 1449b, 24-28. Pour les Anciens, le tragique relevait d’une émotion douloureuse. Il pouvait aussi se rapporter à des attitudes théâtrales, en témoigne l’emploi de tragôdia au sujet des orateurs et de leur posture. Albin Lesky, Die griechische Tragödie, Stuttgart, A. Kröner, 1958 et Albin Lesky, Die tragische Dichtung der Hellenen 3, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprech, 1972. Jacques Carrière, « Sur l’essence et l’évolution du tragique chez les Grecs », Revue des Études Grecques, no 79, 1966, p. 6-37. Sur les reprises de tragédies anciennes, Patricia Vasseur-Legangneux, Les Tragédies grecques sur la scène moderne, une utopie théâtrale, Villeneuve d’Asq, Presses Universitaires du Septentrion, 2004, en particulier p. 20-33. Pour une approche comparée des tragédies antiques et modernes, Isabel Dejardin, Captives en Tragédie, la captivité féminine sur les scènes antiques et modernes, Paris, Nizet, 2008, notamment p. 11-13 sur les réécritures tragiques. Dans les sources anciennes, les termes apparentés au tragique n’ont pas d’implication philosophique. De Goethe à Kierkegaard, de Schopenhauer à Sartre, les Modernes ont en revanche appréhendé le tragique comme une situation inextricable ; cela les a conduits à questionner la liberté humaine et la fatalité. Voir surtout Friedrich Nietzsche, Die Geburt der Tragödie aus dem Geiste der Musik, Fritzsch, Leipzig 1872 et Miguel de Unamuno, Del sentimiento trágico de la vida, Madrid, Renacimiento, 1912. Friedrich von Müller, Unterhaltungen mit Goethe, Weimar, Hermann Böhlaus Nachf, 1959 ; Alexis Philonenko, Schopenhauer, une philosophie de la tragédie, Paris, Vrin, 1980. Umberto Curi, Metamorfosi del tragico fra classico e moderno, Rome-Bari, Laterza, 1991 ; Christophe Corbier, « Nietzsche, Brecht, Claudel : Roland Barthes face à la tragédie musicale grecque », Revue de littérature comparée, no 353, 2015/1, p. 5-28.
  • [92]
    Plutarque, Timoléon, 34. Helmut Berve, Die Tyrannis bei den Griechen, op. cit. (n. 6), vol. 1., p. 273.
  • [93]
    Plutarque, Pélopidas, 34, 1.
  • [94]
    Robert B. Kebric, « In the Shadow of Macedon », art. cit. (n. 84), p. 56-59 et Isabelle Pimouguet-Pédarros, La Cité à l’épreuve des rois, op. cit. (n. 25), p. 315-316.
Français

Après le tyrannicide de 514 et les réformes de Clisthène, le théâtre attique contribua à définir la démocratie athénienne : le tyran devint dès lors antithétique à la cité. À la condamnation des tyrans historiques, déjà à l’œuvre dans certains passages d’Hérodote, Platon et Xénophon surimposèrent ensuite des topoi anti-tyranniques hérités des tragiques, qu’ils relurent au prisme de l’éthique socratique. Aux époques hellénistique et impériale, les auteurs continuèrent de filer la métaphore tyrannique et théâtrale, pour dénoncer le mauvais pouvoir, notamment monarchique, marqué par les abus et le mensonge. Dans le même temps un nouveau rapport au monde s’affirmait : la théâtralité, soit l’application d’un individu à façonner une image trompeuse de soi-même pour exercer son emprise sur autrui (Angelos Chaniotis). Historiens et philosophes prêtèrent alors aux tyrans un vif intérêt pour les tragédies, tandis que le costume tyrannique était rapproché de celui des acteurs tragiques. Associer les tyrans au théâtre revenait à présenter leurs règnes comme des simulacres royaux.

  • tyrannie grecque
  • tragédie grecque
  • théâtralité
  • costume de scène
  • masque de théâtre
  • phantasia.

Mots-clés éditeurs : costume de scène, masque de théâtre, phantasia., théâtralité, tragédie grecque, tyrannie grecque


English

Tyrannic Metaphor and Theatrical Metaphor, Condemning Evil Power in GreekAantiquity

After the tyrannicide of 514 B. C. and the reforms of Cleisthenes, Attic theater contributed to the definition of the Athenian democracy. The tyrant therefore became the antithesis of the polis. To the moral condemnation of historical tyrants, which could already be found in passages of Herodotus’ writings, Plato and Xenophon then superimposed anti-tyrannical topoi; those were inspired from the Tragic Poets, whose works were reinterpreted through the prism of Socratic ethics. In Hellenistic and Imperial times, writers stayed with the tyrannical and theatrical metaphor, condemning an evil power, especially the monarchy’s power, characterized by abuses and deception. At the same time, a new relationship to the world emerged: theatricality, namely the ability to create a deceiving image of oneself in order to exert influence on others (Angelos Chaniotis). Thus, historians and philosophers claimed the Greek tyrants to be particularly fond of tragedies while the tyrant’s costume was likened to a tragic actor’s stage clothes. Associating tyrants with theater amounted to depicting their reigns as royal simulacrum.

  • Greek tyranny
  • Greek tragedy
  • theatricality
  • stage clothes
  • theatrical masks
  • phantasia.

Mots-clés éditeurs : Greek tragedy, Greek tyranny, phantasia., stage clothes, theatrical masks, theatricality


Date de mise en ligne : 18/11/2024

https://doi.org/10.3917/rhis.243.0389

Cet article est en accès conditionnel