Des vieillissements à l’épreuve : expériences genrées du mal-être et tensions de care
Pages 171 à 187
Citer cet article
- LAUNAY, Pauline
- et PONCET-GEORGES, Hélia,
- Launay, Pauline.
- et al.
- Launay, P.
- et Poncet-Georges, H.
https://doi.org/10.3917/gs1.177.0171
Citer cet article
- Launay, P.
- et Poncet-Georges, H.
- Launay, Pauline.
- et al.
- LAUNAY, Pauline
- et PONCET-GEORGES, Hélia,
https://doi.org/10.3917/gs1.177.0171
Notes
-
[1]
Dans cet article, le terme « domicile » désigne le lieu de vie privé, généralement individuel ou partagé dans un cadre non institutionnel, par opposition à l’Ehpad envisagé comme espace institutionnel. Il ne s’agit donc pas ici de l’acception juridique du domicile – qui inclut également les Ehpad –, mais d’une distinction sociologique entre vie « chez soi » et en établissement.
-
[2]
À noter néanmoins que les femmes âgées sont accompagnées par leur conjoint dans 22 % des situations contre 43 % pour les hommes (Toulemon, 2021) et que ces derniers ont tendance à faire appel plus fréquemment aux services professionnels que les femmes dans une situation analogue (Membrado, 2013).
-
[3]
Cette mobilisation et participation des filles est par ailleurs une réalité statistique, puisque la moitié des femmes âgées sont accompagnées par leurs filles (Pennec, 2012).
Le travail du care, entendu comme l’ensemble des soins dispensés à autrui, a été central dans les analyses féministes matérialistes des années 1970-1980, interrogeant l’articulation entre capitalisme et patriarcat (Scrinzi, 2016). Ces travaux ont élargi la définition marxiste du travail pour y inclure les soins d’entretien de la vie (Collière, 1982) notamment accomplis par des femmes dans la sphère privée (Hirata & Kergoat, 2005), et qui engagent à la fois des gestes matériels en prise avec les corps ainsi qu’un investissement émotionnel et relationnel fort. (Hochschild, 2004). Le care constitue ainsi un travail souvent gratuit ou faiblement rémunéré, dévalorisé, chronophage, porté majoritairement par des femmes, en particulier issues des classes populaires et racisées lorsqu’il est accompli en dehors de la sphère domestique (Cresson, 1991 et 2011 ; Dunezat, 2006 ; Membrado, 1995 ; Paperman & Laugier, 2006 ; Pennec, 2002, 2003 et 2009 ; Sahraoui, 2019).
Ce champ théorique a mis en lumière les inégalités structurelles liées au care dispensé, notamment par des femmes âgées, qui continuent d’assurer des soins à leur entourage malgré des fragilités croissantes (Bloch & Buisson, 1998 ; Duprat-Kushtanina, 2013 ; Guberman et al., 1993). En parallèle, des travaux ont souligné que ce travail pouvait aussi être porteur de reconnaissance sociale et d’estime de soi (Cartier, 2012 ; Legrand & Voléry, 2012a ; Membrado, 2002, 2009 ; Skeggs, 2015), soulignant une ambivalence identitaire propre au vieillissement ou aux femmes de milieu populaire (Cartier, 2012)…
Mots-clés éditeurs : expériences du vieillir, genre, personnes âgées, relation de care, vieillissement
Date de mise en ligne : 18/08/2025
https://doi.org/10.3917/gs1.177.0171