Article de revue

La dynamique des transformations en Chine et ses conséquences pour le monde

Pages 38 à 47

Citer cet article


  • Hafsi, T.
  • et Zabouri, M.
(2006). La dynamique des transformations en Chine et ses conséquences pour le monde. Gestion, . 31(1), 38-47. https://doi.org/10.3917/riges.311.0038.

  • Hafsi, Taïeb.
  • et al.
« La dynamique des transformations en Chine et ses conséquences pour le monde ». Gestion, 2006/1 Vol. 31, 2006. p.38-47. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-gestion-2006-1-page-38?lang=fr.

  • HAFSI, Taïeb
  • et ZABOURI, Morteda,
2006. La dynamique des transformations en Chine et ses conséquences pour le monde. Gestion, 2006/1 Vol. 31, p.38-47. DOI : 10.3917/riges.311.0038. URL : https://shs.cairn.info/revue-gestion-2006-1-page-38?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/riges.311.0038


Notes

  • [1]
    Bien que les données ne soient pas très fiables, certains historiens soutiennent que la civilisation égyptienne aurait duré plus longtemps.
  • [2]
    Nous utiliserons souvent les qualificatifs «complexe» et «traditionnel» dans cet article. «Complexe» fait référence au très grand nombre de variables qui participent à l’explication du comportement du système dans son ensemble, le rendant ainsi globalement imprévisible, bien que gérable localement. «Traditionnel» se réfère à la longue histoire et à la culture très profondément enracinée qui influent sur la plupart des décisions de routine quotidienne et donnent à la société chinoise son caractère distinctif.
  • [3]
    La réussite du système impérial a été soutenue par trois piliers fondamentaux. Le premier pilier était l’empereur, une sorte de demi-dieu, «mandaté par les cieux». Le deuxième pilier était l’administration impériale. Les Chinois ont inventé l’art de l’administration étatique, avec des systèmes sophistiqués de recrutement, de récompense, de suivi et de contrôle des fonctionnaires. Le troisième pilier était le confucianisme, une philosophie qui mettait l’accent sur trois liens : entre les sujets et les empereurs, entre les enfants et leur père, entre la femme et son mari. La société était conçue comme un réseau de relations, dans laquelle le guanxi, ces habiletés interpersonnelles propres aux Chinois, permettaient de trouver son chemin dans le monde.
    La Chine impériale a été créditée de certaines des plus grandes inventions technologiques. Le papier, l’impression, le compas, le moulage de la fonte, les horloges mécaniques, la poudre, parmi bien d’autres, étaient utilisés régulièrement en Chine, plusieurs siècles avant qu’ils soient introduits en Occident. De plus, la Chine impériale avait déjà un système unifié de monnaie, une production spécialisée et des marchés relativement bien développés.
  • [4]
    L’effondrement du système impérial, au début du XXe siècle (Lieberthal, 1995), a mené au chaos. La lutte entre des seigneurs de guerre fut cependant progressivement remplacée par l’émergence de deux grands partis, le Guomindang (GMD), fondé par des révolutionnaires anti-empereur, et le Parti communiste de Chine (PCC), fondé par des étudiants, des universitaires et d’autres intellectuels urbains de gauche. Le leader du GMD, Chiang Kai-shek, dans son désir de contrôler l’ensemble de la Chine, a provoqué une guerre civile en 1946. Toutefois, malgré le soutien des États-Unis, la corruption très enracinée dans le GMD a mené à la victoire totale du PCC en 1949.
  • [5]
    Mao Tsé-toung a émergé comme le nouveau maître absolu de la Chine. Philosophe-roi, il a su capter l’imagination des Chinois. Il a symbolisé la renaissance de la Chine. Sur le plan pratique, il a pris le contrôle total de la Chine, en déployant à travers tout le pays l’Armée de libération du peuple et un PCC triomphant. Un système de planification centralisé à la soviétique a été mis en place, avec au début une certaine réussite. Pendant le premier plan quinquennal, le revenu national a crû à un rythme de 9 % par an. La production agricole a augmenté de 4 % par an (Fairbank, 1987).
    Après la mort de Staline, Mao a commencé à promouvoir de manière plus agressive une approche du développement socialiste plus propre à la Chine. Cela a mené à des transformations révolutionnaires massives, qui furent finalement désastreuses sur les plans économique et social. Les deux initiatives les plus connues sont celles du «Grand Bond en avant» et de la «Révolution culturelle». Toutes deux ont entraîné des résultats économiques et humains catastrophiques. Ainsi, pendant le Grand Bond en avant, les estimations indiquent que le produit intérieur brut a décliné de plus de 30 %, un déclin semblable à celui de la Grande Dépression aux États-Unis (Fairbank et Reischauer, 1991 : 500).
  • [6]
    Voir Peng (1997), Peng et Heath (1996), Shenkar (1994), Tung (1982), Walder (1989).
  • [7]
    Voir Nee et Stark (1989), Naughton (1990), Shenkar et Von Glinow (1994).
  • [8]
    La plupart des politiques choisies étaient basées sur un système BOT (Build-Operate-Transfer) adapté à la sensibilité chinoise. Le système BOT a fourni aux investisseurs des protections contre les changements politiques et concurrentiels qui ont été garanties par le gouvernement.
  • [9]
    Une association public-privé, dans laquelle le privé (généralement étranger), protégé par un système BOT (Build-Operate-Transfer), a investi de manière massive.
  • [10]
    Ces auteurs ont montré que les entreprises changeaient ainsi leurs domaines d’activité sans y être formellement autorisées.
  • [11]
    Voir Hoffman (1999), Holm (1995), Leblebici et al. (1991), Scott (2001), Scott et al. (2000).
  • [12]
    Comme nous l’expliquerons plus loin, la State Power Corporation était l’entreprise qui gérait l’ensemble du patrimoine et du fonctionnement du système électrique au nom du gouvernement.
  • [13]
    La restructuration du management de la grille de distribution d’électricité et des secteurs de génération électrique était encore en cours en 2004.
  • [14]
    Voir Bower (1970), Hafsi (2000), Noda et Bower (1996).
  • [15]
    À titre d’exemple, la Chine est devenue récemment le plus gros marché de Volkswagen, devançant même son marché d’origine, l’Allemagne.
Français

Résumé

La Chine est la civilisation qui a survécu le plus longtemps dans l’histoire tout en étant encore là. Aujourd’hui, pour la première fois de son histoire, elle s’intègre au monde et à son économie, ce qui en inquiète plusieurs. La Chine semble économiquement irrésistible. Est-elle vraiment un acteur qui continuera à prendre plus de place? A-t-elle les ressources humaines et institutionnelles pour maintenir une croissance aussi spectaculaire? La mondialisation est-elle en train de générer des transferts de pouvoir considérables qui transformeront la civilisation occidentale? Nous tenterons de répondre à ces questions en présentant d’abord la Chine, son histoire et les mécanismes de son fonctionnement. Nous verrons ensuite la profonde transformation qui a été amorcée en prenant l’exemple d’une industrie traditionnelle en cours de rénovation. Nous nous intéresserons aux problèmes organisationnels que pose cette transformation et discuterons de la capacité des dirigeants chinois à maintenir ce rythme de développement. Nous évoquerons les problèmes qu’entraîne la complexité de ce vaste territoire et examinerons les ressources institutionnelles et gestionnaires dont disposent les Chinois pour construire leur destin. Finalement, nous reviendrons aux préoccupations des rapports internationaux.


English

The Dynamics of Transformations in China and their Consequences for the World

The Dynamics of Transformations in China and their Consequences for the World

China is the oldest surviving civilization in the history of the world. Today, for the first time in its history, it is joining the rest of the world and the global economy, a trend that has many people worried. China seems economically irresistible. But is it indeed an actor that will continue to play an increasingly important role on the world stage? Does it have the human and institutional resources to sustain the spectacular growth it has seen? Is globalization in the process of generating major shifts of power that will transform Western civilization? In this article, we propose to attempt to answer these questions by first presenting China, its history and its inner workings. We then explore the profound transformations under way in this country using the example of a traditional industry in the throes of a major renewal. We are interested in the organizational problems arising from these transformations and propose to discuss the capacity of Chinese leaders to maintain the current pace of growth. We also highlight the challenges posed by the complexity of this vast territory and examine the institutional and managerial resources available to the Chinese as they build their future. Finally, we come back to a discussion of the concerns of international relations.


Español

La dinámica de las transformaciones en China y sus consecuencias para el resto del mundo

Resumen

La civilización china es, de las que han sobrevivido hasta nuestros días, la de mayor antigüedad en la historia de la humanidad. Pero es recién ahora que, por primera vez en su historia, este país se integra al mundo y a su economía, dando a muchos motivo de inquietud. La China se presenta como una economía imparable. Sin embargo, ¿tendrá la capacidad de continuar avanzando posiciones? ¿Cuenta con los recursos humanos e institucionales necesarios para sostener un crecimiento tan espectacular? ¿Acaso la mundialización está promoviendo una transferencia de poder tal que pueda terminar por transformar la civilización occidental? He aquí las cuestiones a las que intentaremos dar respuesta, para lo cual comenzaremos por presentar este país, su historia, y los mecanismos de su funcionamiento. Veremos a continuación la profunda transformación que se ha puesto en marcha, tomando como ejemplo una industria tradicional que está hoy en proceso de cambio. Analizaremos los problemas de organización que plantea tal transformación y la capacidad de los dirigentes chinos para mantener el ritmo actual de desarrollo. Pasaremos revista a los problemas que supone la complejidad que es propia de este vasto territorio, examinando los recursos institucionales y administrativos de que dispone la China para construir su destino. Nuestro trabajo terminará con un repaso de las preocupaciones que surgen de las relaciones internacionales.


Date de mise en ligne : 01/11/2010

https://doi.org/10.3917/riges.311.0038

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