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Compte rendu

Alois Schmid, Katherina Weigand (dir.), Bayern Mitten in Europa. Von Frühmittelalter bis ins 20. Jahrhundert, Munich, C. H. Beck, 2005, 480 p.

Pages 423zg à 506zg

Citer cet article


  • Roth, F.
(2006). Alois Schmid, Katherina Weigand (dir.), Bayern Mitten in Europa. Von Frühmittelalter bis ins 20. Jahrhundert, Munich, C. H. Beck, 2005, 480 p. Revue historique, 638(2), 423zg-506zg. https://doi.org/10.3917/rhis.062.0423zg.

  • Roth, François.
« Alois Schmid, Katherina Weigand (dir.), Bayern Mitten in Europa. Von Frühmittelalter bis ins 20. Jahrhundert, Munich, C. H. Beck, 2005, 480 p. ». Revue historique, 2006/2 n° 638, 2006. p.423zg-506zg. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-historique-2006-2-page-423zg?lang=fr.

  • ROTH, François,
2006. Alois Schmid, Katherina Weigand (dir.), Bayern Mitten in Europa. Von Frühmittelalter bis ins 20. Jahrhundert, Munich, C. H. Beck, 2005, 480 p. Revue historique, 2006/2 n° 638, p.423zg-506zg. DOI : 10.3917/rhis.062.0423zg. URL : https://shs.cairn.info/revue-historique-2006-2-page-423zg?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhis.062.0423zg


1 Der Freistaat Bayern. Sur une carte de l’Europe des Ving-cinq on cherche vainement la Bavière. En effet, l’État libre n’a pas d’identité nationale car il est l’un des Länder de la République fédérale allemande, le second après la Rhénanie-Westphalie, si l’on retient le critère démographique. Les 25 contributions de ce volume parcourent du haut Moyen Âge jusqu’à nos jours l’espace territorial devenu au fil des siècles la Bavière. Leur objectif est de montrer la place que la Bavière occupe au milieu de l’Europe et les influences successives qu’elle a reçues et incorporées depuis les moines irlandais (Knut Görich) au VIIe siècle jusqu’aux immigrants italiens des années 1950-1960. Plusieurs contributions, aussi intéressantes soient-elles, ne sont pas significatives : le voyage du général de Gaulle à Munich en 1962 (Ferdinand Kramer) ne relève-t-il pas du fait divers politique sans lendemain ? Le séjour de Lénine à Munich (Andreas Wirsching) mérite-t-il plus qu’un savant article ? L’accession d’un Wittelsbach au trône de la Grèce (Katherina Weigand) redevenue indépendante a-t-elle modifié le cours de l’histoire ? L’installation de colons bavarois dans la Sierra Morena (Alois Sclmnid) est une aventure intéressante, sans plus.

2 Les relations de la Bavière avec ses voisins d’Autriche et de Hongrie méritent de retenir l’attention ; deux articles consacrés au rapport de la Bavière avec l’Autriche de Marie-Thérèse puis de Metternich apportent de précieuses informations et réflexions. Plus encore, ce sont les rapports constants avec l’Italie, avec la Lombardie et surtout avec la papauté qui retiennent l’attention. L’un des événements majeurs de cette histoire est le refus des princes bavarois d’adopter la réforme de Luther. La Bavière, restée fidèle au catholicisme romain, devient l’un des bastions de la Réforme catholique dont les Jésuites (Reinhold Baumstark) sont les tenaces et efficaces artisans ; elle reste perméable à l’influence artistique de l’Italie et devient une terre d’élection de l’art baroque (Frank Büttner). Depuis un demi-millénaire, du XVIe siècle à Karl Ratzinger devenu récemment le pape Benoît XVI, le catholicisme a façonné les croyances, les comportements et les mentalités de la majorité des Bavarois. Les représentations de la Passion à Oberammergau en sont l’une des expressions les plus connues. Les relations entre la France et la Bavière sont plus discontinues. Un article rappelle la personnalité d’Isabeau de Bavière (Claudia Märtl), la femme de Charles VI et régente du royaume au début du XVe siècle ; un autre, un voyage du général de Gaulle à Munich en 1962 ; un troisième, l’influence française politique et culturelle à la jonction des XVIIIe et XIXe siècles. C’est Napoléon qui fait de la Bavière un royaume dont le comte de Montgellas, un ministre éclairé, modernise l’administration (Winfried Schulze) et favorise l’émergence d’un État moderne. Le destin de l’État bavarois se joue aux traités de Vienne. En apparence, il sort indemne des bouleversements consécutifs à la fin de l’aventure napoléonienne ; il est même agrandi, car il acquiert sur le Rhin le Palatinat et entre dans la Confédération germanique. La Bavière est devenue le principal État de l’Allemagne du Sud, avec un souverain, des institutions, des lois, une armée, une représentation diplomatique. Peut-elle devenir un État indépendant ? En réalité, à moyen terme, la Bavière est prise en tenaille entre l’Empire d’Autriche et le royaume de Prusse. Au cours des années 1860, le talent de Bismarck brise toutes ces virtualités ; malgré un tenace réflexe antiprussien, la Bavière séparée de l’Autriche doit en 1870-1871 participer à la Reichsgründung et entrer, poings et mains liés, dans le nouvel Empire allemand. En concédant à la Bavière des droits réservés – un service postal, une armée royale, un nonce du pape –, Bismarck prend soin de ménager les apparences ; ce ne sont plus que des apparences. La Bavière est désormais incluse dans le Reich allemand et a perdu toute visibilité internationale. C’est une orientation irréversible. Louis II, le roi fou, s’en console en construisant ses étranges châteaux, maintenant un haut lieu du tourisme international. La place particulière tenue par la Bavière dans l’ensemble allemand mériterait des analyses spécifiques. Beaucoup d’autres sujets auraient pu être abordés. On peut regretter que les relations de la Bavière avec la Bohême n’aient pas été plus directement évoquées. Après 1945, la Bavière, séparée de l’Europe de l’Est par le rideau de fer, doit incorporer les réfugiés des Sudètes, problème autrement crucial que la place à faire aux immigrants italiens. Pendant quarante ans, face au monde soviétique, il apparaît comme un bastion et une vitrine du « monde libre ». Au terme de ce volume, on peut, comme le suggère Hans-Michael Körner dans la conclusion, poser cette question : la Bavière a-t-elle vraiment cultivé sa dimension européenne ? N’est-elle pas, plutôt que « Mitten in Europa » comme l’annonce le titre, « Innerhalb Deutschlands », à l’intérieur de l’Allemagne ? Nous laissons cette interrogation ouverte.

3 François ROTH.


Date de mise en ligne : 01/12/2007

https://doi.org/10.3917/rhis.062.0423zg