S'abonner
Compte rendu

RAY. I. PAGE. — An Introduction to English Runes. (Woodbridge: Boydell P, 1999, xv + 249 pp., £ 30.00., $ 52.00.)

Page IV

Citer cet article


  • Carruthers, L.
(2001). RAY. I. PAGE. — An Introduction to English Runes. (Woodbridge: Boydell P, 1999, xv + 249 pp., £ 30.00., $ 52.00.) Études anglaises, Tome 54(3), IV-IV. https://doi.org/10.3917/etan.543.0317d.

  • Carruthers, Leo.
« RAY. I. PAGE. — An Introduction to English Runes. (Woodbridge: Boydell P, 1999, xv + 249 pp., £ 30.00., $ 52.00.) ». Études anglaises, 2001/3 Tome 54, 2001. p.IV-IV. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-etudes-anglaises-2001-3-page-IV?lang=fr.

  • CARRUTHERS, Leo,
2001. RAY. I. PAGE. — An Introduction to English Runes. (Woodbridge: Boydell P, 1999, xv + 249 pp., £ 30.00., $ 52.00.) Études anglaises, 2001/3 Tome 54, p.IV-IV. DOI : 10.3917/etan.543.0317d. URL : https://shs.cairn.info/revue-etudes-anglaises-2001-3-page-IV?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/etan.543.0317d


1 Science et sagesse sont les mots clés qui caractérisent le livre de Ray Page. Science, car l’auteur, spécialiste hors pair des runes anglo-saxonnes, est également reconnu, par ses collègues scandinaves, comme une autorité dans le domaine des runes germaniques, présentes dans les Îles Britanniques depuis l’époque viking. Sagesse, ensuite, car toute son écriture, empreinte d’une délicieuse ironie, est marquée par l’humilité devant l’inconnu. En effet, en matière de runes, de nombreux problèmes restent à élucider, difficultés trop souvent balayées par des thèses fantaisistes ou des arguments peu fiables. Qu’il s’agisse de l’origine de ce mystérieux alphabet, de son utilisation sur le continent, de son aspect magique, de sa curieuse absence de certains territoires, de son développement en Angleterre (augmentation du nombre de caractères), des formes bizarres et inattendues (parfois méconnaissables) de certains symboles, de l’utilité de certains objets gravés, de l’interprétation de certaines inscriptions qui défient toute tentative de lecture, Ray Page n’hésite pas à mettre le doigt sur des lacunes de taille, ni à avouer, à l’occasion, sa propre ignorance. Si sa prudence est admirable, sa franchise est totalement désarmante : l’on est facilement persuadé, par la force et la limpidité des arguments, que si Page ne connaît pas la réponse, personne ne peut la découvrir. En tout cas, pas pour l’instant ; car l’auteur souligne l’enthousiasme des jeunes chercheurs, les apports de chaque génération, ainsi que les récentes découvertes (de nombreuses inscriptions sont mises à jour tous les ans), permettant ainsi un renouvellement constant des théories. Mais Ray Page ressemble à Hercule Poirot : une théorie, pour être valable, doit tout expliquer, tenir compte de tous les indices en présence, sans exception. C’est pour cette raison que l’auteur plaide pour une collaboration étroite entre anglicistes et germanistes, linguistes et historiens, archéologues et numismates, qui apportent, tous, leur lumière runique, sans oublier les artisans et les techniciens qui peuvent nous renseigner sur la manière dont les anciens ont gravé outils et objets d’art. La première édition de ce livre datait de 1973 ; entre-temps, la quantité de trouvailles, les progrès constants de la science, la bibliographie toujours croissante, avaient rendu indispensable la préparation d’une seconde édition entièrement revue et augmentée. C’est maintenant chose faite, et de façon magistrale ; il est sûr que cette nouvelle Introduction de Ray Page, embellie de 77 dessins et photographies en noir et blanc, va garder une place de choix dans les rayons tant des runologues que des anglo-saxonisants. — Leo Carruthers (Université de Paris IV).


Date de mise en ligne : 12/12/2025

https://doi.org/10.3917/etan.543.0317d