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Compte rendu

Maria Milagros Cárcel Ortí, Las visitas pastorales de España (siglos XVII-XX). Propuesta de inventario y bibliografia, Oviedo, Asociación de Archiveros de la Iglesia en España, 2000, 189 p.

Pages 965z à 1056z

Citer cet article


  • Lemaitre, N.
(2001). Maria Milagros Cárcel Ortí, Las visitas pastorales de España (siglos XVII-XX). Propuesta de inventario y bibliografia, Oviedo, Asociación de Archiveros de la Iglesia en España, 2000, 189 p. Revue historique, 620(4), 965z-1056z. https://doi.org/10.3917/rhis.014.0965z.

  • Lemaitre, Nicole.
« Maria Milagros Cárcel Ortí, Las visitas pastorales de España (siglos XVII-XX). Propuesta de inventario y bibliografia, Oviedo, Asociación de Archiveros de la Iglesia en España, 2000, 189 p. ». Revue historique, 2001/4 n° 620, 2001. p.965z-1056z. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-historique-2001-4-page-965z?lang=fr.

  • LEMAITRE, Nicole,
2001. Maria Milagros Cárcel Ortí, Las visitas pastorales de España (siglos XVII-XX). Propuesta de inventario y bibliografia, Oviedo, Asociación de Archiveros de la Iglesia en España, 2000, 189 p. Revue historique, 2001/4 n° 620, p.965z-1056z. DOI : 10.3917/rhis.014.0965z. URL : https://shs.cairn.info/revue-historique-2001-4-page-965z?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhis.014.0965z


1 Depuis les travaux pionniers de sociologie religieuse historique du début des années 1960, menés sous la houlette de Gabriel Le Bras puis du P. Louis Pérouas, les visites pastorales sont considérées en France comme une source irremplaçable de l’histoire religieuse. Elles ont permis en effet à celle-ci d’accomplir sa révolution des Annales, en introduisant l’histoire sérielle dans une analyse jusque-là très littéraire, théologique, voire apologétique. Les visites pastorales permettent en effet d’observer une politique pastorale et ses résultats et, avec un peu de prudence critique, d’approcher l’état matériel et moral de ces cellules de base de la société. Dans la France des années 1970, on a trop voulu semble-t-il en faire une source magique, qui répondrait à toutes les questions, ce qui explique le relatif dédain des historiens actuels à l’égard de ces sources massives qui sont loin cependant d’avoir livré tous leurs secrets, de l’époque médiévale à l’époque contemporaine. Leur repérage, entrepris très tôt en France par Marc Venard, Dominique Julia et Jacques Gadille nous facilite pourtant la tâche. Cet inventaire, œuvre fastidieuse et de longue haleine, mené dans le cadre du CNRS, était favorisé par la relative centralisation de la documentation (pour l’Ancien Régime au moins) aux Archives départementales. Elle fut menée à bien en dix ans et quatre volumes (publiés entre 1977 et 1985). Ce répertoire a accompagné l’essor de l’histoire religieuse de ces années, un essor quelque peu stoppé de nos jours, ce qui est fort dommage.

2 Aujourd’hui, si les Français oublient un peu de travailler sur les visites pastorales et les pratiques locales, tel n’est pas le cas de nos voisins. Cette étude espagnole, engagée par l’un des rares organismes qui puisse la mener à bien dans la mosaïque des Espagnes, est d’abord la mise au point de ce qui existe en matière de traitement des sources. Une précieuse bibliographie européenne, dans toutes les langues, met à la disposition des chercheurs un ensemble de titres sur presque tous les aspects possibles. L’Espagne il est vrai, comme l’Italie, et plus encore peut-être, regorge de paperasses, dispersées dans les maisons ou entassées dans les archives diocésaines. La cible est donc bien de pousser, région par région, au nécessaire répertoire de la documentation espagnole. Mais si elle veut créer un modèle de repérage, cette introduction vise plus loin. La confrontation des différents programmes d’enquête (France, Allemagne, Italie), permettra il est vrai aux diplomatistes espagnols de constituer des bases de données plus ou moins développées selon la qualité des visites. Souhaitons que ce projet, présenté en 1998 à l’Association des archivistes diocésains espagnols, se concrétise dans les années qui viennent.

3 Si cet inventaire est indispensable, l’essentiel n’est pas là. Ce petit livre nous ouvre des perspectives de recherche particulièrement alléchantes. Cet instrument bibliographique, nous permet en effet de tenter pour la première fois une approche européenne qui ne soit pas seulement la juxtaposition de cas régionaux. Il permet d’exploiter, d’approcher des points essentiels de la compréhension de l’introduction des réformes et de la réforme catholique, comme le rythme local des réformes pastorales et la réception des nouvelles dévotions, les effets induits sur les phénomènes religieux par les types de bénéfices et d’encadrement, par la surface des paroisses ou leur population..., et plus dans le vent peut-être, le mobilier des églises, le décor des églises et son évolution, la liturgie et son évolution. L’histoire religieuse européenne comparée a de beaux jours devant elle. Nous devrions recommencer à nous y pencher du côté français.

4 Nicole LEMAîTRE.


Date de mise en ligne : 01/02/2008

https://doi.org/10.3917/rhis.014.0965z