Les horizons culturels des jeunes
- Par Sylvie Octobre
Pages 27 à 38
Citer cet article
- OCTOBRE, Sylvie,
- Octobre, Sylvie.
- Octobre, S.
https://doi.org/10.4000/rfp.940
Citer cet article
- Octobre, S.
- Octobre, Sylvie.
- OCTOBRE, Sylvie,
https://doi.org/10.4000/rfp.940
Notes
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[1]
Une vingtaine d’entretiens menés auprès de jeunes de dix à quatorze ans et autant auprès de leurs parents.
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[2]
Ces auteurs américains proposent une lecture des rapports à la culture opposant le modèle de l’omnivore à celui de l’univore, très proche de celui de l’éclectisme, proposé dans le cas français. L’opposition ne se fait donc plus tant sur une échelle de légitimité (entre pratiques savantes et légitimes et pratiques populaires et illégitimes) mais entre ceux qui parviennent à cumuler des pratiques des deux sortes et ceux qui ne le font pas. Ce modèle rejoint celui de la légitimité lorsque les univores se recrutent parmi les consommateurs exclusifs de médias populaires.
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[3]
Le terme, originellement emprunté à la psychanalyse jungienne, est employé ici pour désigner le processus qui fait que le jeune se pense et est pensé comme un être particulier face à un collectif.
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[4]
Cette typologie est proposée pour les pratiques numériques par D. Cardon et F. Granjon (2003). Nous la reprenons pour l’ensemble des pratiques et des consommations.
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[5]
Une telle perspective transforme les approches classiques en sociologie puisqu’elle substitue à l’analyse de groupes pré-construits (par le partage d’une caractéristique individuelle : âge, sexe, niveau de diplôme, etc.) l’analyse de groupes construits sur la base des relations établies entre des individus (nombre, fréquence, contenus des échanges, etc.).
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[6]
Ainsi, les jeunes accèdent très tôt à l’information sexuelle, sans pour autant que l’âge moyen du premier rapport ne soit vraiment modifié.
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[7]
Ce phénomène est nommé « auto-exclusion » par certains auteurs (Chan Tak Wing & Goldthorpe John, 2007). Cette perspective reste légitimiste, puisque l’auto-exclusion concerne les pratiques légitimes (ex : la baisse de la lecture chez les enfants de cadres) quand le même phénomène n’est pas identifié comme tel pour les pratiques populaires (on ne parlerait pas d’auto-exclusion dans le cas d’une baisse de la consommation télévisuelle chez les enfants de cadres, mais plutôt probablement de choix éducatif « positif » ).
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[8]
La baisse du prix des matériels informatiques depuis 2001 a probablement entraîné une augmentation importante de ce niveau d’équipement des enfants et des adolescents, notamment via le renouvellement de l’équipement familial.
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[9]
La comparaison a été effectuée avec les données de l’enquête Pratiques culturelles des Français de 1997.
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[10]
Encore faut-il attendre le passage à l’âge adulte pour savoir si cette réduction des écarts sociaux est due à un phénomène d’âge, donc transitoire, ou bien à une effet structurel, de génération (Y. Jauneau et S. Octobre, Revue Française de sociologie, à paraître).
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[11]
Les blogs sont particulièrement appréciés des adolescents, qui représentent la quasi totalité des producteurs et visiteurs (Réseaux, 2006).
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[12]
La sociologie des réseaux se distingue sur ce point de la théorie énoncée par Pierre Bourdieu, pour lequel le capital social, contrairement au capital culturel, ne joue qu’un rôle relativement secondaire dans les mécanismes de reproduction sociale, puisqu’ils ne produisaient, selon l’auteur, pas d’effet propre.
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[13]
Les données pour le père sont respectivement : 63,5 % pour l’école, 37,5 % pour les copains/copines, 33 % pour les consommations médiatiques et 49 % pour les sorties et loisirs.
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[14]
Cette analyse a été menée en comparant pour les enfants de dix à quatorze ans les odds ratio d’une pratique élevée ou faible versus une pratique moyenne pour chaque pratique culturelle en fonction d’un certain nombre de variables socio-démographiques (âge, sexe, type de famille, taille de la fratrie, type d’habitat, taille d’unité urbaine, PCS du chef de famille), de variables qualifiant le style de vie (disposition d’une chambre réservée), le modèle éducatif (niveau de discussion avec les parents et niveau de pratique des parents), le réseau juvénile (niveau de discussion avec les copains) et les liens avec l’école (niveau scolaire de l’enfant). Les odds ratio sont issus de modèles Logit polytomiques (un pour chaque type de pratique). Y. Jauneau et S. Octobre, op cit.
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[15]
Voir récemment le rapport Gross, consultable sur www.culture.gouv.fr
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[16]
Voir par exemple, l’introduction massive de littérature jeunesse dans les programmes de français, de musique de variétés/rock dans les programmes de musique, etc.
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[17]
Les pédagogies nouvelles de la « découverte » ont probablement favorisé cette disjonction progressive (Bonnery, 2006).
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[18]
Cette double préoccupation préside aux plans pour l’éducation artistique, lancés régulièrement par les ministères de l’Éducation nationale et de la Culture et de la communication.
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[19]
Dans le cas des adultes, si l’on compare les rapports de chance de fréquenter les équipements de la culture légitime (musée et exposition, théâtre, opéra, danse, concert classique) en fonction du niveau de diplôme et de l’origine sociale, il apparaît que l’effet propre du diplôme dépasse celui de l’origine sociale, ce qui atteste bien d’un effet propre de l’école (Coulangeon, 2003).
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[20]
La jeunesse s’était définie au xxe siècle au moins partiellement par ses comportements, consommations et passions culturelles – les yéyé, les « peace and love », les punks, etc. – celles-ci s’accompagnant d’un ensemble de codes vestimentaires, sexuels, de postures.
Nés dans un monde dominés par l’audiovisuel et les technologies de l’information et de la communication, de plein pied dans une offre foisonnante, et issus de générations nourries des théories du développement (ou de leur vulgate), les enfants et adolescents d’aujourd’hui sont les acteurs de mutations rapides et profondes du champ culturel et ce, d’autant qu’ils sont fortement investis dans ces consommations et pratiques. Les transmissions familiales et institutionnelles sont reconfigurées dans ce contexte et de nouvelles lignes de fracture apparaissent de manière inter-générationnelle tout en (ré)activant des lignes de fracture intra-générationnelles. S’appuyant sur les données de l’enquête Les Loisirs des 6-14 ans et sur des entretiens complémentaires réalisées auprès de jeunes adolescents et de certains parents, ce texte tente de mettre en évidence les mutations des rapports des jeunes à la culture, et la manière dont ceux-ci interrogent les modes classiques de transmission.
- pratiques culturelles
- jeunesse
- générations
- nouvelles technologies
Mots-clés éditeurs : générations, jeunesse, nouvelles technologies, pratiques culturelles
Born in a world dominated by the media and information and communication technologies, with both feet in a rich supply environment and coming from generations that were fed with developmental theories (or their Vulgates), today’s children and adolescents are involved in quick and deep transformations of their cultural fields and all the more so since they are strongly into these consumer practices. Institutional-to-individual transmissions as well as family ones have been redefined in this context and new intergenerational gaps have appeared while gaps within the generations have been reactivated. Based on data from a study entitled Leisure for the 6-to-14 year-olds (Les Loisirs des 6-14 ans) and further interviews of young teenagers and some parents, this text aims at showing the transformations of the relationship that teenagers have with culture, and the way those children question the classical ways of transmission.
Nacidos en un mundo dominado por los medios audiovisuales y las tecnologías de la información y de la comunicación, de llano en una oferta abundante, y nacidos de generaciones alimentadas con las teorías del desarrollo (o de su vulgata), los niños y adolescentes de hoy son los actores de cambios rápidos y profundos en el campo cultural y aún más cuando se implican fuertemente en estos consumos y prácticas. Las transmisiones familiares e institucionales se vuelven a configurar en este contexto y aparecen nuevas líneas de fractura de manera inter-generacional a la par que se (vuelven a) activan(r) líneas de fractura intra-generacionales. Apoyándose en los datos de la encuesta Los ocios de los 6-14 años y sobre conversaciones complementarias realizadas cerca de jóvenes adolescentes y algunos padres, este texto intenta poner en evidencia los cambios en las relaciones de los jóvenes con la cultura, y la manera en que éstos interrogan los modos clásicos de transmisión.
Weil sie in einer von den Medien und den Informations- und Kommunikationstechnologien dominierten Welt geboren sind, weil sie im Mittelpunkt eines üppigen Angebots stehen und weil sie eine Generation bilden, die von den Entwicklungstheorien (oder ihrer Vulgarisierung) geprägt ist, sind Kinder und Jugendliche von heute Akteure von schnellen und tiefen Veränderungen im kulturellen Bereich, um so mehr als sie in diesen Verbrauchs- und Verhaltensformen sehr stark investiert sind. Die Übertragungen in der Familie und in den Institutionen werden in diesem Zusammenhang neu konfiguriert und neue Spaltungen erscheinen zwischen den Generationen und (re)aktivieren dabei auch Spaltungen innerhalb der Generationen. Auf Grund der Daten aus der Untersuchung „Freizeitbeschäftigungen der 6- bis 14 jährigen” und zusätzlicher Besprechungen, die mit Jugendlichen und einigen Eltern geführt wurden, versucht dieser Text, die Veränderungen in den Beziehungen zwischen den Jugendlichen und der Kultur zu unterstreichen, und die Art und Weise zu beschreiben, wie sie die klassischen Übertragungsweisen in Frage stellen.