Gérard-Julien Salvy 100 énigmes de la peinture Hazan, 2025, 360 pages, 45 €.
- Par Pascal Dethurens
Pages 125a à 126
Citer cet article
- DETHURENS, Pascal,
- Dethurens, Pascal.
- Dethurens, P.
https://doi.org/10.3917/etu.4333.0127a
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- Dethurens, Pascal.
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https://doi.org/10.3917/etu.4333.0127a
■ Il y a des livres, précieux, érudits et rares, dont on attend la réédition tant ils méritent d’être à nouveau portés à la connaissance des lecteurs. L’essai de Gérard-Julien Salvy est de ceux-là : d’abord paru en 2009, le voici à nouveau publié chez Hazan, richement illustré de cent œuvres et d’autant de commentaires d’une sagacité et d’une finesse dignes d’admiration. L’idée de départ est simple : un tableau cache autant qu’il montre, il joue avec le spectateur autant qu’il attise sa curiosité. C’est ainsi que Salvy parcourt la galerie entière de l’histoire de l’art occidental, de Jan Van Eyck et Fra Angelico à Cy Twombly et Francis Bacon, sans oublier ni la Joconde, ni les Ménines, ni Guernica, à l’affût de ce qui échappe au regard pour mieux défier l’interprétation. Qu’un tableau se refuse à dévoiler son sens trop rapidement, malgré sa célébrité et la somme des analyses faites sur lui, Salvy nous en convainc tout au long de ces pages qui se lisent avec le bonheur qu’on éprouve quand on va de découverte en découverte. Que cache au juste L’escamoteur de Jérôme Bosch ? Mystère. Où sont passés les bébés dans Le massacre des innocents de Pieter Bruegel l’Ancien ? Disparus. Le sacre de Napoléon de Jacques-Louis David montre ce qui n’a pas eu lieu… Daniel Arasse (1944-2003), dans un essai savoureux, soutenait que, devant un tableau, on n’y voit rien. Rien ou, disons, pas grand-chose à la vérité ou autre chose que ce qu’on croyait. Un tableau est d’abord une énigme : Les ambassadeur…