Marcel Reich-Ranicki et la Pologne : trajectoire et perceptions
Pages 17 à 30
Citer cet article
- KICHELEWSKI, Audrey,
- Kichelewski, Audrey.
- Kichelewski, A.
https://doi.org/10.4000/germanica.7323
Citer cet article
- Kichelewski, A.
- Kichelewski, Audrey.
- KICHELEWSKI, Audrey,
https://doi.org/10.4000/germanica.7323
Notes
-
[1]
. — Michael Hanfeld, « Youtube lässt Hass gegen Reich-Ranicki zu », Frankfurter Allgemeine Zeitung, 13/06/2019 : https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/debatten/antisemitismus-youtube-laesst-hass-gegen-marcel-reich-ranicki-zu-16233418.html (consulté le 9/07/2019).
-
[2]
. — Les vidéos ainsi que les commentaires sont toujours visibles, par exemple à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=Tlr_zPCSCko (consulté le 9/07/2019).
-
[3]
. — Marcel Reich-Ranicki, Ma Vie, traduit de l’allemand par Jeanne Etoré, Paris, Grasset, 2001.
-
[4]
. — Voir notamment Thomas Anz, Marcel Reich-Ranicki, München, Deutscher Taschenbuch Verlag, 2004 ; Uwe Wittstock, Marcel Reich-Ranicki. Geschichte eines Lebens, München, Karl Blessing Verlag, 2005 ; Norbert Honsza, Stephan Wolting (dir.), Marcel Reich-Ranicki. Moją ojczyzną jest literatura [Marcel Reich-Ranicki. Ma patrie est la littérature], Wrocław, Ossolineum, 2007 ; Katarzyna Taborska, Krytyka jako autokreacja. Wizerunki Marcela Reicha-Ranickiego [La critique comme autocréation. Facettes de Marcel Reich-Ranicki], Poznań, Wydawnictwo Poznańskie, 2008.
-
[5]
. — Gerhard Gnauck, Wolke und Weide. Marcel Reich-Ranickis polnische Jahre, Stuttgart, Klett-Cotta Verlag, 2009. Version polonaise : Marcel Reich-Ranicki. Polskie lata, Varsovie, W.A.B, 2009.
-
[6]
. — D’après Katarzyna Taborska, Krytyka jako autokreacja…, op. cit., p. 51.
-
[7]
. — Sur l’histoire et la place de ces Juifs de l’Est (Ostjuden), voir notamment Trude Maurer, Ostjuden in Deutschland, 1919-1933, Hamburg, Hans Christians Verlag, 1986.
-
[8]
. — Shulamit Volkov, « The Dynamics of Dissimilation : Ostjuden and German Jews », in : Jehuda Reinharz, Walter Schatzberg (dir.), The Jewish Response to German Culture. From the Enlightenment to the Second World War, Hanover (NH), University Press of New England, 1985, p. 195-211 ; Delphine Bechtel, « La réception de la littérature yiddish par les intellectuels juifs allemands : aspects des contacts inter-culturels entre Ostjuden et Westjuden » in : Esther Benbassa (dir.), Transmission et passages en monde juif, Paris, Publisud, 1997, p. 451-469.
-
[9]
. — Sur cette expulsion, voir Bonnie Mae Harris, « From German Jews to Polish refugees : Germany’s Polenaktion and the Zbąszyn deportations of October 1938 », Kwartalnik Historii Żydów, n° 230, 2009, p. 175-205 ; Wojciech Olejniczak, Izabela Skórzyńska, Do zobaczenia za rok w Jerozolimie. Deportacje polskich Żydów w 1938 roku z Niemiec do Zbąszynia / See You next Year in Jerusalem. Deportations of Polish Jews from Germany to Zbąszyń in 1938, Zbąszyń, Fundacja TRES, 2012.
-
[10]
. — Marcel Reich-Ranicki, Ma Vie…, op. cit., p. 115.
-
[11]
. — Voir notamment Barbara Engelking, Jacek Leociak, The Warsaw Ghetto: A Guide to the Perished City, traduit du polonais par Emma Harris, New Haven, Yale University Press, 2009.
-
[12]
. — Sur l’opération de collecte clandestine de documents opérée par l’historien Emmanuel Ringelblum et son équipe, lire Samuel D. Kassow, Qui écrira notre histoire ? Les archives secrètes du ghetto de Varsovie, traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, Paris, Grasset, 2011.
-
[13]
. — Sur les membres des Conseils juifs et leur jugement après-guerre, voir Jacek Leociak, « Les dilemmes moraux de la collaboration des conseils juifs avec les autorités allemandes dans les ghettos de l’Europe occupée. La spécificité des Conseils juifs dans le cadre de la collaboration avec les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale », Revue d’Histoire de la Shoah, vol. 185, n° 2, 2006, p. 379-395.
-
[14]
. — Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal, traduction revue par Martine Leibovici, Paris, Folio Histoire, 2002 [1963], p. 228-240. Pour les travaux d’historiens consacrés aux Conseils juifs, voir notamment Isaiah Trunk, Judenrat. The Jewish Councils in Eastern Europe under Nazi Occupation, London, The Macmillian Company, 1972 ; Raul Hilberg, « Conscious or Unconscious “Tool” », in : Israël Gutman, Cynthia J. Haft (dir.), Patterns of Jewish Leadership in Nazi Europe 1933-1945. Proceedings of the Third Yad Vashem International Historical Conference, Jerusalem, April 4-7, 1977, Jérusalem, Yad Vashem, 1979.
-
[15]
. — Marek Edelman, La vie malgré le ghetto. Et il y avait de l’amour dans le ghetto, propos recueillis par Paula Sawicka, traduit du polonais par Malgorzata Smorag-Goldberg, Paris, Liana Lévi, coll. « Essais », 2010 [2009].
-
[16]
. — Agata Tuszyńska, Wiera Gran, l’accusée, traduit du polonais par Isabelle Jannès-Kalinowski, Paris, Grasset, 2011 [2010].
-
[17]
. — À ce sujet, voir notamment Rebecca Rovit, Alvin Goldfarb (dir.), Theatrical Performance during the Holocaust: Texts, Documents, Memoirs, Baltimore and London, The Johns Hopkins University Press, 1999 ; Shirli Gilbert, Music in the Holocaust: Confronting Life in the Nazi Ghettos and Camps, New York, Clarendon Press of Oxford University Press, 2005.
-
[18]
. — Marcel Reich-Ranicki, Ma Vie…, op. cit., p. 198.
-
[19]
. — Jan Grabowski, « Je le connais, c’est un Juif ! » : Varsovie 1939-1943, Le chantage contre les Juifs, traduit du polonais par Xavier Chantry, Paris, Calmann-Levy, 2008 [2004].
-
[20]
. — Marcel Reich-Ranicki, Ma Vie…, op. cit., p. 193.
-
[21]
. — Pour une littérature en français sur ces questions, voir notamment Barbara Engelking, « On ne veut rien vous prendre, seulement la vie ! » : des Juifs cachés dans les campagnes polonaises, 1942-1945, Paris, Calmann-Levy, 2015 [2011] et Jan T. Gross, Irena Grudzinska Gross, Moisson d’or : Le pillage des biens juifs, Paris, Calmann-Levy, 2014 [2011].
-
[22]
. — Nechama Tec a établi une typologie des sauveteurs qui fait ressortir leur marginalité sociale. Voir When Light pierced the darkness : Christian Rescue of Jews in Nazi-Occupied Poland, Oxford, Oxford University Press, 1986.
-
[23]
. — La fille de Bolek l’affirme dans un entretien accordé à Gerhard Gnauck, Marcel Reich-Ranicki..., op. cit. p. 62-63.
-
[24]
. — On estime leur nombre à 60 000 tout au plus, pour une population juive en Pologne en 1939 de plus de trois millions de personnes. Voir Audrey Kichelewski, Les survivants. Les Juifs en Pologne depuis la Shoah, Paris, Belin, 2018, p. 20-21.
-
[25]
. — Archives de l’Institut d’histoire juive (AŻIH), volume 301 (témoignages), n° 400 (sans date, probablement 1954) et 5010 (daté du 8 octobre 1951).
-
[26]
. — Sur Bernard Mark et les conditions d’écriture de l’histoire à l’Institut d’histoire juive dans les années 1950, voir Jean-Charles Szurek, « Être témoin sous le stalinisme. Les premières années de l’Institut Historique Juif de Varsovie », in : Delphine Bechtel, Evelyne Paltagean, Jean-Charles Szurek, Paul Zawadzki (dir.), Écritures de l’histoire et identité juive. L’Europe ashkénaze, xixe-xxe siècles, Paris, Les Belles Lettres, 2003, p. 51-82.
-
[27]
. — Voir plus loin sur l’accusation portée contre Marcel d’avoir fait partie du Judenrat. Sur la manière dont Mark prit la défense de Ranicki, voir AAN (Archives des Actes Nouveax), KC PZPR (Comité central du Parti ouvrier unifié polonais, CKKP (Commission centrale de Contrôle du Parti), dossier 2139/55, « Opinion de Bernard Mark », p. 60, cité dans Paweł Libera, « Marcel Reich-Ranicki… », art. cit., p. 256.
-
[28]
. — Film accessible en ligne sur le site internet du fils de Marcel Reich-Ranicki, à l’adresse suivante : https://www.maths.ed.ac.uk/~v1ranick/musicinghetto.mp4 (consulté le 12 juillet 2019).
-
[29]
. — Sous-titre extrait d’un article critique sur Reich-Ranicki, écrit par l’historien polonais Paweł Libera, « Marcel Reich-Ranicki przed Centralną Komisją Kontroli Partynej (1950-1957) » [Marcel Reich-Ranicki devant la Commission centrale de contrôle du Parti], Zeszyty historyczne, t. 546, Maisons-Laffitte, Association Institut Littéraire Kultura, 2009, p. 186.
-
[30]
. — Gerhard Gnauck, Marcel Reich-Ranicki…, op. cit., p. 264 : « À ceux qui voudraient considérer mon livre comme une contribution au phénomène du “judéo-communisme”, je voudrais dire que je ne prends pas part à ce débat ».
-
[31]
. — Ibid., p. 46.
-
[32]
. — Ibid., p. 249.
-
[33]
. — Marcel Reich-Ranicki, Ma Vie…, op. cit., p. 222.
-
[34]
. — Documents cités dans l’article à charge contre Reich-Ranicki de Piotr Gontarczyk, « Prawdziwy życiorys Marcelego Reicha » [La véritable biographie de Marcel Reich], Biuletyn Instytutu Pamięci Narodowej, n° 1-2 (72-73), 2007, p. 133.
-
[35]
. — AAN [Archives des Actes Nouveaux], Urząd Rady Ministrów [Bureau du Conseil des Ministres, Gabinet Prezesa RM [Cabinet du président], Dział Odznaczeń [Département des décorations], dossier 1/1-1/136, p. 284 : Wniosek Odznaczeniowy o „Medal Zwycięstwa i Wolności 1945 r.” [Décision d’attribution de la « médaille de la Victoire et de la Liberté »] n° 17912, 18 IX 1947. Document cité dans Paweł Libera, « Marcel Reich-Ranicki... », art. cit., p. 190, note 39.
-
[36]
. — Gerhard Gnauck, Marcel Reich-Ranicki…, op. cit., p. 150-151 ; Krzysztof Tarka, « “Polska jest Polską”. Powrót Stanisława Mackiewicza do kraju w czerwcu 1956 roku » [‘La Pologne c’est la Pologne’. Le retour de Stanisław Mackiewicz au pays en juin 1956], Zeszyty Historyczne [Cahiers historiques] n° 150, 2004, p. 55-96 ; Sławomir Cenckiewicz, Piotr Gontarczyk, « Na granicy zdrady. Stanisława Mackiewicza powroty do Polski » [Aux marges de la trahison. Les retours de Stanisław Mackiewicz en Pologne], Biuletyn IPN, n° 3-4, 2006, p. 108-109.
-
[37]
. — Dossier de Marcel Reich : AIPN (Archives de l’Institut de la Mémoire nationale), 0193/896, cité par Piotr Gontarczyk, « Prawdziwy życiorys… », op. cit., p. 129.
-
[38]
. — Sur ce contexte plus large, voir Audrey Kichelewski, Les survivants…, op. cit., p. 108-124.
-
[39]
. — Marcel Reich-Ranicki, Ma Vie…, op. cit., p. 236.
-
[40]
. — Ibid., p. 243 et Paweł Libera, « Marcel Reich-Ranicki… », art. cit., p. 199-202.
-
[41]
. — Sur cet épisode, voir Audrey Kichelewski, Les survivants…, op. cit., chapitre 4 et Paweł Machcewicz, « Antisemitism in Poland in 1956 », Polin, n° 9, 1994, p. 170‑183.
-
[42]
. — Gerhard Gnauck, Marcel Reich-Ranicki..., op. cit., p. 210-211.
-
[43]
. — Janusz Tycner, « Die Akte Ranicki », Die Zeit, 15.07. 1994, p. 39-40.
-
[44]
. — Marcel Reich-Ranicki, Ma Vie…, op. cit., p. 231.
-
[45]
. — Joanna Tokarska-Bakir, « Unbearable whispering », Biweekly. Link with culture, n° 2, mai 2010, traduit du polonais par Michał Czarniecki, accessible à l’adresse suivante : https://www.biweekly.pl/article/1188-unbearable-whispering.html?print=1 (consulté le 24/7/2019).
-
[46]
. — Sur l’Institut de la Mémoire nationale, voir notamment Valentin Behr, « Le ministère de la mémoire », La Vie des idées, 11/04/2014 : https://laviedesidees.fr/Le-ministere-de-la-memoire.html (consulté le 24/7/2019) et Georges Mink, « Les usages des Instituts de la mémoire nationale (IMN) dans les recompositions partisanes (1989-2008) », in : Pascal Bonnard, Georges Mink (dir.), Le passé au présent, Paris, Michel Houdiard, 2011, p. 171-184.
Cet article propose de revenir sur la trajectoire complexe de Marcel Reich-Ranicki entre la Pologne et l’Allemagne, depuis sa naissance à Włocławek en 1920 jusqu’à son émigration à Berlin à l’âge de 9 ans, son retour forcé vers la Pologne en 1938, sa survie dans et hors du ghetto de Varsovie, son engagement dans le parti communiste polonais et les fonctions qu’il occupa au sein de la police politique jusqu’à sa fuite en 1958. On s’intéressera ce faisant à la manière dont cet auteur a été perçu en Pologne, en particulier dans les années récentes où de nombreux articles sont revenus sur son parcours et ses années polonaises. Est-il vu davantage comme un homme de lettres, un traître, un Juif ou un Polonais ?
- Pologne
- Ghetto de Varsovie
- Autobiographie
- Communisme
- Reich-Ranicki (Marcel)
Mots-clés éditeurs : Autobiographie, Communisme, Ghetto de Varsovie, Pologne, Reich-Ranicki (Marcel)
Audrey KICHELEWSKI: Marcel Reich-Ranicki und Polen: Laufbahn und Wahrnehmungen
Dieser Artikel rekonstruiert Marcel Reich-Ranickis komplexe Laufbahn zwischen Polen und Deutschland, von seiner Geburt in Włocławek 1920, der Emigration nach Berlin im Alter von 9 Jahren, der erzwungenen Rückkehr nach Polen 1938, dem Überleben im Warschauer Ghetto und danach, dem Engagement in der polnischen kommunistischen Partei und der Arbeit für die poli-tische Polizei, bis hin zur Flucht im Jahr 1958. Wie wird der Literaturkritiker in Polen wahrgenommen? In den letzten Jahren sind dort viele Artikel über seine polnischen Jahre er-schienen. Wird darin das Bild eines Literaten, eines Verräters, eines Juden oder Polen gezeichnet?
- Reich-Ranicki
- Polen
- Warschauer Ghetto
- Autobiographie
- Kommunismus
Mots-clés éditeurs : Autobiographie, Kommunismus, Polen, Reich-Ranicki, Warschauer Ghetto
Audrey KICHELEWSKI: Marcel Reich-Ranicki and Poland: trajectory and perceptions
This paper investigates the complex life path of German literary critic Marcel Reich-Ranicki, between Poland and West Germany, since his birth in Polish Włocławek in 1920, his emigration to Berlin at the age of 9, his forced return to Poland in 1938, his survival in and outside the Warsaw ghetto, his commitment in the Polish Communist Party and the secret police until his escape to West Germany in 1958. How does Reich-Ranicki tell about this part of his life, what does his narrative reveals about his feelings towards Poland and how is he perceived in Poland? Is he rather considered there as a literary man, a traitor, a Pole or a Jew?
- Reich-Ranicki
- Poland
- Warsaw Ghetto
- Autobiography
- Communism
Mots-clés éditeurs : Autobiography, Communism, Poland, Reich-Ranicki, Warsaw Ghetto