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Compte rendu

Freedom of Movement in the Middle Ages. Proceedings of the 2003 Harlaxton Symposium, Harlaxton Medieval Studies XV, Peregrine Horden (éd.), Donington, Shaun Tyas, 2007, XXXIV + 366 p., 45 planches en noir et blanc

Pages 679h à 696h

Citer cet article


  • Lachaud, F.
(2010). Freedom of Movement in the Middle Ages. Proceedings of the 2003 Harlaxton Symposium, Harlaxton Medieval Studies XV, Peregrine Horden (éd.), Donington, Shaun Tyas, 2007, XXXIV + 366 p., 45 planches en noir et blanc. Revue historique, 655(3), 679h-696h. https://doi.org/10.3917/rhis.103.0679h.

  • Lachaud, Frédérique.
« Freedom of Movement in the Middle Ages. Proceedings of the 2003 Harlaxton Symposium, Harlaxton Medieval Studies XV, Peregrine Horden (éd.), Donington, Shaun Tyas, 2007, XXXIV + 366 p., 45 planches en noir et blanc ». Revue historique, 2010/3 n° 655, 2010. p.679h-696h. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-historique-2010-3-page-679h?lang=fr.

  • LACHAUD, Frédérique,
2010. Freedom of Movement in the Middle Ages. Proceedings of the 2003 Harlaxton Symposium, Harlaxton Medieval Studies XV, Peregrine Horden (éd.), Donington, Shaun Tyas, 2007, XXXIV + 366 p., 45 planches en noir et blanc. Revue historique, 2010/3 n° 655, p.679h-696h. DOI : 10.3917/rhis.103.0679h. URL : https://shs.cairn.info/revue-historique-2010-3-page-679h?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhis.103.0679h


1 Dans l’introduction aux actes du colloque de Harlaxton de 2003, Peregrine Horden invite le lecteur à écarter définitivement la vision préconçue d’un Moyen Âge immobile ; bien plus, l’étude de la mobilité peut, d’après lui, permettre de penser de manière nouvelle, en termes d’espace, une bonne partie de l’histoire de cette période. La vingtaine de contributions qui suivent envisage, en effet, la notion de déplacement sous les angles les plus variés, du partage de l’espace religieux à la représentation de l’espace dans la poésie, en passant par toutes les formes possibles de transfert et de déplacement. La question du transfert culturel, par exemple, fait l’objet d’une contribution par Christopher Page, qui étudie les circonstances de la naissance du chant dit « grégorien », ou romano‑franc, et qui démontre qu’elle fut le fruit de contacts entre les élites du nord de l’Europe et le monde méditerranéen, et qu’elle eut pour contexte une forte demande aristocratique pour les biens de consommation méditerranéens. Cette assimilation culturelle est également mise en exergue par Jane Hawkes dans son étude de la romanitas anglo‑saxonne. Le cas de sainte Zita, dont le culte se développa avant tout à Lucques et en Angleterre, fait l’objet d’une étude par Caroline Barron : il est curieux de constater que c’est au cours du transfert de son culte vers l’Europe du Nord‑Ouest que cette sainte acquit des vertus nouvelles, dont celle de faire retrouver les objets égarés.

2 La mobilité de quelques groupes spécifiques fait l’objet d’études particulières. Richard Smith suit les destinées des femmes qui quittaient leur localité d’origine pour travailler et se marier à l’extérieur. Ian Wei rappelle que l’errance scolaire fut facilitée par une législation qui eut parfois à cœur, à l’inverse, de contrôler les déplacements des maîtres et des écoliers. La mobilité du haut clergé également peut être retracée, au moins pour la fin du Moyen Âge (David Lepine) ou pour des catégories comme les clercs royaux (J.‑L. Grassi). Les voyages entrepris par les condamnés qui choisissaient de renoncer au royaume d’Angleterre constituent un cas très particulier : cette pratique, inconnue ailleurs en Europe, concernait environ trois cents individus par an (Jessica Freeman). L’hérésie semble un domaine privilégié pour l’étude de la circulation et de la mobilité. La circulation des pamphlets hérétiques fut essentielle dans la diffusion des thèses lollardes (Wendy Case). Les dépositions des témoins lors des procès de Cathares réhabilitent également l’idée de la diffusion de l’hérésie non seulement au sein de localités restreintes, mais aussi entre des régions relativement éloignées (Peter Biller). À l’opposé, la vente d’indulgences permettait à l’Église de disséminer l’information, de diffuser les nouvelles, au point que la disparition de cette pratique avec la Réformation introduisit certainement une rupture dans la diffusion des nouvelles, et aggrava la césure avec le continent (R.‑N. Swanson).

3 Deux contributions surtout méritent qu’on attire l’attention sur leurs conclusions, tout à fait novatrices. James Davis reconstitue avec brio, dans le cadre insulaire, le groupe et les déplacements des marchands itinérants, des marchands aisés aux humbles colporteurs. Le contrôle social exercé sur cette catégorie crût à la fin du Moyen Âge – alors même que la diffusion des biens de luxe touchait des catégories de plus en plus larges de la population –, mais ces marchands itinérants constituaient un élément indispensable des structures commerciales, complétant l’activité des marchés urbains par des circuits en général bien déterminés dans les banlieues, les petites villes et les villages. Quant à la fascinante étude de Carole Rawcliffe sur les lépreux et les léproseries, elle invite à reconsidérer complètement le sujet. On découvre que les lépreux étaient bien insérés dans le tissu social, et qu’ils avaient aussi la possibilité de se déplacer sans encombre : loin de faire fuir les populations, la fameuse crécelle du lépreux était destinée à attirer les aumônes.

4 C’est une notion assez différente de l’espace et de la mobilité qui domine plusieurs contributions : Sophie Oosterwijk suit par exemple la migration du thème de la Danse macabre des peintures murales au décor des stalles. L’accès aux différentes parties de la cathédrale d’Exeter fait aussi l’objet d’une étude spécifique (Nicholas Orme). Le voyage imaginaire est au cœur de plusieurs études, qu’il s’agisse du voyage de la mythique Albina, qui aurait donné son nom à Albion (Christopher Baswell), du chemin vers l’Enfer, un thème important de la culture religieuse populaire à la fin du Moyen Âge (Christa Grössinger), ou encore de l’Échelle de perfection (Ad Putter). Jennifer Neville, enfin, analyse l’hostilité au voyage dans la poésie anglo‑saxonne.

5 Il semblerait que le thème de la mobilité ait été interprété de manière assez lâche par les différents participants au colloque de Harlaxton : on peut estimer que c’est là l’avantage, en même temps que l’inconvénient, des thèmes liés à l’espace. Toutefois, il a certainement donné lieu à plusieurs contributions qui, dans leurs domaines respectifs, feront date.

6 Frédérique Lachaud


Date de mise en ligne : 01/03/2011

https://doi.org/10.3917/rhis.103.0679h