Compte rendu

Simon BUTTICAZ, Avant le péché originel. La naissance d’un malentendu, Genève, Labor et Fides, coll. « Essais bibliques 61 », 2022. 22,5 cm. 189 p. ISBN 978-2-8309-1785-7. € 19

Pages 652 à 653

Citer cet article


  • Schächl, K.
(2024). Simon BUTTICAZ, Avant le péché originel. La naissance d’un malentendu, Genève, Labor et Fides, coll. « Essais bibliques 61 », 2022. 22,5 cm. 189 p. ISBN 978-2-8309-1785-7. € 19. Études théologiques et religieuses, Tome 99(4), 652-653. https://doi.org/10.3917/etr.994.0652.

  • Schächl, Katharina.
« Simon BUTTICAZ, Avant le péché originel. La naissance d’un malentendu, Genève, Labor et Fides, coll. “Essais bibliques 61”, 2022. 22,5 cm. 189 p. ISBN 978-2-8309-1785-7. € 19 ». Études théologiques et religieuses, 2024/4 Tome 99, 2024. p.652-653. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-etudes-theologiques-et-religieuses-4-page-652?lang=fr.

  • SCHÄCHL, Katharina,
2024. Simon BUTTICAZ, Avant le péché originel. La naissance d’un malentendu, Genève, Labor et Fides, coll. « Essais bibliques 61 », 2022. 22,5 cm. 189 p. ISBN 978-2-8309-1785-7. € 19. Études théologiques et religieuses, 2024/4 Tome 99, p.652-653. DOI : 10.3917/etr.994.0652. URL : https://shs.cairn.info/revue-etudes-theologiques-et-religieuses-4-page-652?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/etr.994.0652


1 Le titre du livre est bien trouvé : si le péché originel n’est peut-être pas la thématique la plus à même d’intéresser le grand public, la préposition « avant » et l’ajout du « malentendu » permettent d’éveiller d’emblée la curiosité. Et c’est bien à ce « large public intéressé » qu’en effet l’auteur s’adresse. Ce dernier arrive à tenir en haleine toute personne qui décide de se plonger dans ce petit livre (uniquement par la taille, soit dit en passant !).

2 Par le choix du langage d’abord : toute personne qui s’aventure dans le livre sera surprise par une coexistence étonnante de termes théologiques assez techniques (ainsi que du grec translitéré) avec une vivacité du propos qui rend la lecture extrêmement agréable. Ensuite, par la mise en scène d’une sorte d’enquête à partir des indices fournis, dans un premier temps, par les textes bibliques. Les indices, comme dans une vraie enquête policière, sont inspectés, auscultés. Toutes les réflexions qui surgissent au fur et à mesure de l’avancement du raisonnement sont explicitées. L’effet est immédiat : pris ainsi par la main, le lecteur découvre que la théologie est véritablement une science qui le concerne, liée directement à la vie, voire à sa vie.

3 Les questions que l’auteur pose à propos d’une, voire plusieurs, définition(s) juste(s) que les textes bibliques permettraient d’établir pour dire ce qu’est le péché (qui, avant d’être originel est original, il fallait le trouver !) permettent d’entrer dans un véritable cheminement où chaque pas approfondit le précédent. Ce procédé évite que les textes paraissent simplement posés l’un à côté de l’autre dans une sorte d’inventaire fastidieux. Le lecteur avance accompagné, grâce à ces questions qui auraient pu être les siennes.

4 L’enquête semble vouloir procéder chronologiquement (Jésus, Paul, Matthieu, Jean, Hébreux, etc.), mais l’auteur signale régulièrement d’autres effets d’écho (vétérotestamentaires, anthropologiques, socioculturels) qui permettent de comprendre que la naissance d’un concept comme le « péché originel » se trouve dans un réseau de significations dont chacune doit être évaluée. L’auteur sème ainsi, au détour d’une phrase, une multiplicité d’informations qui ne sont pas directement liées à la thématique mais qui font de ce livre une véritable mine de connaissances.

5 Le livre participe grandement non seulement à la « valorisation publique des savoirs » comme l’auteur le signale à propos des notes de bas de page (qui occupent parfois, il est vrai, quasiment la page entière, sans toutefois que cela nuise à la lecture), mais encore il permet à la personne qui s’interrogeait sur le concept du péché originel d’entrer dans un monde où elle est amenée à découvrir bien plus que ce qu’elle était venue chercher.

6 Faut-il en finir avec le péché ? demande l’auteur à la fin du livre. En fait, et c’est certainement pour cela que le livre se lit aussi bien, toute la question du péché, originel ou pas, dit quelque chose de la condition humaine (et alors, comment pouvoir « en finir » ?). L’enquête met en évidence à travers les différences notables trois constantes : une compréhension existentielle (plus qu’éthique), une mise en avant de l’unité de la personne (le péché concerne la personne tout entière) et l’absence de tragique fatalité (face au péché, la grâce surabonde). Ces trois constantes interrogent directement notre vie personnelle et sociale aujourd’hui. Le livre se révèle être d’une actualité surprenante.


Date de mise en ligne : 13/12/2024

https://doi.org/10.3917/etr.994.0652