Une version de la geste du Tazerwalt recueillie en 1945
Pages 161 à 181
Citer cet article
- BOUNFOUR, Abdellah,
- Bounfour, Abdellah.
- Bounfour, A.
https://doi.org/10.3917/edb.012.0161
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Notes
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[1]
L’original se trouve dans le fonds Roux (LAPMO, Aix-en-Provence) dont une copie a été envoyée à Vincent Monteil par Salem Chaker. Elle a été communiquée pour publication à Ouahmi Ould-Braham. C’est elle qui a servi de base à ce travail.
-
[2]
Voir V. Monteil, « Choses du Bani », Hesperis, Vol. 1944. La biographie la plus abondante à notre connaissance se trouve dans al-Sûsî, al-Maߵsûl, Vol. 16, p. 261.
-
[3]
Ma’sûl (al-), Vol. I, p. 150 e t suiv. Repris par K. Brown, Op. cit., p. 344.
-
[4]
Op. cit., p. 343. J’ai gardé la transcription des noms propres telle qu’elle est dans le texte de l’auteur. Je signale au lecteur que je ne l’adopte pas car elle s’apparente plus à l’arabe qu’à l’usage chleuh qui est le suivant : Lḥusayn pour 1-Ḥusayn, Hashem pour 1-Hashim et Ḥmad u Musa pour Ḥmed u Musa.
-
[5]
K. Brown, Op. cit., p. 344.
-
[6]
Op. cit., p. 345.
-
[7]
Un autre cas semblable se trouve dans le vers 11.
-
[8]
Cet aspect mérite, à lui seul, une analyse dont l’intérêt n’échappe pas quand on connaît le travail de M. Morsy sur un exemple très proche, voir Les Ahansala. Examen du rôle historique d’une famille maraboutique de l’Atlas marocain, Paris, La Haye, Mouton, 1972.
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[9]
Je termine un ouvrage plus complet sur la métrique berbère qui paraîtra, je l’espère, en 1995 ou 1996.
-
[10]
H. Zafrani et P. Galand, La Haggada de Pessaḥ, Geuthner, Paris, 1968.
-
[11]
Fonds Roux au LAPEMO, Université d’Aix-en-Provence. J’ai publié quelques textes aux Éditions du CNRS en 1990 sous le titre Poésie populaire berbère du Maroc.
-
[12]
C’est le lieu ici de rendre un grand hommage au travail et à la sensibilité méticuleux de A. Roux qui sont reconnus mais qu’on voit se déployer dans ses papiers que le chercheur risque de considérer comme anodins.
-
[13]
Ces principes ont été explicités depuis par A. Miquel dans L’Evénement, Odile Jacob, Paris, 1993.
-
[14]
Sûsî (al-) al-Mukhtâr, al-Ma’sûl, vol. I, Casablanca, 1963.
Brown (K.), « Violence and Justice in the Sûs : A Nineteenth Century Berter (Tachelhit) Poem », dans Actes du Premier Congrès d’Etudes des Cultures Méditerranéennes d’Influence Arabo-Berbère, SNED, Alger, 1973, p. 341-357.
Pascon (P.), La maison d’Iligh et l’histoire sociale du Tazerwalt, Rabat, S.M.E.R., 1984. -
[15]
Forme curieuse du verte xellu.
-
[16]
Le terme « tadzayrit » (algérianité ?) est incompréhensible dans ce contexte. La version de K. Brown donne ceci au vers 26 : « a tadza yat tinibt = O Tadza, one donation».
Introduction
1 Le poème que je présente au lecteur m’a été remis par le responsable de la publication. Il a été recueilli par Vincent Monteil à Aqa (Maroc) le 19-20/09/ 1945 comme le mentionne la photocopie faite sur le manuscrit dont je dispose [1].
2 Comme on m’a demandé une présentation légère, je me contenterai de quelques remarques dans cette introduction.
Le manuscrit
1. La présentation matérielle
3 Il est constitué de 12 feuillets de format 21.29,7. Sur le premier, on lit en encadré un titre (La geste du Tazeroualt et des Oulad Jerrar) suivi, hors du cadre, de l’indication du lieu et de la date de la collecte (Aqa, 19-20/9/1945). En bas et à gauche, il est écrit « V. Monteil » dans un cercle irrégulier tracé manuellement.
4 Le poème commence vraiment au feuillet 2 avec le titre en berbère encadré lui aussi. Tous les autres feuillets ne contiennent que des vers en nombre varié. Le dernier reprend l’indication du lieu et de la date de la collecte.
5 Le poème de 132 vers se présente divisé de deux façons différentes sans que l’on sache les raisons de ces divisions.
6 La première scande le poème en 12 fragments numérotés de un à douze en chiffres romains (I-XII) précédé d’un prélude et la seconde scande ces fragments en d’autres plus petits dont les frontières sont signalées par une ligne horizontale tracée à la règle. Voici alors comment se présente la structure matérielle du poème :
7 – Un prélude de 10 vers = 4 petits fragments (désormais p.f.) de 2, 3, 3 et 2 vers.
| – I | = | 18 vers | = 5 p.f. de 4, 4, 3, 3 et 4 vers. |
| – II | = | 12 vers | = 3 p.f. de 3, 2 et 7 vers. |
| – III | = | 9 vers | = 3 p.f. de 3, 3 et 3 vers. |
| – IV | = | 5 vers | = 2 p.f. de 3 et 2 vers. |
| – V | = | 16 vers | = 5 p.f. de 2, 2, 3, 4 et de 5 vers. |
| – VI | = | 4 vers | = 1 p.f. de 4 vers. |
| – VII | = | 7 vers | = 2 p.f. de 4 et 3 vers. |
| – VIII | = | 8 vers | = 3 p.f. de 2, 3 et 3 vers. |
| – IX | = | 13 vers | = 4 p.f. de 5, 2, 2 et 4 vers. |
| – X | = | 13 vers | = 2 p.f. de 5 et 8 vers. |
| – XI | = | 8 vers | = 2 p.f. de 5 et 3 vers. |
| – XII | = | 9 vers | = 3 p.f. de 4, 3 et 2 vers. |
2. La transcription
8 Ne disposant pas d’enregistrement, il m’a semblé plus honnête et plus raisonnable de s’en tenir à la transcription du collecteur. Toutefois, quelques remarques s’imposent :
9 Je ne retiendrai pas certaines notations sur lesquelles les spécialistes sont unanimes aujourd’hui :
- La longueur vocalique n’est pas phonologique mais stylistique. Ainsi « â », dans le vocatif «a» et dans des lexèmes comme «yan» sera remplacé par un simple « a ».
- L’emphase non phonologique ne sera pas notée. Ainsi « tisura », avec un « r » emphatique perdra cette emphase.
- L’accent ne sera pas retenu pour la simple raison que sa notation n’est pas systématique. Ainsi ne savons-nous pas s’il s’agit d’un accent linguistique ou métrique ou expressif. L’exemple suivant combine la longueur, l’emphase et l’accentuation sur le second «a» du dernier mot: « ix-a-tn-ukan-akkan » (V. 31). Ce sera un «a» simple qui sera noté.
- En revanche, je ne changerai rien, sauf mention motivée, dans le découpage monématique même si nous en savons un peu plus qu’au temps où V. Monteil a recueilli le texte.
11 Les changements de transcription que j’opère concernent :
- la forme des graphèmes utilisés : le « g » sus-pointé sera remplacé par le gamma grec et le « w » de la vélarisation par « o ».
- Certains sons que E. Laoust et d’autres assimilent à une diphtongaison. Ainsi « Zaid » (V. 3) sera réécrit « Zayd » et « ittaughlab » (V. 81) deviendra « ittawghlab ».
- La ponctuation sera remaniée dans certains cas et j’exposerai en note les raisons.
Texte et contexte
1. Le contexte
13 J’ai signalé plus haut que K. Brown a publié une version de ce poème qu’il a recueilli dans la tribu « Ait Harbil dans le village de Tuzunin situé au pied du sud de Jebel Bani, à 18 milomètres de Aqqa. » en mai 1970 soit 25 ans après la version que je présente. On remarquera que les deux viennent de la même région et du même lignage. En effet, K. Brown précise que l’exécutant du poème s’appelle Muḥammad b. Jama- b. Ḥummad b. Ighil dont le père et le grand-père ont pratiqué la poésie et signale que V. Monteil «interviewed» le père en 1945. Je suppose que c’est lors de cette rencontre que fut recueillie cette version [2] laquelle est transmise, semble-t-il, de père en fils sur au moins trois générations. C’est probablement ce qui a justifié aux yeux de V. Monteil le titre du premier feuillet, particulièrement le syntagme « La geste ».
14 Les protagonistes de la guerre racontée par le poème sont :
- Le seigneur (amghar, vers 12) de la tribu Oulad Jerrar vivant aux alentours de Tiznit et dont la localité la plus importante est Tal’int (vers 41 ). Son nom est Muhammad b. Burḥim. Il semble avoir accédé à ce rang en 1830 [3].
- Le saint de Tazerwalt est un descendant du grand patron du Sus Sidi Ḥmad u Musa (m. 1563). Son nom est Lḥusayn b. Hashem dont le poème ne donne que le dimunitif, Lḥus (vers 19).
16 Quand fut composé ce poème ? Sans pouvoir répondre à cette question épineuse en régime de tradition orale, fut-il informé par l’écrit comme l’est le Sus marocain, je me contente de rapporter la thèse de K. Brown :
« Apparemment le grand-père de Ben Ighil a composé ce poème […] après 1874. Indubitablement, il l’a récité pour la première fois lors d’une visite de Sidi 1-Ḥusayn u 1-Hashim, le patron de Tazerwalt, peut-être au moment d’un pèlerinage qui a lieu trois fois par an à la tombe de l’ancêtre de 1-Ḥusayn, Sidi Ḥmed u Musa. » [4]
18 Quoi qu’il en soit le poème s’inspire d’un fait historique, la guerre entre Oulad Jerrar et le Tazerwalt, et adressé à la gloire du vainqueur dans cette guerre. Mais quelle est la cause de cette guerre ?
19 Voici ce qu’en dit K. Brown qui s’appuie sur al-Mukhtâr al-Sûsî et sur le témoignage qu’il a recueilli lui-même sur place lors de son enregistrement :
- Les deux chefs luttent pour le contôle de la dîme ( ’ushur en arabe classique, le ’shur en dialecte marocain et en berbère) versée par les paysans de la région. La cause semble donc d’ordre économique. Notre poème y fait allusion (vers 1518). C’est le patron des Oulad Jerrar qui perçoit cet impôt religieusement légal. Toutefois le poète fait allusion à l’abus de pouvoir des percepteurs et de leur maître (vers 16-17) pour les condamner sans les nommer (vers 18) en faisant d’eux des révoltés contre Dieu qui recevront le châtiment adéquat (yan i’asan irjem-t-inn).
- Parallèlement à ce problème économique, il y un contentieux entre les deux hommes : Muḥammad b. Brahim a, semble-t-il, a été l’instigateur de la mort de ’Ali, frère aîné de Lḥusayn et maître du Tazerwalt de 1824 à 1842 [5]. C’est cet épisode qui a attiré l’attention de P. Pascon. Cette guerre serait donc une sorte de revanche pour le saint, le paiement du prix du sang. Notre version n’en dit rien sauf si l’on veut interpréter dans ce sens l’allusion du vers 13.
- Un descendant de Lḥusayn donne une autre interprétation à K. Brown : le saint a emprisonné Muḥammad b. Brahim pour en tirer une rançon qui couvrirait ses dûs et ceux de ses contribules [6]. Ayant payé, il est mort de mort naturelle. Notre version semble ne pas vouloir prendre parti sur cette mort : le récitant dit qu’il n’en sait rien (vers 128). En dehors de son métier de poète c’est l’une des rares fois où il témoigne directement sur les faits racontés [7] (ur-sul-ensin, selon la transcription de V. Monteil).
21 Ainsi la version que nous présentons réfère-t-elle de manière explicite à la première cause fait allusion à la seconde et reste prudente sur un aspect important de la troisième tout en s’inspirant d’un fait historique, le poème le traite à sa manière en gommant un certain nombre de motifs gênants comme le fait tout mythe fondateur ou tout rêve selon l’analyse freudienne [8].
3. La thématique
22 Regardons maintenant comment le poète présente les faits :
- Vers 1-10 : une sorte de prélude où le poète s’encourage (V. 1-3) à dire des paroles vraies (V. 4-5), invoque son saint inspirateur (V. 6-8) et Dieu en annonçant le thème moral, l’orgueil, qui va servir de fil conducteur et de cause « réelle » au conflit (V. 9-10).
- Vers 11-40: le conflit se noue. Les vers 11-18 présentent Muḥammad b. Brahim dans sa puissance qui le pousse jusqu’à humilier le camp du saint (V. 13-14); les vers 19-28 évoquent la préparation du clan de Tazerwalt à la riposte, les vers 29-40, enfin, relatent le rôle de la puissance financière du saint pour s’adjoindre des partisans ou de dissuader ceux qui sont tentés de porter secours à son ennemi.
- Vers 41-49: quelques agissements du chef des Oulad Jerrar et leur commentaire moral en termes de trahison, d’injustice et de punition inéluctable.
- Vers 50-74 : première négociation à distance entre les deux protagonistes sur l’instigation de Muḥammad qui demande le pardon. Le saint refuse et les escaramouches continuent jusqu’à la défaite du premier dont on exige le départ en exil.
- Vers 75-98 : seconde négociation sur les conditions du départ puis la fuite de Muḥammad après avoir tout détruit derrière lui.
- Vers 99-115: le saint ordonne qu’on ne tue pas Muḥammad mais de détruire ses forteresses.
- Vers 116-123 : sorte d’épilogue moral sur l’inconstance du temps, l’orgueil et les mirages séducteurs de la vie dont Muḥammad fut la victime.
- Vers 124-132 : Conclusion. L’emprisonnement de Muḥammad est évoqué au vers 126, sa mort éventuelle au vers 128. Dans les deux derniers vers, le poète demande grâce à Dieu et son pardon dans le cas où il aurait dit un mot de trop.
24 Ce relevé des thèmes au fil du texte montre une chose : il ne correspond pas aux divisions de V. Monteil signalées plus haut.
La forme
25 Il ne s’agit pas ici de traiter de l’ensemble des problèmes formels du poème et, par conséquent, de la poésie chleuh. Cela viendra en son temps. Je voudrai soulever un seul problème dont la solution conditionne le progrès de la connaissance de cette poésie. Il s’agit de savoir ce qu’est un vers en poésie chleuh et en berbère en général. Dans le cadre de cette présentation, je me contenterai de montrer la direction que peut prendre la recherche [9].
26 Partons de la comparaison entre la version de K. Brown et celle-ci. Voici un exemple :
- Brown :
ar tn tthbun immagh
ad ixlu y aεdawns (V. 37-38, p. 347) - Monteil :
ar-tn-tehbon ; immagh, ad-ikhlo aεdau-ns (V. 20)
28 Laissons de côté les différences de transcription et concentrons-nous sur cette question : s’agit-il d’un vers (Monteil) ou de deux vers (Brown)?
29 Mon attention a été attiré depuis longtemps sur ce problème, particulièrement lorsque j’ai lu La Haggada de Pessaḥ [10] où le même problème est posé. Apparemment, les auteurs se sont contentés de transcrire l’écrit de leur informateur qui ne tenait pas compte, en tant qu’écrit, de l’identité du vers.
30 Un exemple d’écrit disponible et public [11] vient justement prouver que le vers écrit est rétabli dans son intégrité dès lors que le collecteur est sensible à ce problème. En effet, l’informateur recueille le poème auprès du poète en écrivant, en lettre arabes, sous la dictée de ce dernier. Nous disposons des documents attestant de cette première version dans le fonds Roux [12]. Ils ressemblent beaucoup aux transcriptions de K. Brown et de Zafrani-Galand. La différence entre les deux résident en ceci: ces derniers considèrent leurs lignes comme des vers alors que Roux va plus loin. Il demande à son informateur, fin connaisseur de la poésie chleuh, de recopier au propre cette transcription et de restituer un vers par ligne. Là encore, nous disposons des manuscrits attestant cette étape de la collecte. La comparaison entre les deux étapes est éclairante.
31 Cet argument scripturaire me suffit, pour le moment, à préférer la transcription des vers de V. Monteil à celle de K. Brown. Elle respecte, comme celle de A. Roux, l’intégrité du vers chleuh. Il est vrai qu’on peut prendre cela pour une simple affirmation tant que je n’ai pas défini cette intégrité. Il me semble que le sentiment poétique de l’informateur de Roux suffit comme l’est le sentiment linguistique du locuteur natif dans toute description linguistique. Mon analyse du vers chleuh en particulier et berbère en général viendra en son temps (voir note 11).
32 Ceci étant dit, il reste que la version de Monteil présente des problèmes parfois insolubles. Je me contente de citer quelques vers problématiques: 51, 58, 109. L’argument du sentiment linguistique ne suffira pas à retrouver l’intégrité de ces vers.
Traduction et annotations
33 1. Fidèle aux principes que j’ai mis en œuvre dans la traduction du corpus recueilli par A. Roux [13], même si ce texte devra être repris car émaillé d’erreurs indépendantes de ma volonté, j’ai tenté de rendre le texte en français lisible sans trop m’éloigner de l’expression berbère. Pour ce faire, j’ai utilisé un certain nombre de publications relatives à l’épisode relaté par le texte [14], les dictionnaires et les lexiques disponibles ainsi que ma propre connaissance de la langue.
34 Pour illustrer ce point, je prendrai deux exemples. Le premier est relatif au lexique : dans le vers 18, on rencontre le mot « tadzayrit » dont on ne voit pas la signification ici ; la version de K. Brown nous en donne la clé (V. 26-27). Le second exemple concerne l’identification des protagonistes: les études de M. Al-Sûsî et de P. Pascon nous permettent d’identifier les deux principaux personnages dont on n’a que les qualifications dans ce texte ; l’un est référé à sa tribu (Ayt Jerrar) et l’autre à sa nisba (généalogie) et à sa fonction socio-religieuse (la sainteté).
35 2. je me suis contenté d’un minimum de notes vu l’impossibilité d’avoir des explications de V. Monteil dont la santé ne permet pas de soumettre à de longues séances de travail. Je livre donc ce document au lecteur en espérant qu’un jour il sera annoté avec plus de soin.
Transcription
36 Aqa, 19-20/91945
37 V. Monteil
Illix emmaγen