S'abonner
Compte rendu

Nicholas Orme, The Saints of Cornwall, Oxford, Oxford University Press, 2000, XVII-302 p.

Pages 741e à 808e

Citer cet article


  • Merdrignac, B.
(2001). Nicholas Orme, The Saints of Cornwall, Oxford, Oxford University Press, 2000, XVII-302 p. Revue historique, 619(3), 741e-808e. https://doi.org/10.3917/rhis.013.0741e.

  • Merdrignac, Bernard.
« Nicholas Orme, The Saints of Cornwall, Oxford, Oxford University Press, 2000, XVII-302 p. ». Revue historique, 2001/3 n° 619, 2001. p.741e-808e. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-historique-2001-3-page-741e?lang=fr.

  • MERDRIGNAC, Bernard,
2001. Nicholas Orme, The Saints of Cornwall, Oxford, Oxford University Press, 2000, XVII-302 p. Revue historique, 2001/3 n° 619, p.741e-808e. DOI : 10.3917/rhis.013.0741e. URL : https://shs.cairn.info/revue-historique-2001-3-page-741e?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhis.013.0741e


1 Ce livre de Nicholas Orme, professeur d’histoire à l’Université d’Exeter, constitue une contribution fort réussie à l’histoire du culte des saints et de la vie religieuse en Cornwall. Pour l’essentiel, les Cornish Saints Series publiées par le chanoine Gilbert-Hunter Doble (1880-1945) au cours de la première moitié du XXe siècle faisaient, jusqu’à présent, autorité en la matière. À juste titre, le Pr Nicholas Orme rappelle (p. 16-17) que, comme tous les travaux d’érudition, ceux de G.-H. Doble ne doivent pas être considérés comme un aboutissement. La recherche historique a heureusement bien avancé depuis un demi-siècle : nombre de sources ont été rééditées de manière plus scientifique ; de gros progrès ont été réalisés en archéologie, en toponymie, en linguistique, en hagiographie médiévale et en histoire ecclésiastique.

2 L’introduction dresse donc le bilan de ces recherches récentes et 200 pages dedictionnaire consacrent une notice à chacun des saints dont le culte est attesté en Cornwall (formes anciennes du nom ; témoignages liturgiques et légende hagiographique éventuelle ; localisation du culte : état de la question). Chaque site est identifié (église, chapelle, autel, fontaine, représentation iconographique, etc.) et chaque source écrite est discutée (vie de saint, calendrier liturgique, etc.). On dispose ainsi de données fiables pour analyser la christianisation de toute cette région durant le haut Moyen Âge et suivre l’évolution de formes de piété sur la longue durée.

3 À côté des notices attendues consacrées aux 140 « saints » celtiques qui ne sont généralement honorés que localement (mais dont presque la moitié sont aussi connus soit en Bretagne, soit au pays de Galles), Nicholas Orme en a rédigé d’autres, tout aussi judicieuses, concernant les saints de l’Église universelle dont le culte est attesté en Cornwall. Ce parti ajoute beaucoup à l’intérêt de l’ouvrage. En effet, la tentation de mettre l’accent sur l’originalité du culte des saints locaux en pays celtiques (à laquelle se sont laissé prendre trop d’érudits) risque de fausser les perspectives. Il est pourtant évident que l’Église du haut Moyen Âge, en Cornwall comme ailleurs, disposait de documents liturgiques concernant les fêtes du Christ, de la Vierge, des apôtres, des martyrs romains et probablement de quelques-uns des saints de l’Antiquité tardive en Occident (saint Martin ? saint Germain d’Auxerre ?). On sait, par sa Vie latine, que saint Samson a fondé un monastère en Cornwall (que, prudemment, Nicholas Orme évite de cartographier), mais on ignore à qui était originellement dédié cet établissement. Comme l’écrit pertinemment l’auteur : « It has been assumed that such churches were dedicated to their founders, because that was the belief later on, when the founders were thought to be saints. But it is possible that early churches in Cornwall were dedicated to the Trinity, Christ, Mary, Peter, and so on, like churches elsewhere, and that these dedications became disused and forgotten. » Un processus caractéristique du Moyen Âge central (et dont on observe l’équivalent en Bretagne) a consisté à assimiler un saint local méconnu à un saint international plus ou moins homonyme : ainsi, Entenin est devenu Antoninus, et Felec, Felicitas... La vogue du culte des saints internationaux culmine durant le siècle précédant la Réforme : mais alors, plutôt que des églises paroissiales, ce sont des représentations iconographiques, des autels, des chapelles qui leur sont dédiés (p. 32-35).

4 Un index et une sorte de petit atlas (6 cartes, fort parlantes, de répartition des cultes) constituent de précieux outils de travail qui facilitent agréablement la consultation de l’ouvrage. S’y ajoute une bibliographie pratiquement exhaustive. Celle-ci a, de plus, l’insigne mérite de ne se pas se contenter de signaler, en ce qui concerne la matière bretonne, les travaux vénérables de Joseph Loth, François Duine et Arthur de La Borderie, comme c’est généralement le cas en Grande-Bretagne, du fait de la conjoncture éditoriale. Il est assez rare pour que cela soit souligné de voir pris en compte des titres publiés récemment en Bretagne sur le sujet. Comme Nicholas Orme a mis à profit notamment les recherches de Bernard Tanguy (GRBC, Brest) qui font autorité en ce qui concerne l’onomastique bretonne et qu’il fait fréquemment état de communications privées de la part de ce chercheur, on peut avancer, à coup sûr, que cet ouvrage marque un progrès notable de part et d’autre de la Manche.

5 Bernard MERDRIGNAC.


Date de mise en ligne : 01/02/2008

https://doi.org/10.3917/rhis.013.0741e