Les lettres catholiques comme discours articulés sur les mises en scène de Actes 15 et Galates 2
Hypothèse de travail pour comprendre la pseudépigraphie dans une perspective narratologique et canonique
- Par Alain Gignac
Pages 659 à 672
Citer cet article
- GIGNAC, Alain,
- Gignac, Alain.
- Gignac, A.
https://doi.org/10.3917/etr.0914.0659
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- GIGNAC, Alain,
https://doi.org/10.3917/etr.0914.0659
Notes
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Alain Gignac est professeur de Nouveau Testament à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal.
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[1]
J’utilise ici la traduction de Émile Osty et Joseph Trinquet, La Bible, Paris, Seuil, 1973.
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[2]
Voir par exemple les discussions dans Gerd Lüdemann, Paul, Apostle to the Gentiles : Studies in Chronology, Philadelphia, Fortress, 1984 ; Simon Légasse, Paul Apôtre. Essai de biographie critique, Montréal, Les Éditions Fides, 1991 ; Jerome Murphy-O’Connor, Paul. A Critical Life, Oxford, Clarendon Press, 1996.
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[3]
Voir Robert W. Wall, « A Unifying Theology of the Catholic Epistles. A Canonical Approach », in Jacques Schlosser (dir.), The Catholic Epistles and the Tradition, Louvain, Leuven University Press/Peeters, coll. « BETL 176 », 2004, p. 43-71 (ici p. 54), suivi à divers degrés par Peter Davids, Karl-Wilhelm Niebuhr, David Nienhuis, Carey C. Newman et Darian R. Lockett, dans un dialogue avec Brevard Childs. Pour une présentation globale de ces auteurs, voir Darian R. Lockett, « Are the Catholic Epistles a Canonically Significant Collection ? A Status Quaestionis », Currents in Biblical Research 14 (2015), p. 62-80.
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[4]
Paul Beauchamp, L’un et l’autre Testament 1. Essai de lecture, Paris, Seuil, coll. « Parole de Dieu », 1977 ; Id., L’un et l’autre Testament 2. Accomplir les Écritures, Paris, Seuil, coll. « Parole de Dieu », 1990.
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[5]
Harry Y. Gamble, « The New Testament Canon. Recent Research and the Status Quaestionis », in Lee Martin Mcdonald, James A. Sanders (dir.), The Canon Debate, Peabody, Mass., Hendrickson, 2002, p. 267-294 (ici p. 288) ; David R. Nienhuis, Not by Paul Alone : The Formation of the Catholic Epistle Collection and the Christian Canon, Waco, Tex., Baylor University Press, 2007, p. 4-5.
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[6]
François Bovon, « La structure canonique de l’Évangile et de l’Apôtre », Cristianesimo nella storia 15 (1994), p. 559-576.
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[7]
Je ne traite pas du cas de He, à la charnière des deux collections, qui fut toujours dans l’orbite paulinienne sans lui être jamais complètement rattaché. Par ailleurs, Wall et Nienhuis font remarquer que les LP sont titrées, dans le paratexte des manuscrits, d’après le destinataire (collectif ou individuel), tandis que les LC sont toujours titrées d’après le destinateur : David R. Nienhuis, Robert W. Wall, Reading the Epistles of James, Peter, John, and Jude as Scripture : The Shaping and Shape of a Canonical Collection, Grand Rapids, Mich., William B. Eerdmans Publishing Company, 2013, p. 5.
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[8]
Lee Martin McDonald, « Appendix C », in Id., The Biblical Canon : Its Origin, Transmission, and Authority, Peabody, Mass., Hendrickson, 2007, p. 445-451.
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[9]
C’est l’idée du titre de la monographie de D. R. Nienhuis, Not by Paul Alone, op. cit.
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[10]
« L’existence de [au moins] deux ordres canoniques différents met en garde le lecteur à l’encontre de la prescription d’un ordre ou un autre comme étant déterminant pour l’interprétation. Accorder ce privilège exclusif à une ordonnance des livres, quelle qu’elle soit, serait s’empêcher de voir ce qui caractérise le paratexte, en tant que commentaire (non inspiré) du texte » (« The existence of [at least] two different canonical orders warns the reader against prescribing one or other order as determinative for interpretation. To give exclusive rights to any one order of books would be to fail to see the character of paratext as (uninspired) commentary on the text ») : Greg Goswell, « The Order of the Books of the New Testament », Journal of the Evangelical Theological Society 53 (2010), p. 225-241 (ici p. 235). Sauf mention contraire, les traductions sont miennes. Voir aussi Richard Bauckham, James : Wisdom of James, Disciple of Jesus the Sage, Londres, Routledge, coll. « New Testament readings », 1999, p. 114-116. Un contre-exemple, ici, serait la réflexion de Wall, qui privilégie la séquence occidentale : le fait que les LP soient suivies des LC « indique que les lettres non pauliniennes jouent un rôle subordonné de contrepoids vis-à-vis des lettres pauliniennes. Ainsi, la mise en rapport entre le Paul canonique et les “piliers” canoniques [Jacques, Pierre et Jean] devrait débuter par le discernement que le message de Dieu “commence” avec Paul et se déplace alors vers les autres témoins apostoliques, afin de corriger toute interprétation de Paul qui pourrait conduire à des conséquences dangereuses pour la foi et la pratique (« indicates that the non-Pauline letters play a subordinate role, keeping Pauline letters in proper checkand-balance. Thus, the relationship between the canonical Paul and the canonical “pillars” [James, Peter and John] should begin with the discernment that God’s message “begins” with Paul and then moves to the other apostolic witnesses to correct any interpretations of Paul which might lead to dangerous results for faith and practice »). Robert W. Wall, « The Problem of the Multiple Letter Canon of the New Testament », in Eugene E. Lemcio, Robert W. Wall (dir.), The New Testament as Canon : A Reader in Canonical Criticism, Sheffield, Sheffield Academic, coll. « Journal for the study of the New Testament 76 », 1992, p. 161-183 (ici p. 176-177).
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[11]
Bien sûr, à ces deux passages-pivots, il faudra ajouter d’autres allusions à Pierre et Jacques chez Paul (par exemple, 1Co 9,1-7 ; 15,5.7) et d’autres scènes mettant en présence Paul et Jacques en Actes (cf. 21,17-26, qui renvoie explicitement à 15,19-20.28). De plus, une fois analysés les tenants et aboutissants de la Figure 2, il conviendra d’élargir la démarche et de revisiter les autres correspondances qui s’instaurent entre les lettres.
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[12]
Paul Ricœur, Temps et récit, Paris, Seuil, coll. « Points, essais », 1983-1985, p. 227, 228-229.
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[13]
Je pense à la critique des métarécits, point d’ancrage de la posture (post)moderne : Jean François Lyotard, La condition postmoderne : rapport sur le savoir, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Critique », 1979 ; Id., Le Postmoderne expliqué aux enfants, Paris, Galilée, 1988.
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[14]
David Trobisch, « The Book of Acts as a Narrative Commentary on the Letters of the New Testament », in Andrew F. Gregory, Christopher K. Rowe (dir.), Rethinking the Unity and Reception of Luke and Acts, Columbia, University of South Carolina Press, 2010, p. 119-127. Signalons que la thèse de cet auteur inverse la perspective adoptée ici : « La fonction principale des Actes est de remplir les trous de l’histoire telle qu’elle est racontée par les deux collections de lettres du NT, les lettres de Paul et les épîtres catholiques (« the main function of Acts is to fill in the gaps in the story as it is told through the two New Testament letter collections : the Letters of Paul and the Catholic Epistles. », ibid., p. 119), c’est-à-dire que Ac cherche à résoudre la tension « entre Paul et les leaders de Jérusalem, telle que documentée dans les lettres de Paul et les épîtres catholiques (« between Paul and the Jerusalem leadership as it is documented in the Letters of Paul and the Catholic Epistles », ibid., p. 122). Cette remarque souligne que les lettres sont porteuses de leur mise en intrigue propre. De plus, elle confère une bidirectionnalité à notre hypothèse : Ac suggère une lecture des lettres, mais celles-ci mettent en relief le projet idéologique de la mise en intrigue de Ac.
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[15]
Le point d’interrogation indique que je privilégie comme destinataires de Ga les chrétiens de la zone dite « Galatie du Nord ». Or, il est remarquable que Ac 16,6 et 18,23 forment deux notices extrêmement laconiques quant à un passage de Paul en territoire galate. S’agit-il d’une lacune documentaire ou d’une stratégie narrative pour marginaliser les communautés galates et subséquemment la correspondance que Paul leur adresse ? Concernant Ac comme relecture narrative des LP, voir supra n. 14.
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[16]
Récits qui racontent l’histoire de Dieu et du monde, l’histoire d’Israël, l’histoire du Christ et l’histoire de Paul (et de ses communautés) : Bruce W. Longenecker (dir.), Narrative Dynamics in Paul : A Critical Assessment, Louisville, Kent., Westminster John Knox Press, 2002 ; Id., « The Narrative Approach to Paul : An Early Retrospective », Currents in Biblical Research 1 (2002), p. 88-111.
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[17]
Voir à ce sujet mes différentes contributions sur Ga et Rm présentées et publiées dans le cadre des activités du RRENAB. À titre d’exemples : Alain Gignac, « La gestion des personnages en Ga 1-2. Pour que les narrataires s’identifient au héros “Paul” », in Pierre Létourneau, Michel Talbot (dir.), Et vous, qui dites-vous que je suis ? La gestion des personnages dans les récits bibliques. Actes du 3e symposium du RRENAB – 62e congrès annuel de l’ACÉBAC, 29 mai au 1er juin 2005, Montréal, Médiaspaul, coll. « Sciences bibliques 16 », 2006, p. 203-228 ; Alain Gignac, Jean-Sébastien Viard, « Péché, Mort et Loi en Rm 5-8. Mises en intrigue et caractérisation », in Anne Pasquier, Daniel Marguerat, André Wénin (dir.), L’intrigue dans le récit biblique. Quatrième colloque international du RRENAB, Université Laval, Québec, 29 mai-1er juin 2008, Louvain, Peeters, coll. « BETL 237 », 2010, p. 323-340 ; Alain Gignac, « L’interprétation du récit d’Abraham en Ga 3,6-4,7, tour de force ou coup de force ? Le travail narratif du lecteur face à l’énonciation et à l’intertextualité pauliniennes », in Régis Burnet, Didier Luciani, Geert Van Oyen (dir.), Le lecteur. VIe Colloque international du RRENAB, Louvain-la-Neuve, 24-26 mai 2012, Louvain, Peeters, coll. « BETL 273 », 2014, p. 309-330.
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[18]
« Comme on le souligne volontiers dans divers travaux, le recours à la pseudépigraphie était un bon moyen pour mettre en exergue la tradition des origines et son actualisation » : Jacques Schlosser, « Le corpus des épîtres catholiques », in J. Schlosser (dir.), The Catholic Epistles and the Tradition, op. cit., p. 3-41 (ici p. 30). Pour un état de la question, voir Kent D. Clarke, « The Problem of Pseudonymity in Biblical Literature and Its Implications for Canon Formation », in L. M. Mcdonald, J. A. Sanders (dir.), The Canon Debate, op. cit., p. 440-468 ; Régis Burnet, « Pourquoi écrire sous le nom d’un autre ? Hypothèses sur le phénomène de la pseudépigraphie néotestamentaire », Études théologiques et religieuses 88 (2013), p. 475-495.
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[19]
La Deuxième lettre de Pierre possède un ton testamentaire évident (tel Moïse qui clôt la Torah par ses discours du Dt) et suggère le terme de la correspondance apostolique (Pierre va bientôt mourir et livre ses dernières instructions, réalisant l’annonce de la mort de Pierre par Jésus en Jn 21,18-19) ; 2 P fait référence à 1 P (en 2 P 3,1-2), à la transfiguration (2 P 1,17-18), à Paul (lui conférant le statut « d’écriture » mais signalant aussi qu’il est susceptible d’être mal interprété : 2P 3,15-16), et elle incorpore même, en la réécrivant, la lettre de Jude (2 P 2,1-18) ; enfin, 2 P court-circuite la possibilité de nouveaux pseudépigraphes : voir Jean-Noël Aletti, « La seconde épître de Pierre et le Canon du Nouveau Testament », in Christoph Theobald (dir.), Le canon des Écritures. Études historiques, exégétiques et systématiques, Paris, Cerf, coll. « Lectio Divina 140 », 1990, p. 239-253, ici p. 250. Voir aussi Denis Farkasfalvy, « The Ecclesial Setting of Pseudepigraphy in Second Peter and its Role in the Formation of the Canon », Second Century : A Journal of Early Christian Studies 5 (1985), p. 3-29 (ici p. 23) ; David Trobisch, The First Edition of the New Testament, Oxford/New York, Oxford University Press, 2000, p. 86-96.
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[20]
Selon D. R. Nienhuis, Jc est un écrit du milieu du iie siècle rédigé pour servir d’introduction à la collection des LC. Le pseudépigraphe aurait délibérément utilisé 1 P et 1 Jn, et tissé des liens avec ces lettres plus anciennes afin de forger une unité entre elles et d’offrir une lecture orthodoxe des LP, à l’encontre de Marcion et de ses partisans. David R. Nienhuis, « The Letter of James as a Canonconscious Pseudepigraph », in Karl-Wilhelm Niebuhr, Robert W. Wall (dir.), Catholic Epistles and Apostolic Tradition, Waco, Tex., Baylor University Press, 2009, p. 183-200.
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[21]
« Jacques, esclave de Dieu et du Seigneur Jésus Christ, aux douze tribus qui sont dans la Dispersion, salut ! » (Jc 1,1).
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[22]
Karl-Wilhelm Niebuhr, « James in the Minds of the Recipients : A Letter from Jerusalem », in K.-W. Niebuhr, R. W. Wall (dir.), Catholic Epistles and Apostolic Tradition, op. cit., p. 43-54 (ici p. 45).
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[23]
H. Y. Gamble, « The New Testament Canon. Recent Research and the Status Quaestionis », art. cit.
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[24]
Rappelons que l’on a longuement hésité, semble-t-il, à intégrer Jc, 2 P, 2-3 Jn et Ap – ou à délaisser le Pasteur d’Hermas, la Didachè, Barnabé, l’Apocalypse de Pierre, et 1-2 Clément. Par ailleurs, il ne faut pas succomber à une illusion d’optique : du fait de son caractère décentralisé et éclaté, l’éparpillement des premières communautés entrave ou retarde la reconnaissance par tous de certains livres (dans les trois grandes aires culturelles latine, grecque et syriaque), sans cependant que cela empêche les livres finalement retenus d’être utilisés très tôt comme références dans certains centres de rayonnement (Alexandrie, Césarée, Rome). Pour le cas de Jude, voir David Pastorelli, « La critique textuelle de l’Épître de Jude et la pseudépigraphie », Études théologiques et religieuses 88 (2013), p. 497-513. Pour une synthèse récente en français, voir Alain Le Boulluec, « Le proble me de l’extension du Canon des E ?critures », Recherches de science religieuse 92 (2004), p. 45-87, qui revient notamment sur le célèbre bilan canonique proposé par Eusèbe de Césarée.
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[25]
À l’évidence, la question de la circoncision, voire des relations entre chrétiens d’origine juive ou païenne, passe à l’arrière plan, et disparaît même, du tableau des deutéro-pauliniennes et des LC.
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[26]
En ce qui concerne Jc et Paul, outre le cas célèbre de Rm 3,27–4,3 et Jc 2,14-26, Nienhuis et Mitchell ont cartographié les points de contacts intertextuels (voir le tableau en Annexe), Mitchell allant jusqu’à proposer de voir en Jc un document de l’école paulinienne. Voir D. R. Nienhuis, « The Letter of James as a Canon-conscious Pseudepigraph », art. cit. ; Margaret M. Mitchell, « The Letter of James as a Document of Paulinism ? », in Robert L. Webb, John S. Kloppenborg (dir.), Reading James with New Eyes, Londres, T. & T. Clark, 2007, p. 75-98.
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[27]
Karl-Wilhelm Niebuhr, « Exegese im kanonischen Zusammenhang : Uberlegungen zur theologischen Relevanz der Gestalt des Neutestamentlichen Kanons », in Biblical Canons, Louvain, Leuven University Press, 2003, p. 557-584 ; Robert W. Wall, « Acts and James », in K.-W. Niebuhr, R. W. Wall (dir.), Catholic Epistles and Apostolic Tradition, op. cit., p. 127-152 (ici p. 136-137).
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[28]
Le cas de la structuration des LP en tant que collection serait peut-être néanmoins à réexaminer aussi : entre autres, comment les trois pastorales (elles aussi pseudépigraphes) viennent clore la collection et lui procurer des clés de (re)lecture rétroactives – si Rm est importante en tant que lettre liminaire, 1-2 Tm et Ti le sont peut-être tout autant, comme codicilles apposés à la collection.
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[29]
Ainsi, en ce qui a trait au rapport Paul-Jacques, retenons ce point de vue nuancé de Bauckham : « Qu’il y ait des différences considérables entre Jacques et Paul ne fait aucun doute. Mais elles ne devraient pas être surestimées au détriment de similitudes notables, que ce soit dans une reconstruction historique qui ne se préoccupe que de la diversité du christianisme primitif, souvent avec l’objectif implicite de rendre impossible une théologie biblique, ou par une lecture canonique qui surligne le caractère distinct de chaque voix canonique de manière à démontrer leur complémentarité. Dans une conversation canonique (cf. Wall 1997 : 286) entre Jacques et Paul, il y aurait beaucoup d’hochements de tête et de sourires de connivence, tout autant que de froncements de sourcils et quelques exclamations de surprise ». (« That there are very considerable differences between James and Paul is not in doubt. But they should not be exaggerated at the expense of notable similarities, either in a historical reconstruction that has an eye only for diversity in early Christianity, often with the implicit aim of making biblical theology impossible, or by a canonical reading that highlights the distinctiveness of each canonical voice in order to demonstrate their complementarity. In a canonical conversation (cf. Wall 1997 :286) between James and Paul there would be much nodding of heads and smiling agreement, as well as some knitting of brows and some exclamations of surprise »). R. Bauckham, James : Wisdom of James, Disciple of Jesus the Sage, op. cit., p. 115, qui cite Robert W. Wall, Community of the Wise : The Letter of James, Valley Forge, Trinity Press International, 1997.
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[30]
J. Schlosser, « Le corpus des épîtres catholiques », art. cit., p. 20.
Alain Gignac [*] appréhende ici la pseudépigraphie des lettres catholiques du Nouveau Testament dans une perspective narratologique et canonique, non à partir de la rédaction de ces lettres, mais de leur lecture. Peut-on considérer Actes comme la mise en récit des personnages apostoliques qui prennent la parole dans les lettres du Nouveau Testament ? Inversement, et plus spécifiquement, les lettres catholiques ne donnent-elles pas la parole aux protagonistes de la réunion de Jérusalem relatée en Ac 15 et Ga 2, prolongeant ainsi le dialogue qui y est rapporté entre Paul (et Barnabé), Jacques, Pierre et Jean ? Se dessinerait alors l’hypothèse d’une structuration triangulaire Actes/Lettres pauliniennes/Lettres catholiques, qui ouvrirait un champ d’investigation nouveau pour une théologie du Nouveau Testament.
The author looks at the pseudepigraphy of the so called “Catholic Epistles” (CE) from a synchronic and literary angle, reformulating Robert Wall’s insight into a canonical structuration of NT letters : these epistolary discourses would echo the mise en scène of Acts 15 and Gal 2, establishing a dialogue between the characters Peter, James, John and Paul. In other words, the CE would be an answer to the Pauline Epistles (PE). The hypothesis is built on some understanding of narratology, pseudepigraphy, canon, and collection as described, and opens new ways to look at the relationship between the two letters corpus of the NT and eventually renew NT theology. In conclusion, some methodological reflection is proposed for the analysis of the triangular relationship, Acts/PE/CE.