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Compte rendu

Frédéric Épaud, De la charpente romane à la charpente gothique en Normandie. Évolution des techniques et des structures de charpenterie aux XIIe-XIIIe siècles, Caen, Publications du CRAHM, 2007, 613 p., ill., cartes et graphiques.

Pages 383i à 486i

Citer cet article


  • Phalip, B.
(2008). Frédéric Épaud, De la charpente romane à la charpente gothique en Normandie. Évolution des techniques et des structures de charpenterie aux XIIe-XIIIe siècles, Caen, Publications du CRAHM, 2007, 613 p., ill., cartes et graphiques. Revue historique, 646(2), 383i-486i. https://doi.org/10.3917/rhis.082.0383i.

  • Phalip, Bruno.
« Frédéric Épaud, De la charpente romane à la charpente gothique en Normandie. Évolution des techniques et des structures de charpenterie aux XIIe-XIIIe siècles, Caen, Publications du CRAHM, 2007, 613 p., ill., cartes et graphiques. ». Revue historique, 2008/2 n° 646, 2008. p.383i-486i. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-historique-2008-2-page-383i?lang=fr.

  • PHALIP, Bruno,
2008. Frédéric Épaud, De la charpente romane à la charpente gothique en Normandie. Évolution des techniques et des structures de charpenterie aux XIIe-XIIIe siècles, Caen, Publications du CRAHM, 2007, 613 p., ill., cartes et graphiques. Revue historique, 2008/2 n° 646, p.383i-486i. DOI : 10.3917/rhis.082.0383i. URL : https://shs.cairn.info/revue-historique-2008-2-page-383i?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhis.082.0383i


1 Voici un ouvrage qui complète heureusement la série encore balbutiante des thèses publiées dans le domaine de l’archéologie médiévale. De fait, si l’on considère les collections et publications du CNRS, des DAF (Documents d’archéologie française), DARA (Documents d’archéologie en Rhône-Alpes et Auvergne), ou encore celles des Éditions Errance, du CTHS et principales presses universitaires françaises, la part tenue par l’archéologie du bâti et celle des analyses architecturales exigeantes est encore modeste. Cette publication contribue donc à rattraper cette faiblesse et devrait donner des pistes aux différents acteurs, en complément de celles explorées par les Éditions des Monuments historiques (MONUM). Ce livre, écrit en collaboration pour un chapitre (V. Bernard et Y. Le Digol), est effectivement exemplaire en bien des points. On peut regretter une partie historiographique s’arrêtant principalement aux années 2002 sans véritablement intégrer – ne serait-ce que moins rapidement – les études postérieures (hors articles et rapports dendrochronologiques) et surtout des zones plus méridionales qui seraient venues en contrepoint. Néanmoins, il faut souligner très volontiers ici les points forts d’une entreprise ne négligeant aucun aspect. Le bois et ses différentes morphologies permettent de travailler concrètement au couvert forestier médiéval en se dégageant d’études désormais plus conventionnelles des périodes moderne (les encyclopédistes) et contemporaine (les restaurateurs). Autre aspect montrant l’investissement pointilleux des différents intervenants (auteurs, CRAHM, imprimeur), les documents graphiques et photographiques sont tous d’excellente qualité, clairs, bien reproduits et adaptés au texte. À la suite, la partie « travail du bois » (technologies, outils, mise en œuvre) rend un hommage appuyé à l’art du trait et aux tracés régulateurs, sans oublier d’asseoir la réflexion sur une documentation enluminée exceptionnelle. Une nouvelle fois, le concret des documents renforce donc le discours démonstratif, sans omettre les matériaux de couverture encore trop rarement évoqués (CEM Auxerre et Universités de Dijon et Clermont-Ferrand II). Vient immédiatement après une partie plus analytique et typologique (XIe-XIIe s. ; fin XIIe - XIIIe s.) qui – au regard de la qualité du propos – s’arrête malheureusement aux années 1300. Ce regret tient aussi à la publication d’un graphique d’évolution des pentes de toitures qu’il aurait été profitable de comparer plus longuement à ceux publiés (DARA 26-2004 ; MONUM 62-2002) pour des zones à la fois plus septentrionales et méridionales. De ce point de vue, sans doute faut-il considérer autrement l’explication très « rationaliste » (Viollet-le-Duc, Hoffsummer...) de la présence de faibles pentes dans la « charpente romane » issues du seul emploi d’un système compressif. Le raisonnement est juste, tout en devant faire intervenir plus largement d’autres facteurs, tels que la péjoration climatique (petit âge glaciaire) et les effets non négligeables des mesures de protection (mise en deffens et règlements de coupe des massifs forestiers). En dépit de cela, les choix de l’A. sont parfaitement justifiés et solides, sans que soient oubliées les épineuses questions des croupes de sanctuaires ou des arêtiers. Une courte comparaison avec le cadre anglais se révèle également utile tout en étant complétée d’un volet « architecture civile » traité par ailleurs : halles, granges et logis. Les études monographiques (une cinquantaine) présentées dans le corpus de la dernière partie renforcent alors encore l’autorité scientifique de l’A. qui ne se contente pas d’élaborer son analyse à partir des seuls grands édifices religieux (Bayeux ou Rouen). Exhaustives, les monographies de sanctuaires ou constructions parfois très modestes sont alors presque toujours très convaincantes, tout en évitant la sécheresse du commentaire de relevés extirpés de leurs contextes architecturaux précis. Efficaces, les textes sont, au contraire, doublés de documents couleur (relevés et photographies) rendant très attrayantes et joyeuses des charpentes peu visibles ou injustement considérées. En conclusion, nous ne pouvons qu’inviter à l’achat et à la lecture de ce bel ouvrage, tout en encourageant l’A. à travailler à des espaces plus vastes et à approfondir des questionnements ou hypothèses encore trop embryonnaires. Un glossaire et une bibliographie complètent l’ensemble.

2 Bruno PHALIP.


Date de mise en ligne : 12/09/2008

https://doi.org/10.3917/rhis.082.0383i