Artisans du lien vivant La révolution gestaltiste en psychothérapie Pierre Janin Ed. Le Creuset de Meymans, sept 2011
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Citer cet article
- GILLOOTS, Emmanuelle,
- Gilloots, Emmanuelle.
- Gilloots, E.
https://doi.org/10.3917/gest.041.0190a
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- Gilloots, Emmanuelle.
- GILLOOTS, Emmanuelle,
https://doi.org/10.3917/gest.041.0190a
1 L ecture d’Emmanuelle Gilloots
2 e.gilloots@laposte.net
3 L’ouvrage de Pierre Janin se propose de revisiter l’ensemble de la théorie gestaltiste, pourtant ce n’est pas un ouvrage de vulgarisation de plus sur la Gestalt-thérapie. L’auteur affirme et assume un regard personnel et impliqué sur la Gestalt-thérapie, nourri de son expérience de thérapeute, mais aussi d’homme dans ses tentatives de construire avec ceux qu’il rencontre une existence riche de sens.
4 La Gestalt-thérapie nous est présentée dans son historicité : émergence des thérapies humanistes dans le prolongement des recherches de certains psychanalystes (Ferenczi notamment) et en réaction aux rigidités et aux impasses de la psychanalyse freudienne ; développements récents et différenciation de différents courants.
5 Pierre Janin présente ensuite la posture gestaltiste et ses principes fondamentaux à partir d’une notion, centrale pour lui mais absente du texte fondateur de Perls et Goodman, celle de « lien ». Ainsi, le champ, concept gestaltiste central, est défini comme l’ensemble de ce qui nous relie à ce qui n’est pas nous. Pierre Janin parle ainsi de « champ personnel d’une personne » défini comme l’ensemble de ses liens passés et présents, physiques et psychiques. Cette notion de lien ouvre à une démarche qui fait une large place au travail intrapsychique, les liens nocifs introjectés pendant l’enfance du client devant être travaillés pour permettre la construction de liens plus porteurs de vie dans l’ici et maintenant. Revisitant la notion d’environnement et le cycle du contact, l’auteur démontre que ce travail intrapsychique n’est pas en contradiction avec les principes posés par Goodman.
6 L’ensemble des concepts de la Gestalt se trouve ainsi revisité, avec une volonté de l’auteur de nous en communiquer sa compréhension dans un langage non technique, utilisant les mots du quotidien dans leur acception la plus simple. Ce regard très personnel de Pierre Janin sur nos concepts ne fera sûrement pas l’unanimité, et ce n’est d’ailleurs pas son but. Il est déjà une invitation à accomplir pour soi ce difficile travail d’appropriation d’idées, de mâchage et de digestion : oser détruire pour reconstruire ensuite dans un mouvement créateur.
7 L’auteur présente ensuite sa contribution personnelle à la recherche en Gestalt-thérapie : les notions de liens, de « nous », de reliance et de déliance, et un outil : la rose des liens, qui présente six registres différents de liens, outil de lecture et de compréhension de la relation à la recherche du vivant en l’autre, du vivant de la relation.
8 L’auteur termine ce tour d’horizon très complet par un chapitre sur des questions concernant la communauté professionnelle des Gestalt-thérapeutes : vivre ensemble, s’accepter avec nos différences, l’éthique et la déontologie, la place de la spiritualité, …
9 Les nombreux élèves et collègues de Pierre Janin trouveront ici l’ouvrage de référence qu’ils attendaient impatiemment, la quintescence des intuitions et des réflexions que Pierre a développées et partagées avec eux au fil des années. Et tous ceux qui ne le connaissent pas pourront y découvrir une pensée originale et féconde, ouvrant à des discussions stimulantes et imprégnée d’un humanisme qui n’est pas une image ou une façade, mais un projet de vie.