Critique de la pensée positive. Heureux à tout prix
Gérard Neyrand, Toulouse, éd. érès, 2024.
- Par Marlène Marty
Page 79
Citer cet article
- MARTY, Marlène,
- Marty, Marlène.
- Marty, M.
https://doi.org/10.3917/forum.176.0080
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Constatant la médiatisation à outrance du discours positiviste sous ses différentes expressions,
éducation positive, parentalité positive, psychologie positive et l’écart entre ces injonctions et le
réel, Gérard Neyrand en interroge les soubassements. Dès le
développement de la logique publicitaire au XIXe siècle sous la forme de
la réclame, l’objectif consiste à promouvoir des produits en vantant leurs
mérites et la positivité demeure son caractère premier. Mais c’est avec la
révolution industrielle que se met en place ce qui va devenir un
gigantesque marché.
L’auteur met en avant la genèse de la puissance de la pensée positive, à
l’œuvre dans la publicité dès son apparition sous la forme de la réclame,
dans la logique de la philanthropie du XIXe siècle, dont le développement
en Angleterre, sur la base d’un mixte de valeurs religieuses et humanistes,
se réalise grâce aux sociétés protestantes de charité. Cette idéologie
libérale importée en France repose sur le rejet de l’étatisme et la croyance dans le super pouvoir
des individus. Il s’agit de s’aider soi–même à réaliser ce que l’on projette, et son illustration en
sera le mythe fondateur des États–Unis : le self made man.
Parce que la promotion de l’individu autonome qui ne serait pas inscrit dans des rapports sociaux
et à qui il appartiendrait exclusivement d’être heureux est une illusion, avec cet ouvrage, Gérard
Neyrand propose un outil de résistance à l’ordre économique et libéral qui selon lui assujettit en
posant l’injonction d’être un consommateur heureux adhérant à la pensée positive…
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