Pauline Nadrigny Sonder le monde Arts sonores, réalisme, environnement. Éditions MF, « Répercussions », 2025, 494 pages, 22 €.
- Par Étienne Bureau
Page 125
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- BUREAU, Étienne,
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- Bureau, É.
https://doi.org/10.3917/etu.4335.0126
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■ On ne plonge jamais dans un livre sans en traverser les paliers. Pourtant, la lecture offre aussi la liberté d’émettre des coups de sonde, c’est-à-dire de stationner dans un chapitre sans avoir cheminé sur l’ensemble du parcours. Telle est la grâce du livre de Pauline Nadrigny où l’on peut à la fois suivre l’enchaînement progressif de la démonstration, mais aussi s’arrêter dans une zone pour l’explorer. Sans prétendre ici à l’énumération exhaustive des thématiques abordées par un très riche ouvrage, celui qui, par exemple, s’intéresse à la réalité de l’objet sonore, à la fois réel mais évanescent, autonome mais indiciel, prêtera une attention toute particulière aux cent premières pages ; un autre à la pratique de l’enregistrement dans l’audio-naturalisme lira plus spécifiquement les parties centrales ; un autre encore à l’analyse du thème de l’eau en musique, partitions à l’appui, se rapportera plutôt à la dernière partie. Mais, au-delà des problématiques apparentées au sonore, la lecture de ce livre est avant tout une expérience esthétique qui emprunte certains codes au Nature writing. L’autrice témoigne souvent en son nom propre d’une expérience acoustique avant d’en proposer une élaboration théorique. Juste milieu entre la vaine rêverie sans fondement objectif et l’aride essai sans sujet affectif, le livre propose ainsi d’enrayer le désenchantement du monde par une méditation à la mesure du réel, qui en accepte pleinement l’épreuve…