Vincent Genin, L’Éthique protestante de Max Weber et les historiens français (1905-1979), Turnhout, Brepols, coll. « Bibliothèque de l’École des Hautes Études Sciences Religieuses » 191, 2022, 283 p.
Pages 569 à 571
Citer cet article
- VAUGHAN, Géraldine,
- Vaughan, Géraldine.
- Vaughan, G.
https://doi.org/10.3917/rhis.233.0569
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- Vaughan, G.
- Vaughan, Géraldine.
- VAUGHAN, Géraldine,
https://doi.org/10.3917/rhis.233.0569
Avec cet ouvrage, Vincent Genin entreprend de narrer un rendez-vous manqué, celui de l’ouvrage de Max Weber l’Éthique protestante et l’« esprit » du capitalisme – dont la première version date de 1905, avant l’édition remaniée de 1920 – avec le milieu des historiens français. À la manière d’une histoire contrefactuelle, il propose de passer en revue les obstacles qui ont empêché une réception ajustée de l’œuvre dans l’historiographie française, plus particulièrement durant la période de l’entre-deux-guerres. En effet, l’Éthique protestante est traduite en français chez Plon par un germaniste en 1964 seulement. Avant cette date, seuls les lecteurs germanophones ou anglophones – grâce à la traduction en 1930 de Talcott Parsons sous le titre de The Protestant Ethic and the Spirit of Capitalism – y ont accès. Dans un style clair et personnel, où transparaît l’ampleur du travail archivistique, l’auteur écrit à la fois une histoire des transferts culturels ainsi que celle des cercles universitaires français de la première moitié du xxe siècle. L’A. procède de manière chronologique, en explorant d’abord les « réticences d’une communauté » entre 1905 et 1925, avant de s’attarder sur les freins qui retardent la réception entre 1925 et 1936, puis de terminer par l’après-guerre, période de l’influence culminante de figures clefs comme celles de Fernand Braudel.
Cet ouvrage offre une double lecture de cette réception « manquée ». Tout d’abord, l’A. écrit une histoire de la circulation des idées, à commencer par celles des penseurs francophones qui influencent les historiens français…