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La Théorie de l’enquête de John Dewey : fondements, réception et usages dans la recherche francophone en éducation et formation

Pages 129 à 178

Citer cet article


  • Thievenaz, J.
  • et Fabre, M.
(2023). La Théorie de l’enquête de John Dewey : fondements, réception et usages dans la recherche francophone en éducation et formation. Revue française de pédagogie, 219(2), 129-178. https://doi.org/10.3917/rfped.219.0129.

  • Thievenaz, Joris.
  • et al.
« La Théorie de l’enquête de John Dewey : fondements, réception et usages dans la recherche francophone en éducation et formation ». Revue française de pédagogie, 2023/2 n° 219, 2023. p.129-178. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-francaise-de-pedagogie-2023-2-page-129?lang=fr.

  • THIEVENAZ, Joris
  • et FABRE, Michel,
2023. La Théorie de l’enquête de John Dewey : fondements, réception et usages dans la recherche francophone en éducation et formation. Revue française de pédagogie, 2023/2 n° 219, p.129-178. DOI : 10.3917/rfped.219.0129. URL : https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-pedagogie-2023-2-page-129?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rfped.219.0129


Notes

  • [1]
    Il sera plus particulièrement question ici de la réception française de la Théorie de l’enquête même s’il est possible d’observer une dynamique similaire dans d’autres pays ou sphères culturelles comme en Allemagne où son influence est observable dans l’École de Francfort, après une première période d’incompréhension (Horkheimer, Marcuse), dans les œuvres de Habermas et de Honneth par exemple.
  • [2]
    Depuis les années 2000, on constate une forte activité éditoriale et de traduction, sous l’impulsion notamment de Jean-Pierre Cometti, Nathalie Ferron, Guillaume Garetta, Joëlle Zask, Patrick Di Mascio, Denis Meuret, Joan Stavo-Debauge… Vont également se créer des revues comme Pragmata, ou des collections comme Raisons pratiques à l’EHESS. De même, certains dossiers de revues consacrent ce renouveau de l’intérêt pour la pensée de Dewey comme Critique en 2002 avec le titre significatif de Retour à Dewey et la Revue internationale de philosophie (no 3, en 2008).
  • [3]
    Les travaux de langue française sur ou à partir de la pensée de Dewey seront signalés dans la deuxième partie.
  • [4]
    Des dossiers de revues de sciences de l’éducation lui sont consacrés : Michel Fabre (dir.), « Éducation et pragmatisme », Recherches en éducation, no 5, 2008 (<https://doi.org/10.4000/ree.3948>) ; Camille Roelens et Michel Fabre (dir.), « John Dewey, notre contemporain. Une figure inspirante pour l’éducation ». Recherches & Éducations, hors-série no 2, 2023.
  • [5]
    Quand nous parlons d’enquête dans ce travail ou de Théorie de l’enquête (avec un T majuscule), nous nous référons spécifiquement aux concepts de Dewey.
  • [6]
    La délimitation et l’étude du corpus bibliographique à partir duquel cette note de synthèse est élaborée ont été réalisées selon un double procédé. Un premier qui s’appuie sur une base bibliographique constituée dans le cadre d’une autre publication en cours (Thievenaz, Las-Vergnas & Kedidah-Chair, soumission en cours) et reposant sur une analyse lexicographique systématique visant à identifier et explorer la totalité des travaux scientifiques francophones faisant référence à la Théorie de l’enquête de Dewey dans le domaine des productions scientifiques en sciences de l’éducation et de la formation (une requête émise auprès de Google Scholar a permis l’identification des références mentionnant simultanément les trois termes [« Théorie de l’enquête », « Dewey », « éducation »] dans leurs titres ou résumés et mots-clés). Cette requête a été effectuée grâce à l’outil de recherche bibliographique « Publish or Perish » (Harzing.com). Un second procédé, fondé sur une démarche plus empirique, s’appuie sur la lecture de l’ensemble de l’œuvre de Dewey (dans sa version originale et traduite) ainsi que sur la collecte et l’étude des publications en sciences humaines et sociales (SHS) qui lui sont consacrées (y compris dans la littérature anglo-saxonne) réalisée par les deux auteurs de cette note de synthèse dans le cadre de leurs propres travaux de recherche (s’étalant sur la période 1989-2023). C’est ainsi, en s’appuyant sur la combinaison de ces deux procédés de constitutions du corpus, que la présente contribution a été élaborée, et ceci, à la fois dans un triple souci : 1) d’exhaustivité (des ressources disponibles) ; 2) de systématicité (de l’introduction des références) ; 3) de significativité (du point de vue des apports spécifiques pour la recherche en sciences de l’éducation et de la formation).
  • [7]
    « La mère de Dewey était de ces chrétiens qui essayaient de mettre en pratique ces principes sociaux du christianisme : elle visitait les pauvres et les malades, organisait des œuvres de bienfaisance, fondait une Mission Sunday School pour les enfants et ouvrait une “coffee house” pour les adultes […]. Le souci présent de Dewey était métaphysique. Il se souviendrait plus tard de cette période de sa vie où il lui fut donné l’exemple d’une vraie vie démocratique et d’un dévouement inconditionné à la cause de tous les déshérités, où lui apparurent pour la première fois des problèmes sociaux, non comme questions théoriques à débattre, mais en termes d’affamés, de mal logés, d’exploités à secourir » (Deledalle, 1967, p. 20).
  • [8]
    Si Dewey soutient sa thèse de philosophie en 1884 sur la Psychologie de Kant, la théorie de la connaissance qu’il élabore tout au long de son œuvre est empreinte de la pensée hégélienne qu’il découvre durant ses recherches de doctorat à l’Université Johns Hopkins sous l’impulsion du professeur C. W. Moris (voir à ce sujet Tsuin-Chen, 1958).
  • [9]
    Dans un souci de clarté mais aussi de précision sur le plan historique, le choix est fait tout au long de cette note de synthèse de faire apparaître pour chaque citation de Dewey la référence à l’année de publication du texte dans sa version originale (ici 1916), puis l’année de traduction de ce texte en français à laquelle il est fait référence (ici 2011). Un tel choix s’explique non seulement par la nécessité de resituer la production dans la trajectoire intellectuelle de l’auteur, mais aussi de préciser à quelle traduction cela renvoie (il existe parfois plusieurs traductions d’un même texte).
  • [10]
    Dewey précise que la direction ne peut être assimilée à un contrôle extérieur à l’individu. Elle consiste à concentrer, unifier et focaliser ses tendances vers des buts utiles pour lui, dans la mesure où « toute direction n’est que redirection. Elle canalise les activités déjà en cours dans une autre direction » (Dewey, [1916] 2011, p. 105).
  • [11]
    « Comment les fermiers en viennent-ils à connaître la fertilité du sol, l’utilisation des engrais, ou la quantité de pluie que l’on peut s’attendre à voir tomber à une saison donnée de l’année ? Ils n’en font pas des objets d’étude, ils les apprennent parce que ces choses font partie inhérente de ce qu’ils font pour gagner leur vie. Ce qui se passe dans la vie professionnelle de l’adulte se passe dans l’expérience scolaire de l’enfant, l’exercice des capacités et des habitudes a pour résultats naturels l’acquisition des connaissances » (Dewey, [1920] 1973, p. 265).
  • [12]
    Dans ce contexte, l’adjectif « intellective » est préféré à « intellectuelle » en considérant que l’œuvre de Dewey s’emploie à récuser toute forme de dualisme et une vision purement intellectualiste de l’activité d’enquête.
  • [13]
    Comme en témoignent les toutes premières lignes de la préface de l’auteur : « Le présent volume traite de la nature de la logique. J’y développe des idées que j’ai d’abord présentées, il y a une quarantaine d’années dans Studies in Logical Theory, explicitées quelque peu dans Essays in Experimental Logic et brièvement résumées en les rapportant à l’éducation dans How We Think. Bien que les idées fondamentales soient restées les mêmes, des modifications considérables se sont naturellement produites au cours de ces années. Si la connexion avec la problématique est demeurée inchangée, l’identification expresse de la pensée réfléchie avec l’enquête objective a rendu possible, je crois, un mode d’expression moins sujet à mésinterprétation que ceux d’abord utilisés » (Dewey, [1938] 1967, p. 51).
  • [14]
    Le traducteur justifie ainsi ce choix : « Si nous avons préféré le mot “enquête” à celui de “recherche”, c’est précisément parce que ce dernier mot rappelle trop une technique expérimentale qui n’est qu’un cas particulier de l’enquête » (Deledalle, 1967, p. 23).
  • [15]
    L’enquête policière moderne admet ainsi d’autres types de preuves et exige d’autres types de données que celle de l’Inquisition par exemple.
  • [16]
    Au sens non pas disciplinaire mais étymologique du terme grec anthropos et logos : « parlant des hommes ».
  • [17]
    La réception de Dewey en France est évidemment liée à l’existence de traductions. Les premières traductions de philosophie de l’éducation ou de pédagogie sont le fait des revues L’Éducation et L’Année pédagogique qui publient un certain nombre d’articles entre 1899 et 1914. Pour les principaux ouvrages, le recueil L’école et l’enfant paraît en 1913 sous la traduction de Pidoux ; How We Think (Comment nous pensons) en 1925 dans une traduction de Decroly ; Schools of To-Morrow (Les écoles de demain) en 1925, par Duthil ; My Pedagogic Creed (Le crédo pédagogique de Dewey) en 1931 par Tsuin-Chen ; Démocratie et éducation en 1975 par Deledalle ; Experience and Education (Expérience et éducation) en 1947 par Carroi. Les traductions des autres œuvres philosophiques s’avèrent plus tardives, à part Logic. Theory of Enquiry traduit par Deledalle en 1967 sous le titre Logique. La théorie de l’enquête, il faudra attendre les années 2000 pour lire en français bien des œuvres philosophiques majeures de Dewey (Frelat-Kahn, 2013 ; Renier, 2014). Notons l’important travail de l’université de Pau avec la collaboration des éditions Farrago/Léo Scheer, qui sera relayé ensuite par les éditions Gallimard. On trouvera également la traduction d’un certain nombre d’articles inédits de Dewey dans la thèse de Renier (2014). Si les traductions pédagogiques sont liées au développement de l’éducation nouvelle dans les pays francophones, les traductions universitaires diffusent à partir de pôles bien repérables, en particulier l’université de Pau (avec l’équipe de Deledalle) et l’université d’Aix Marseille (avec Commetti, Zask, Di Maschio…).
  • [18]
    La création en 2006 de la Sofphied (Société francophone de philosophie de l’éducation) a sans doute favorisé les études sur Dewey, ainsi que les travaux des laboratoires comme le LISEC (équipe Normes et valeurs), le CREAD et le CREN (équipe Savoirs, apprentissages et valeurs en éducation).
  • [19]
    La question vaut également pour le Cadre de l’apprentissage par problématisation (CAP).
  • [20]
    Il est possible de découper le processus d’une autre manière : empathie (recueillir la demande de l’utilisateur), définition du problème, idéation (brainstorming), prototypage (modélisation des hypothèses), tests (Faste, Roth & Wilde, 1993).
  • [21]
    Mathias Finger (1989) opposait la conception de l’expérience de Gadamer (1976) centrée sur l’expérientiel à celle de Dewey centrée sur l’expérimental. En réalité, les deux interprétations se trouvent chez Dewey lui-même, peut-être pas, il est vrai, dans les mêmes ouvrages. Autant la Logique privilégie la rationalité de l’enquête scientifique, judiciaire, médicale… autant Ethics ([1932] 2008) ou L’art comme expérience ([1934] 2010) abordent la dimension expérientielle de l’existence dans ses aspects affectifs et sociaux, éthiques et esthétiques.
  • [22]
    « Ce Traité est une introduction. C’est la présentation d’un point de vue et d’une méthode d’approche. Bien que j’aie réfléchi pendant plus de quarante ans à leur formulation, j’ai nettement conscience que leur présentation n’a pas et ne pouvait pas avoir le fini et l’exhaustivité qui sont théoriquement possibles. Mais je suis aussi convaincu que mon point de vue est si parfaitement raisonnable que ceux qui ont la bonne volonté de me suivre développeront dans les années à venir une logique qui sera en parfait accord avec toutes les méthodes reconnues les plus valables de parvenir à la connaissance » (Dewey, [1938] 1967, p. 54).
  • [23]
    Traduction des auteurs.
  • [24]
    Traduit par « L’éducation par le travail » dans la version française de l’ouvrage parue en 1931 (trad. Duthil).
  • [25]
    Traduit par « Les aspects professionnels de l’éducation » dans la version française de l’ouvrage parue en 1975 (trad. Deledalle) et rééditée en 2011.
  • [26]
    La loi Avenir du 5 septembre 2018 qui définit le cadre de l’Action de formation en situation de travail (AFEST) témoigne notamment du caractère central de cette question sur le plan non seulement scientifique mais aussi sociétal, politique et économique.
  • [27]
    C’est ce que permet une conception intégrative qui met en évidence les relations entre ces deux pôles en tension sur un continuum : le pôle « épistémè » en tant que processus d’élaboration méthodique de connaissances et le pôle « praxis » en tant que pratique réfléchie (Albero, 2019c). Sur ces deux pôles, le concept d’enquête peut être mobilisé : sur le premier, de manière explicite et méthodique en étant finalisé par la production de connaissance valide dans les milieux scientifiques ; sur le second, de manière plus opératoire en étant finalisé par le souci d’efficacité de l’action (Albero & Simonian, 2021).
  • [28]
    Il semble de ce point de vue plus prudent, afin de ne pas réifier l’activité du sujet, d’employer un ensemble de précautions sémantiques montrant que les processus étudiés sont « lus », « étudiés » ou « interprétés » au prisme de la logique de l’enquête.
  • [29]
    Encouragé par l’effet d’engouement dont fait l’objet la Théorie de l’enquête et plus largement la thématique de l’expérience chez Dewey, il n’est pas rare de constater dans de nombreux travaux récents que ce terme est employé tantôt comme une caution ou comme un gage de scientificité, tantôt comme une vague allusion à la thématique de l’expérience, alors qu’il ne fait pas l’objet d’une définition et encore moins d’une argumentation ou d’un développement dans le propos.
  • [30]
    Cette lecture pragmatiste des outils conceptuels du pragmatisme est non seulement présente chez Dewey mais également organisatrice de son œuvre. En effet, Dewey ne cesse d’encourager « le passage d’une connaissance et d’une philosophie contemplatives à une connaissance et à une philosophe opératoires » ([1920] 2014, p. 178). Plus récemment, Gilles Deleuze a eu l’occasion de tenir un discours proche et éclairant sur ce point de vue : « Une théorie, c’est exactement comme une boîte à outils… Il faut que ça serve, il faut que ça fonctionne. Et pas pour soi-même. S’il n’y a pas des gens pour s’en servir, à commencer par le théoricien lui-même qui cesse alors d’être théoricien, c’est qu’elle ne vaut rien, ou que le moment n’est pas venu » (Deleuze, 1972, p. 309).
  • [31]
    En prolongeant l’idée selon laquelle le concept (ici celui d’enquête) se présente comme un outil à concevoir du point de vue de ses usages, il convient dès lors d’approfondir cette idée en le pensant comme un artefact, médiatisant l’activité du chercheur et faisant à ce titre l’objet de ce que Rabardel nomme un processus d’« appropriation » et de « genèse instrumentale » (2005, p. 257).
  • [32]
    « Lorsque les hommes enquêtent, ils utilisent leurs yeux, leurs oreilles, leurs mains et leur cerveau. Ces organes, sensoriels, moteurs ou centraux, sont biologiques. Bien que les opérations et les structures biologiques ne soient pas des conditions suffisantes de l’enquête, elles en sont, néanmoins, des conditions nécessaires » (Dewey, [1938] 1967, p. 81).
  • [33]
    « L’environnement dans lequel les êtres humains vivent agissent et enquêtent n’est pas simplement physique. Il est aussi culturel. Les problèmes qui provoquent l’enquête ont pour origine les relations dans lesquelles les humains se trouvent engagés et les organes de ces relations ne sont pas seulement l’œil et l’oreille, mais les significations qui se sont développées au cours de la vie, en même temps que les façons de former et de transmettre la culture avec tous ses éléments constitutifs, les outils, les arts, les institutions, les traditions et les croyances séculaires » (Dewey, [1938] 1967, p. 101).
  • [34]
    Dewey a toujours défini la Théorie de l’enquête comme une logique de l’expérience, comprise comme une méthodologie, et ceci à l’encontre des conceptions de la logique d’Aristote ou des logiques modernes de Frege ou de Russel.
Français

La Théorie de l’enquête de John Dewey fait, depuis plus d’une vingtaine d’années, l’objet d’un regain d’intérêt en sciences humaines et sociales (SHS) et notamment dans le domaine des sciences de l’éducation et de la formation (SEF). Les travaux qui la convoquent ne se contentent pas d’une simple relecture ou redécouverte de ce concept central et emblématique de la théorie de l’expérience de Dewey. Ils réinterrogent ses origines, sa nature et ses potentialités pour aborder les problématiques, les enjeux et les défis contemporains qui traversent le monde de l’éducation et de la formation. Ce phénomène de « retour à l’enquête » s’inscrit, plus fondamentalement, dans une démarche analysant les processus d’apprentissages, d’enseignement, d’éducation, de formation ou d’accompagnement sous un jour renouvelé en s’appuyant sur une théorie suffisamment robuste et universelle de l’expérience.
C’est en partant de ces constats et des enjeux scientifiques qui leur sont liés que cette note de synthèse étudie les fondements de la Théorie de l’enquête, son originalité, sa réception et les différents types d’usages contemporains qui en sont faits. Une première partie expose la genèse du concept d’enquête et son élaboration progressive dans la trajectoire philosophique et pédagogique de son auteur. Une seconde partie se consacre à l’étude de la réception de cette approche dans la recherche francophone en éducation et formation. La troisième partie expose les différentes interprétations et types d’usages qui en sont faits ainsi qu’un certain nombre de questionnements épistémologiques sur leurs intérêts et leurs limites. Il s’agit ce faisant de montrer la richesse et la modernité d’une telle conception de l’expérience qui depuis près d’un siècle continue d’éclairer, d’inspirer et d’étonner.

  • recherche en éducation
  • formation
  • enquête
  • éducation
  • expérience

Mots-clés éditeurs : éducation, enquête, expérience, formation, recherche en éducation


English

John Dewey’s Theory of Inquiry: Theoretical foundations, reception and uses in French-language research in education and training

‪John Dewey’s “theory of inquiry” has, for more than twenty years, been the subject of renewed interest in the human and social sciences (SHS) and particularly in the field of Education and Training (SEF). The works that invoke it are not limited to a simple rereading or rediscovery of this central and emblematic concept of Dewey’s theory of experience. They re-examine its origins, its nature and its potential to address the contemporary issues and challenges that affect the world of education and training. This phenomenon of “return to investigation” is part, more fundamentally, of an approach analyzing the processes of learning, teaching, education or training in a renewed light, based on a sufficiently robust and universal theory of experience.
This summary note, based on these observations and the scientific issues linked to them, studies the foundations of the theory of inquiry, its originality, its reception and the different types of contemporary uses that are made of it. The first part sets out the genesis of the concept of inquiry and its progressive development in the philosophical and educational trajectory of its author. A second part is devoted to the study of the reception of this approach in French-speaking research in education and training. In a third part, the different interpretations and types of uses made of it are exposed as well as a few epistemological questions on their interests and limits. In doing so, it’s about showing richness and modernity of such a conception of experience which for almost a century has continued to enlighten, inspire and amaze.‪

  • educational research
  • survey
  • education
  • training
  • experience

Mots-clés éditeurs : education, educational research, experience, survey, training


Date de mise en ligne : 04/12/2023

https://doi.org/10.3917/rfped.219.0129

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