Chronique
Pages 301 à 304
Citer cet article
https://doi.org/10.3917/rhis.011.0301
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1Notes sur les procédures de qualification des maîtres de conférences
et des professeurs des universités
2Les présidents des 21e et 22e sections du CNU ont transmis à la Revue historique les observations suivantes.
3A. CNU, 21e section
4La 21e section du Conseil national des universités, mise en place en décembre 1999, informe les candidats des critères qu’elle a retenus lors de la session de qualification de mars 2000.
5Remarques préliminaires
6— Les mêmes critères s’appliquent à tous les candidats, quelle que soit leur nationalité.
7— La section est compétente pour les mondes européen et extra-européen.
8— Ne sont pas de la compétence de la section : la préhistoire (section no 20) ; la littérature (Antiquité, Moyen Âge ou autre période) ; en revanche, l’historiographie est de son ressort, pourvu que le dossier montre une connaissance directe de la période antique ou médiévale considérée.
9— Les dossiers de musicologie et d’histoire de la musique antique et médiévale peuvent être étudiés même s’il existe une section spécialisée en ce domaine (18e , Arts, dont musicologie).
10— D’une manière générale, tous les dossiers à l’interface de plusieurs sections ont été examinés avec un soin particulier et un esprit d’ouverture, au besoin en faisant appel pour certains, comme les textes le permettent, à l’avis d’un expert. Mais il revient aux candidats de veiller à la bonne orientation de leur dossier : la section ne peut examiner que ce qui est de sa compétence et elle a donc dû rejeter, sans recours possible, ceux qui relevaient de ses collègues de la 22e section (histoire moderne et contemporaine).
11— Au terme de la qualification, seuls les services du ministère de l’Éducation nationale, bureau DPE E3, Annexe Jacob, 45, rue des Saints-Pères, 75006 Paris, sont habilités à communiquer copie de leurs rapports aux candidats, sur demande écrite ; il est inutile de s’adresser aux rapporteurs. Au cas où deux refus successifs ont été opposés à une candidature, un recours devant la commission de groupe (groupe IV), rassemblant les bureaux des sections 16 à 24, est possible. Le groupe auditionne les candidats quelques mois après la session plénière de qualification.
12Maîtres de conférences
13— L’appréciation se fonde d’abord sur la qualité de la thèse (qui doit être obligatoirement jointe avec le rapport de soutenance) et du dossier de recherche en général : originalité du sujet ou renouvellement du questionnement ; connaissance des problématiques ; maîtrise des méthodes ; rigueur de l’analyse et de la présentation des résultats. Aucun quota n’a été fixé pour le nombre d’articles publiés par les candidats.
14— La détention d’un concours de recrutement de l’enseignement (agrégation, CAPES) est un élément important pris en compte par la section, même si elle ne saurait compenser le handicap d’un dossier de recherche insuffisant. Ce critère ne peut être exclusif, étant donné notamment les candidatures de spécialistes d’histoire de l’art et d’archéologie.
15— En revanche, l’expérience pédagogique a été jugée indispensable. La section a conscience des difficultés qu’a soulevées l’application de ce critère, mais elle souligne que les candidats à la qualification ambitionnent de devenir maître de conférences des universités, et qu’elle qualifie non pour le métier de chercheur, mais pour celui d’enseignant-chercheur ; or, l’enseignement, au même titre que la recherche, nécessite formation et expérience. Ce n’est pas rendre service aux candidats que de leur laisser croire qu’une qualification sans la moindre expérience pédagogique leur laisse des chances véritables de franchir le barrage des commissions locales de spécialistes et d’être recrutés dans les universités. Les résultats du recrutement, dans les domaines relevant de la section, démontrent le contraire. Ce critère a donc été appliqué à tous. Mais la notion d’expérience pédagogique a été entendue dans un sens suffisamment large – second degré, ATER, allocataire-moniteur, charge de cours dans le Supérieur ou dans une institution spécialisée (École du Louvre...) –, pour éviter de compromettre les chances d’un candidat pourvu d’un excellent dossier de recherche ; seules les interventions ponctuelles et spécialisées, même devant un auditoire d’étudiants (conférence ou séminaire), n’ont pas été retenues.
16Professeurs
17— La thèse de nouveau régime ou de troisième cycle a déjà été prise en compte pour la qualification de maître de conférences ; elle ne doit donc pas figurer dans le dossier d’habilitation. En revanche, si le candidat est docteur d’État, la thèse doit être jointe.
18— À ce niveau, l’expérience pédagogique est encore plus indispensable, étant donné les responsabilités d’un professeur d’université en ce domaine. Mais l’appréciation se fonde sur l’ensemble du dossier de candidature : recherche, enseignement, responsabilités administratives, rayonnement intellectuel et scientifique...
19— Le dossier doit notamment montrer la continuité de la production historique depuis la thèse ou la qualification comme maître de conférences ; les publications ne peuvent être seulement extraites d’un manuscrit de thèse non publié, mais doivent attester de l’approfondissement de la recherche et/ou d’un renouvellement thématique.
20— Le mémoire d’habilitation doit démontrer l’aptitude du candidat à la synthèse historique et sa connaissance large et approfondie du domaine auquel s’appliquera sa direction de recherche. Il est souhaitable qu’il comprenne une brève synthèse rappelant le parcours professionnel et intellectuel du candidat et présentant ses projets de recherche et son insertion dans un programme et/ou une équipe de recherche. Ce mémoire doit être accompagné d’un travail de recherche « inédit », c’est-à-dire différent de celui qui a permis la qualification comme maître de conférences (livre publié ou texte dactylographié). Il n’y a pas « d’épaisseur » idéale pour ce travail ; son ampleur dépend, entre autres, de la composition du reste du dossier, c’est-à-dire du nombre et de la nature des publications du candidat. Les manuels et les ouvrages de vulgarisation ne sont pas considérés comme des travaux de recherche scientifique suffisants pour obtenir la qualification.
21Pour la 21e section,
le président,
Jean KERHERVé.
22B. CNU, 22e section
23Dans un souci de clarté, la section mise en place en décembre 1999, tient à porter les informations suivantes à l’attention des candidats.
241 / Remarques générales :
25— Veiller en s’inscrivant à cocher la bonne section (21e ou 22e) et joindre à leur dossier toutes les pièces requises. On peut admettre que seuls les spécialistes du XVe siècle sont fondés à s’inscrire dans les deux sections.
26— Les dossiers des candidats sont confiés par le bureau de la section à deux rapporteurs (extérieurs au jury du candidat). Pour certains domaines, le bureau peut recourir, le cas échéant, à un expert extérieur au CNU (l’un des deux rapporteurs, l’autre étant nécessairement membre de la section).
27— Au terme de la session de qualification, seul le ministère (bureau DP4, 45, rue des Saints-Pères, 75006 Paris) est habilité à communiquer ensuite aux candidats copie des rapports, lorsque ceux-ci en font la demande écrite.
282 / Pour les candidats à la qualification de maître de conférences :
29— Joindre dans tous les cas la thèse, même si des textes officiels ne la mentionnent pas.
30— Le jugement sur le travail tient compte à la fois du caractère original de la recherche, de l’effort conceptuel des résultats et de l’apport à la communauté scientifique.
31— Étant donné la diversité d’origine des candidats (parmi lesquels les agrégés ou certifiés ne sont désormais qu’une minorité, un quart environ), l’expérience pédagogique ne nous paraît pas ici déterminante – celle-ci restant du ressort des commissions de spécialistes qui auditionneront les candidats.
323 / Pour les candidats à la qualification de professeur :
33— La thèse nouveau régime ayant été prise en compte pour la qualification comme maître de conférences, inutile de la joindre. En revanche, si le candidat est docteur d’État, la thèse doit être jointe.
34— Le dossier d’habilitation doit faire la preuve de la continuité (ou du renouvellement thématique) du travail du candidat depuis sa thèse, ainsi que de sa capacité de synthèse. Un bon dossier d’habilitation à diriger des recherches comprend généralement trois éléments : une « note de synthèse » présentant le parcours intellectuel du candidat et ses projets scientifiques, individuels ou collectifs, un travail nouveau achevé (livre déjà publié ou manuscrit prêt à la publication) et la liste des articles, communications à colloque et contributions au rayonnement scientifique du candidat, réunis en un volume. La rédaction de manuels et ouvrages de vulgarisation ne saurait tenir lieu de travail scientifique.
35— L’expérience pédagogique et administrative du candidat est prise en compte pour la qualification aux fonctions de professeur.
36Pour le bureau de la 22e section,
le président,
Serge CHASSAGNE.