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Reconstruction et évolution du système aspectuel proto-amazigh

Pages 193 à 200

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  • Allati, A.
(2006). Reconstruction et évolution du système aspectuel proto-amazigh. Études et Documents Berbères, 24(1), 193-200. https://doi.org/10.3917/edb.024.0193.

  • Allati, Abdelaziz.
« Reconstruction et évolution du système aspectuel proto-amazigh ». Études et Documents Berbères, 2006/1 N° 24, 2006. p.193-200. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-etudes-et-documents-berberes-2006-1-page-193?lang=fr.

  • ALLATI, Abdelaziz,
2006. Reconstruction et évolution du système aspectuel proto-amazigh. Études et Documents Berbères, 2006/1 N° 24, p.193-200. DOI : 10.3917/edb.024.0193. URL : https://shs.cairn.info/revue-etudes-et-documents-berberes-2006-1-page-193?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/edb.024.0193


I. Éléments morphologiques et syntaxiques proto-amazighs

1 La base de la formation du mot en proto-amazigh est une unité lexicale monosyllabique où les voyelles sont radicales (cf. Allati, 2002, § II). La formation du mot s’y fonde sur la composition et la réduplication. L’agglutination constitue le mode d’adjonction des morphèmes aux bases lexicales (cf. idem).

2 À cette morphologie, correspond une construction syntaxique de type ergative. Dans le proto-amazigh, le prédicat d’existence (PE), noyau de l’énoncé, pose l’existence d’un fait, de quelque chose, c’est-à-dire exprime un état, une qualité, etc. (cf. idem p. 96). Il est obligatoirement attesté avec son actualisateur *ak qui lui est préfixé ou suffixé (*ak (actualisateur) + PE / PE+ *ak) et ne contient pas, en lui-même, d’éléments qui l’orientent par rapport à ses déterminants (sujet/agent, patient / non agent). La relation entre le prédicat d’existence et son déterminant privilégié qui est un patient non agent se fait par la reprise et l’affixation, à ce dernier, du prédicateur ou l’actualisateur du prédicat d’existence *ak. Cette structure est conservée dans les verbes dont le premier déterminant est un patient non agent (cf. idem, § III). Le déterminant agent / sujet est spécifié uniquement en cas de besoin à l’aide d’un affixe spécifique. Les relations entre le prédicat d’existence et ses déterminants qui sont ordonnés autour de lui sans ordre préétabli, sont indiquées au moyen d’affixes. À la relation établie entre le prédicat d’existence et son déterminant privilégié, le patient non agent, s’ajoutent d’autres qui sont nécessaires au fonctionnement de l’énoncé (affixes du genre, du nombre, de négation, affixes aspectuels, casuels (instrumental, datif, génitif...), cf. idem, § IV). Les oppositions verbo-nominale, de rection, de diathèse, de personne sont inexistantes dans ce système (cf. idem).

II. Le système aspectuel proto-amazigh

3 Le procès exprimé par l’énoncé a donc la valeur du statif dont les traces apparaissent surtout dans les emplois des verbes dont le premier déterminant est un patient non agent, les verbes d’état, la phrase nominale... (cf. idem, § III, IV).

4 Étant la valeur du prédicat d’existence, le statif constitue l’axe aspectuel central dont sont dérivées les autres valeurs aspectuelles proto-amazighes. Des affixes aspectuels *il (état qui dure), *ad (proximité dans le temps) et *ek (état passé), cf. idem) se combinent avec le prédicat d’existence et en modifient la valeur initiale, le statif, ce qui produit un ensemble d’oppositions aspectuelles indiquant les valeurs attribuées à l’état exprimé par l’énoncé.

5 Les attestations isolées de ces éléments ainsi que leurs formes combinées ont été réorganisées (réduites, contractées, lexicalisées etc.) comme l’ensemble du proto-système amazigh, si bien qu’il n’en reste actuellement que des débris figés, intégrés et soudés aux autres unités, qui sont conservés dans les préfixes verbaux du berbère moderne, mais également dans d’autres éléments dont les adverbes, les particules de négation. Ce sont essentiellement ces vestiges, mais également les différences qui caractérisent les systèmes aspectuels des variétés et/ou parlers modernes de cette langue qui nous ont permis de reconstruire les formes anciennes de ces affixes et de déterminer leur évolution (cf. Allati, 2002, § III).

6 Ces affixes aspectuels se combinent avec le prédicat d’existence et entre eux pour former les oppositions du système aspectuel proto-amazigh. Ils ne se situent cependant pas sur le même plan. Alors que *il se combine avec le prédicat d’existence et toutes ses variantes, *ek y est employé avec *ad :

*ek (état passé) + *ad (proximité temporelle)*ad (proximité temporelle)
état accompliétat à venir
Description de l'image par IA :

7 Le système proto-amazigh se présente comme suit :

8 2.1. *il + *ad + *ek + *ak + PE...

9 Statif accompli duratif (SAD)

10 3.1. *il + *ad + *ak + PE...

11 Statif à venir duratif (SVD)

12 2. < *ad + *ek + * ak + PE...

13 Statif accompli (SA)

14 3. *ad + *ak + PE...

15 Statif à venir (SV)

16 1. *il + *ak + PE / *ak + PE + *il
Statif duratif (SD)

17 * ak + PE / PE+ *ak Statif (S)

III. La réorganisation du proto-système aspectuel amazigh

18 3.1. La forme moderne de la langue tamazight est le résultat d’une longue évolution. Le type de changements qui a affecté le système proto-amazigh, les recompositions qu’il a subies, la forme suivant laquelle celles-ci se sont produites présentent les traces les plus probantes des causes qui les ont engendrés. Une usure morphologique due à des changements phonético-phonologiques a dysfonctionné le système syntaxique qui s’était réorganisé en se dotant d’un type de morphologie que requière le fonctionnement du nouveau système (cf. Allati, idem).

19 Le processus de la réorganisation a focalisé le noyau désorganisé de l’ancienne structure (PE) et les relations qui la fondent, desquels vont être formés et les éléments du système qui lui a succédé et le type de relations qui les y relient. Détaché de ses déterminants, le prédicat d’existence et les relations qu’il tisse autour de lui constituent le noyau à partir duquel se sont constitués les outils de la nouvelle structure syntaxique et leur type d’agencement. Les relations organisées autour du prédicat d’existence étant en grande partie dysfonctionnées, un autre type d’agencement basé sur l’ordre de la concaténation des éléments leur a succédé, ce dont témoignent, entre autres, les deux types de structures syntaxiques différentes attestées dans la tamazight moderne (cf. idem § III et IV).

20 Les changements phonético-phonologiques ont isolé le prédicat d’existence des éléments qui le complètent, provoquant ainsi son dysfonctionnement et sa réorganisation. Engendré par ce changement, le verbe, catégorie morphologique et syntaxique, a incorporé progressivement les relations que le prédicat d’existence a perdues, et qui ont été redistribuées différemment, formant ainsi les éléments du système verbal du berbère pré- et moderne (les thèmes verbaux, le système aspectuel moderne, l’opposition de personne, cf. Allati, 2002).

21 Ces changements ont amené le système à adopter un type morphologique qui se base sur l’intégration, dans le prédicat verbal, des éléments qui étaient auparavant agglutinés au prédicat d’existence ou à ses déterminants (prédication, genre, nombre, aspect...). La formation du verbe (et donc du système verbal) et des autres catégories grammaticales de la tamazight moderne ainsi que leurs modalités se situe dans le processus évolutif du système dans sa totalité qui consiste à remplacer une morphologie basée, d’un côté, sur la composition et le réduplication (formation du lexique) et, de l’autre, sur l’agglutination (type d’adjonction des affixes aux bases lexicale), à une autre qui se fonde sur les flexions ou plus précisément les flexions internes (alternance vocalique, tension de consonnes radicales...). On est passé progressivement d’un système proto-amazigh caractérisé par une morphologie agglutinante et une structure syntaxique ergative à une morphologie flexionnelle (l’agglutination des affixes y est secondaire) et une syntaxe accusative (avec des résidus de l’ergativité ancienne) de la tamazight moderne. On voit que la morphologie flexionnelle (flexions internes) – que certains postulent proto-afro-asiatique – est apparue à un des stades de l’évolution de cette langue.

22 3.2. La recomposition du prédicat d’existence, le noyau de l’énoncé proto-amazigh et l’assise formelle de l’axe central du système aspectuel proto-amazigh, a généré celle de sa valeur aspectuelle (le statif) et de ses différentes variantes. Le système aspectuel basé sur un axe unique dont dérivent ses variantes (cf. ci-dessus) est recomposé, comme on l’a expliqué (cf. Allati, 2002, § IV), en un autre formé par deux pôles différents autour desquels sont réorganisées et redistribuées les autres variantes du statif. La réorganisation a porté essentiellement sur les oppositions du système en fonction desquelles sont restructurés et définis ses éléments. La statif et sa variante, le statif duratif, qui se distinguent par la durée ont été recomposés en deux pôles autour desquels ont été réorganisés et redistribués les autres éléments du système aspectuel proto-amazigh.

23 La durée qui traverse tout le système proto-amazigh (elle se combine avec le statif et ses autres variantes) et la proximité temporelle se sont transformées en un élément indépendant (le processif) qui s’oppose au statif. On est passé d’un système basée sur une valeur centrale (le statif) et ses variantes à un autre formé de deux pôles opposées (statif ∼ processif) autour desquels sont groupées leurs variantes. Ces pôles dont les valeurs et celles des éléments qu’ils regroupent découlent des relations qu’ils entretiennent constituent ainsi le cadre de la réorganisation du système aspectuel proto-amazigh et le centre de structuration de sa forme pré-moderne.

24 Le statif et ses variantes ont été restructurés et redistribués sur deux pôles opposés : le statif ∼ processif. Le statif I (état, situation...) et ses variantes 2 (état accompli) et 2.1 (état accompli duratif) ont été recomposés en éléments du statif du système pré-moderne. Les trois autres variantes du statif : 1 (l’état qui dure), 3 (l’état à venir) et 3.1 (l’état à venir duratif) sont désormais groupés sous le processif. On a d’un côté le statif et ses variantes accomplies et, de l’autre, ce qui, par rapport au locuteur, dure ou arrivera dans l’avenir. Il s’agit d’une refonte totale du système proto-amazigh dont les éléments ont été reconduits dans le nouveau système avec des fonctions différentes. Un système formé de deux pôles opposés a pris la place d’un autre qui est antérieur composé d’un axe central et unique (le statif) et ses variantes.

25 En akkadien, la situation du statif qui paraît « en quelque sorte intermédiaire entre le nom et le verbe » (D. Cohen, 1984 : 267, n. 48), recèle l’état du système aspectuel dans cette langue, celui de l’opposition verbo-nominale qui n’y était pas encore bien établie et, en général, les traces du stade antérieur de cette langue, la façon suivant laquelle celui-ci a été réorganisé, la phase où il en était... Bien des éléments montrent en effet que le statif y est antérieur au processif qui ne concerne que le verbe bien distingué du nom (cf. idem). Si le prédicat verbal et le processif y sont liés, c’est qu’ils y sont apparus en même temps, en relation l’un avec l’autre (cf. Allati, 2002, § III).

26 Le système aspectuel proto-amazigh a été recomposé comme suit :

27 Système aspectuel proto-amazigh → Système verbal pré-moderne

I. Statif
*ak+PE/*ak+PE... (S)
2. *ad+*ek+*ak+PE... (SA)
2.1 *ad+*ek+*il+*ak+PE... (SAD)
I.a. verbe (V)
I.b. *ad+*ek+V
I.c. *ad+*ek+*il (et var.) +V
II. Processif
1. *il +*ak+PE... (SD)
3. *ad +*ak+PE... (SV)
3.1 *il +*ad+*ak+PE... (SVD)
II. a. *il +V
II. b. *ad+V
II. c. *il +*ad+V
Description de l'image par IA : Une femme marche dans une rue de Paris, des bâtiments anciens en arrière-plan.

28 Le système aspectuel se présente comme suit :

*ad +*ek + *il + V ∼
*il + *ad + V
*ad + *ek + V ∼
*ad + V
V∼*il + V
I StatifII Processif
Description de l'image par IA : Une femme lit un livre dans un parc, entourée d'arbres et de fleurs.

29 Le verbe est, à ce stade, identique dans les deux pôles où il a la forme proche de celle du prédicat d’existence (base lexicale et affixe de prédication) auquel il a succédé. L’aoriste qui est invariable dans le tachelhit et qui ne subit que de rares et faibles modifications internes dans d’autres variétés (cf. Aspinion, 1953 : 119 ; Chaker, 1984 : 161-178, entre autres), conserve une forme très proche de celle que présente le verbe dans ce stade. Les oppositions aspectuelles se basent sur les affixes préverbaux qui sont des formes recomposées des affixes aspectuels (*il, *ad, *ek et leurs formes combinées) qui assuraient les oppositions dans le système proto-amazigh. Les relations qu’ils entretiennent ont changé et ipso facto leurs valeurs. Si l’on en juge par l’évolution qui a affecté ce système, les relations entre les attestations préverbales de ces affixes (qui sont des unités lexicales comme toutes les autres dans le proto-amazigh, cf. idem) et leurs emplois ailleurs ont commencé à se relâcher (cf. l’évolution de ces affixes dans Allati, idem) ; tout laisse à croire que les liens qui existaient entre ces éléments commencent à ne plus être perçu comme auparavant ou, du moins, ont commencé à changer. De même, les formes combinées (*il + *ad, *ad + *ek, ...) ne sont plus perçu comme telles et commencent à se figer si elles ne le sont pas déjà dans certaines variétés.

30 Vu de l’intérieur du système verbal, le premier élément du statif (verbe) ne pose aucun problème de distinction, puisque toutes les autres formes sont combinées avec des préverbes. Il n’en est pas de même quand on le place dans tout le système. Cet élément est une des formes recomposées du prédicat d’existence dont proviennent les catégories grammaticales (nom, verbe..., cf. Allati, idem). La formation des modalités de ces catégories est requise pour leur différenciation et, en général, pour le fonctionnement du système. La marque de la prédication (*ak) qui était obligatoirement affixée au prédicat d’existence est intégrée dans le verbe, et ce en relation essentiellement avec l’établissement des oppositions de personne, de rection... (cf. Allati, idem, 192- 210), alors que les autres affixes aspectuels ont été réutilisés dans le nouveau système. On voit ainsi que cette réorganisation a adopté une stratégie qui consiste à forger les instruments pour établir les nouvelles oppositions et à réutiliser le plus longtemps que c’est nécessaire – et autant que faire se peut – ceux qui assuraient celles qui sont recomposées. Pour ne pas s’écrouler d’un seul coup, le système a choisi en fonction des changements qui l’affecte, des points d’appui (où la recomposition ne concerne que les fonctions, par exemple) pour pouvoir former les nouveaux outils requis pour la formation et le fonctionnement du paradigme verbal. Le processus évolutif à l’œuvre du système (dont l’analogie...) tendrait par la suite à généraliser les traits dominants de sa nouvelle forme et relègue les éléments conservés du stade antérieur au statut d irrégularités qu’il s’efforcera d’adapter progressivement. Les systèmes verbaux des variétés du tamazight moderne sont, comme on l’a démontré (cf. idem.), à des stades différents dans l’intégration des marques aspectuelles (les préverbes) dans le verbe. Le touareg et certains parlers « orientaux » sont les plus avancés dans cette évolution, ce dont témoigne, outre l’emploi réduit (par rapport à tachelhit, par exemple) des préverbes, l’usage du prétérit intensif qui résulte de l’intégration, dans le verbe, de la marque de l’accompli duratif : *ad +*ek + *il, que les autres variétés n’ont pas réussi à faire (cf. Allati, idem).

31 Nous sommes encore au stade où les flexions qui marquent les oppositions aspectuelles ne sont pas encore introduites dans le paradigme verbal et où celles-ci se basent encore sur les préverbes (*il, *ad, *ek et leurs formes combinées). Les variétés du berbère moderne qui font usage des formes verbales à préverbes : ad + aoriste, rad + aoriste, ar/la... + aoriste intensif, ad + aoriste intensif, tuγ/tuγa + prétérit, lla/ illa + prétérit... en sont les plus proches (les variétés du Maroc, du Mzab...) et donc les plus conservatrices des variétés modernes de cette langue.

32 Présentant une forme irrégulière par rapport au système verbal considéré de référence (sémitique et/ou afro-asiatique), le tachelhit, la variété berbère du sud du Maroc, et quelques autres variétés ont été laissées à part dans la reconstruction du système verbal que Chaker a proposée (cf. Chaker, 1995, 60). Ces variétés qui présentent des différences (nombre des distinctions, types d’oppositions...) par rapport au proto-système verbal proto-amazigh postulé : prétérit ∼ aoriste – établi sur la base du système aspectuel protosémitique : l’accompli ∼ inaccompli qui est postulé proto-afro-asiatique (statif-processif) – auraient subi, selon ce chercheur, une recomposition profonde et sont les plus évoluées des variétés de cette langue : « (...) dans les parlers particuliers (surtout au Maroc, mais aussi au Mzab et même dans certains parlers kabyles), la réorganisation du système est en fait beaucoup plus profonde avec multiplication d’auxiliaires verbaux, plus ou moins figés, à valeur le plus souvent temporelle lla ‘‘passé’’, tuγ ‘‘passé’’ ; ddad ‘‘futur immédiat’’, rad ‘‘futur’’... Dans bien des dialectes, au ‘‘centre’’ aspectuel primitif, s’est donc adjointe toute une ‘‘périphérie’’ temporelle par le biais de ces auxiliaires dont la grammaticalisation est souvent très avancée » (Chaker, 1995 : 62). Les variétés où apparaissent ces ‘‘auxiliaires’’ auraient été ainsi profondément réorganisées et cela expliquerait leurs formes actuelles et justifierait les différences qui les distinguent de la forme dont elles auraient évolué (prétérit∼aoriste). Or ce sont elles qui conservent, comme on l’a vu, plus d’éléments du système aspectuel pré-moderne et, par là, proto-amazigh. La conservation, dans le tachelhit, de l’aoriste (invariable) est en relation très liée avec celle des préverbes que la tradition berbériste (Basset et les autres après lui, Galand, Chaker...) considère comme des formes nouvelles que certaines variétés ont introduit dans le système verbal. Celles-ci se seraient ainsi éloignées, à la suite des changements spécifiques et locaux, du modèle verbal sémitique (statif ∼ processif) – supposé proto-afro-asiatique – qui, lui, ne contient pas de préverbes (cf. Allati, idem). S’étant basé sur : « l’état connu par le sémitique est aussi l’état chamito-sémitique » (M. Cohen, 1947 : 59) les études diachroniques amazighes ont placé l’évolution de cette langue sur un axe évolutif qui va des traits structurels dominants dans l’état le plus ancien connu du sémitique aux variétés tamazights modernes (cf. Allati, idem). Quel égarement et que de régressions accumulées, et en perspective ! (à suivre)

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Date de mise en ligne : 19/07/2022

https://doi.org/10.3917/edb.024.0193