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Article de revue

Le désir du rêve, est-ce le désir du rêveur ?

Pages 153 à 159

Citer cet article


  • Carola, P.
(2001). Le désir du rêve, est-ce le désir du rêveur ? Essaim, no8(2), 153-159. https://doi.org/10.3917/ess.008.0153.

  • Carola, Paola.
« Le désir du rêve, est-ce le désir du rêveur ? ». Essaim, 2001/2 no8, 2001. p.153-159. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-essaim-2001-2-page-153?lang=fr.

  • CAROLA, Paola,
2001. Le désir du rêve, est-ce le désir du rêveur ? Essaim, 2001/2 no8, p.153-159. DOI : 10.3917/ess.008.0153. URL : https://shs.cairn.info/revue-essaim-2001-2-page-153?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ess.008.0153


Notes

  • [1]
    Intervention faite à Pékin le 15 avril 2001 au Psychoanalysis International Symposium.
  • [2]
    J. Lacan, Le Désir et son interprétation, novembre 1958, inédit.
  • [3]
    S. Freud, L’Interprétation des rêves, Paris, PUF, 1967, p. 431
  • [4]
    S. Freud, L’Interprétation des rêves, op. cit. p. 92 (note de 1914).
  • [5]
    Dans les deux versions du texte du rêve Freud emploie la locution « infolge » suivie d’un génitif : « des Wunsches ». Remarquons également que dans la version intégrée à l’interprétation des rêves Freud élimine la préposition « selon son désir » (nach), et garde la seule expression « en conséquence de ses désirs » (infolge). Si nous examinons attentivement la préposition « selon » (nach) et la locution adverbiale « en conséquence » (infolge), nous devons admettre que la conjonction disjonctive « ou » peut se lire soit comme ayant une fonction séparatrice, qui oppose deux différentes possibilités, soit comme ayant la fonction de séparer au contraire deux synonymes. Or, pour ce qui concerne le mot « nach », le vocabulaire y attribue deux principales acceptions : d’une part « en direction de…, vers… » et d’autre part « selon, en conformité avec » ; dans l’une comme dans l’autre acception le terme se situe dans le registre de la similitude, de l’identification, de l’imaginaire, du : « pareil à… ». La locution adverbiale « infolge » a aussi deux acceptions, une temporelle et l’autre logique. Dans le premier cas elle se traduit : « à la suite de… » ; et dans le second cas : « à cause de, en conséquence de… ». Dans les deux cas elle se situe dans le registre symbolique. La traduction française a choisi ici l’acception temporelle : « à la suite de… ». Ces simples remarques requièrent une réflexion à laquelle je me propose de réserver un plus long commentaire. Ici j’ai voulu seulement signaler premièrement, que la question ouverte par ces deux termes m’était apparue au cours du présent travail, mais que dans le but de donner un exemple de la lecture lacanienne de Freud j’ai choisi de m’en tenir au texte de 1911, attribuant à l’alternative introduite par Freud par les deux termes la fonction de séparer des synonymes. Je voudrais enfin signaler que le commentaire d’Érik Porge lors de mon intervention à Pékin, m’a permis de revenir sur la question et d’en comprendre le rapport à la thèse de ce présent écrit.
  • [6]
    S. Freud, « Formulations sur les deux principes du cours des événements psychiques », Résultats, Idées, Problèmes I, Paris, PUF, 1984.
  • [7]
    S. Freud, L’Interprétation des rêves, op. cit., p. 367. La traduction française a omis à la fin de ce passage la phrase suivante : « Aber ich gestehe den Eindruck zu, dass die Traumdeutung Träumen dieses Inhalts noch lange nicht alle ihre Geheimnisse entlockt hat. » (Je reconnais volontiers avoir le sentiment que l’interprétation des rêves est loin d’avoir arraché aux rêves ayant ce contenu tous leurs secrets), Studien Ausgabe, Fischer, vol. II, p. 418.
  • [8]
    S. Freud, Introduction à la psychanalyse, Paris, Gallimard, 1999, p. 244.
  • [9]
    J. Lacan, Écrits, Paris, Le Seuil, 1966, p. 802.

1Mon attention a été attirée par ce qui, dans le contexte d’une phrase du séminaire de Lacan « Le désir et son interprétation [2] », se présentait plutôt comme un détail secondaire, mais qui en fait à mon avis revenait à dire quelque chose de tout à fait central et digne d’être souligné : il était question, au sujet de l’interprétation des rêves, de distinguer désir du rêve et désir tout court. C’est sur cette distinction, à première vue énigmatique, que j’ai basé mon travail, en essayant à travers l’analyse d’un rêve, de montrer que cette différence établie par Lacan nous permettait d’une part de donner un témoignage de sa clinique innovatrice et d’autre part une idée de comment sa recherche se poursuit en ouvrant une porte après l’autre.

2Le rêve en question est rapporté par Freud deux fois, une première fois en 1911 et une seconde fois en 1930. Puis il a été commenté par Lacan au cours de son séminaire de 1958 sur le désir et son interprétation et de nouveau dans son article « Subversion du sujet et dialectique du désir » en 1960. La différence de leur interprétation, celle de Freud et celle de Lacan, ainsi que de leur technique, nous mènera jusqu’à la question que j’ai voulu mettre en évidence, celle du statut du désir. Mais avant de transcrire le texte du rêve, je voudrais soumettre à l’attention du lecteur ce que Freud a écrit dans une note de 1925 rajoutée au chapitre 6 de L’Interprétation des rêves. Il écrit :

3

« Autrefois, je trouvais très difficile d’habituer les lecteurs à distinguer entre contenu manifeste et pensées latentes [3]. »

4En fait, cette première distinction entre contenu manifeste et pensées latentes constitue un point fondamental de la théorie freudienne du rêve. Nous savons que le contenu manifeste est ce que dit, ou ce qu’illustre le rêveur lorsqu’il raconte son rêve, et que les pensées latentes, par contre, représentent ce qui est caché, ce que les paroles du rêveur n’expriment pas. La note continue :

5

« On me rétorquait toujours avec des arguments basés sur des rêves non interprétés et présentés tels que la mémoire les retient; on semblait ignorer la nécessité d’une interprétation. »

6Sans aucun doute Freud semble vouloir dire ici que l’interprétation est une véritable nécessité. Continuons :

7

« Maintenant, les analystes, au moins, se sont réconciliés avec le fait de remplacer le contenu manifeste par ce qui ressort de l’interprétation ; beaucoup d’entre eux, par contre, tombent dans une autre erreur à laquelle ils s’accrochent non moins obstinément. »

8Mais quelle que soit l’erreur, Freud, dans la phrase qui suit, nous dit très clairement ceci :

9

« Ils recherchent l’essence du rêve dans son contenu latent; ce faisant, la distinction entre les pensées latentes du rêve et le travail du rêve leur échappe. »

10On peut voir qu’il s’agit alors d’une seconde distinction très importante, celle entre pensées latentes et travail du rêve. Le travail du rêve consistant à transformer les pensées latentes et à permettre aux images du rêve d’apparaître au rêveur, ou tout au moins à sa mémoire. Le travail du rêve a donc la tâche de cacher les pensées en les exprimant sous une forme énigmatique.

11Voici maintenant comment se poursuit la note :

12

« Le rêve n’est, au fond, qu’une forme particulière de pensée que permettent les conditions propres à l’état de sommeil. C’est le travail du rêve qui crée cette forme. C’est lui qui est l’essence du rêve ; c’est lui qui explique la nature particulière du rêve. »

13L’interprétation est donc, comme nous avons dit, nécessaire. Elle est nécessaire afin de défaire le travail du rêve, revenant d’une certaine façon en arrière jusqu’à retrouver les pensées latentes.

14En ce qui concerne l’interprétation du rêve, nous savons qu’elle a été pratiquée depuis l’Antiquité, en Orient comme en Occident. Mais entre l’art d’interpréter des Anciens et la nouvelle méthode instaurée avec Freud on remarque une différence tout à fait fondamentale. Freud souligne lui-même cette différence en comparant sa propre technique avec celle rapportée dans la célèbre étude d’Artemidore sur l’interprétation des rêves telle qu’elle était pratiquée dans le monde gréco-romain :

15

« La technique que j’exposerai dans les pages qui suivent diffère de celle des Anciens par ce fait essentiel qu’elle charge du travail d’interprétation le rêveur lui-même. Elle tient compte de ce que tel élément du rêve suggère non pas à l’interprète mais au rêveur [4]. »

16Ce renversement de position nous paraît fondamental car il donne au rêveur un nouveau statut, celui de sujet du discours.

17Lorsqu’ensuite Lacan entreprend la lecture de Freud avec l’aide de la linguistique, le nouveau sujet, en ce cas le rêveur lui-même, acquiert de plus en plus d’importance; Lacan ira alors jusqu’à concevoir une notion du sujet strictement liée à celle du désir, dans la mesure où le désir est situé dans les pensées latentes, dans l’inconscient.

18Après ces remarques préliminaires je vais maintenant transcrire le texte du rêve dans sa première version, celle rapportée dans l’écrit de 1911-1912. Je vais ensuite examiner la façon dont il a été interprété par Freud, et enfin je vais rapporter comment Lacan opère sur l’analyse de Freud et arrive à la conclusion que le désir du rêve se distingue de celui du rêveur et qu’il faut en tenir compte.

19Voici le rêve :

20

« Un homme qui a autrefois soigné son père pendant la longue et douloureuse maladie qui l’a mené à la mort, rapporte que, pendant les mois qui ont suivi cette mort, il a rêvé de façon répétée, ceci : son père était de nouveau en vie et il parlait avec lui comme autrefois. Mais en même temps il ressentait de façon extrêmement douloureuse que pourtant son père était déjà mort, seulement il ne le savait pas. Il n’y a pas d’autre moyen de comprendre ce rêve d’allure absurde que d’ajouter “selon son désir” ou “par suite de son désir [5]” après les mots “que pourtant le père était mort” et d’adjoindre aux derniers mots “qu’il le désirait”. La pensée du rêve est alors : il lui était douloureux de se souvenir qu’il n’avait pu s’empêcher de désirer pour son père la mort (comme délivrance), lorsque celui-ci vivait encore, et comme ç’aurait été terrible si son père s’en était douté. Il s’agit alors du cas bien connu des reproches qu’on adresse à soi-même après la mort d’une personne aimée et le reproche renvoie dans cet exemple à la signification infantile du désir de mort dirigé contre le père [6]. »

21En 1930 Freud reprend ce rêve pour l’inclure dans le chapitre six de L’Interprétation des rêves, parmi les exemples des rêves de parents morts, mais il y ajoute quelques remarques qui m’ont paru particulièrement intéressantes en considération d’un lien possible avec l’analyse du même rêve faite par Lacan. Il écrit :

22

« Dans d’autres rêves où on est en relation avec des morts, j’ai pu souvent me guider d’après la règle suivante : lorsque dans le rêve il n’est pas rappelé que le mort est mort, c’est que le rêveur lui-même s’identifie au mort : il rêve de sa propre mort. Quand on pense brusquement avec surprise : “Mais il est mort depuis longtemps”, on se défend ainsi contre cette identification, on nie qu’il s’agisse de sa propre mort [7]. »

23Je signale ces lignes, car la règle sur laquelle Freud suggère de se guider nous conduit à l’idée de l’identification du sujet au mort, idée que nous retrouvons dans le commentaire de Lacan. En fait celui-ci, dans son analyse, opère un déplacement qui consiste à attribuer au rêveur, le fils, ce que le rêve a adjugé au père.

24Mais examinons tout d’abord l’analyse faite par Freud : nous constatons que son interprétation consiste dans le fait de rajouter, ou d’insérer, un signifiant considéré avoir été omis du texte, omis par le rêveur.

25Je me réfère aux paroles « selon son désir ». Qu’est-ce que Freud veut dire ? Pour comprendre son interprétation, c’est la théorie freudienne du complexe d’Œdipe qui va nous guider, comme lui-même nous l’indique. En fait, s’y conformant, il soutient que le désir du rêveur gommé du contenu manifeste du rêve, trouve son origine dans le vœu de mort de l’enfant envers son père. Freud insiste sur cette idée aussi par rapport à d’autres rêves, semblables à celui-ci, qu’il analyse dans la 12e leçon de Introduction à la psychanalyse. Il nous explique ceci :

26

« Mais recherchant dans la vie de l’enfant la racine d’une telle hostilité à l’encontre du père, nous nous souvenons que la crainte du père s’instaure parce que celui-ci, dès les premières années, s’oppose à l’activité sexuelle du petit garçon, tout comme il doit le réitérer en général à l’âge qui fait suite à la puberté, pour des raisons sociales. Cette relation au père vaut aussi pour notre rêveur : à son amour pour lui était mêlée une bonne dose de respect et d’angoisse, émanant de la source de l’intimidation sexuelle des premiers temps [8]. »

27Freud affirme que l’émergence du désir infantile provoquée par l’événement réel de la mort du père, c’est ce qui a donné l’essor au travail de déformation du rêve. Car un désir qui n’est pas compatible avec la conscience peut s’exprimer d’une seule manière, c’est-à-dire sous une forme telle qu’il ne soit pas reconnaissable, qu’il masque la vraie pensée. Nous pouvons dire également que le désir infantile a produit le rêve en question car il coïncide avec le désir présent et conscient du rêveur de mettre fin aux souffrances du père.

28L’idée centrale de l’interprétation freudienne, le vœu de mort œdipien, met en valeur la fonction du père en tant que rival, du père agresseur, un père qu’on voudrait éliminer. Ce qui nous fait dire que l’interprétation de Freud reste à l’intérieur du champ identificatoire représenté par l’identification au rival. En d’autres termes il s’agit d’une dimension du désir basée sur la rivalité. Par ailleurs, nous reconnaissons ce désir comme étant le désir du rêve selon Freud.

29Voyons maintenant comment Lacan procède à l’interprétation du même rêve. Tout d’abord, en suivant Freud, il réduit le refoulement à l’élision du signifiant « selon son désir », c’est-à-dire à la phrase que Freud a rajoutée à l’énoncé du rêve. Et nous pouvons alors dire que ce signifiant, en tant que tel, apporte au texte manifeste une nouvelle signification. Et par ailleurs l’élision constitue le lien avec le désir inconscient et elle est donc aussi ce qui en garantit la survivance ou bien la possibilité de le démasquer. Enfin, ce signifiant élidé permet la présence dans le texte manifeste de la phrase : « Mais il ne le savait pas. »

30C’est exactement ici qu’intervient l’interprétation de Lacan. Mais avant d’en suivre la démarche, on pourrait dire que Freud a donné son interprétation au moyen d’un signifiant élidé : « Selon son désir. » Lacan, par contre, comme nous verrons, a basé son interprétation sur un signifiant qui est inclus dans le texte, nous indiquant ainsi toute la valeur qu’il attribue aux paroles mêmes du rêveur, comme étant le seul support de l’interprétation. Depuis Lacan, en effet, une interprétation ne peut pas être fondée sur ce qui n’a pas été dit. Je voudrais attribuer à cette remarque toute son importance, puisqu’elle nous donne une idée du renversement de la théorie de l’interprétation opérée par Lacan et de ses effets sur la pratique de la psychanalyse.

31Or, l’expression « selon son désir », que nous avons indiquée comme étant le signifiant qui représente le désir du rêve, semble être considérée par Lacan comme l’équivalent d’une sorte de bouée de sauvetage dont le rêveur se sert pour, littéralement, fuir son désir. Se situe ici la distinction entre désir du rêve et désir tout court à laquelle fait allusion Lacan dans le Séminaire Le Désir et son interprétation.

32Alors, le désir du rêve est-il ce qui permet au sujet d’éviter ce qu’il ne veut pas savoir ? C’est en tout cas la valeur de la phrase : « Mais, il ne le savait pas. » Lacan va nous mener donc jusqu’à en découvrir sa vraie signification.

33Revenons au rêve : ce que nous savons c’est que le fils a assisté à la mort de son père, qu’il l’a soigné tendrement jusqu’à la fin. Nous pouvons présumer que la fragilité de l’homme père lui a été révélée, à lui, le fils, brutalement et douloureusement. Nous pouvons également présumer que le père soit apparu au fils avec toute la tragédie de son être manquant. Qu’il lui ait montré la limite à laquelle la survivance humaine doit faire face, quand le dernier masque du désir, le masque de la douleur sculpté sur le visage de qui est en train de mourir, le masque de la dernière souffrance, il arrive qu’il tombe. Le désir est ici réduit à une énigme et prend le semblant de la mort.

34Lacan opère ici sur différents registres et crée une dynamique entre père et fils, qui nous donne bien la mesure de la complexité du rêve.

35Si enfin nous présumons, ainsi que Freud le rapporte, que ce qui est arrivé dans la réalité est bien que le rêveur a pris sur lui la souffrance qui était due au père, et si nous considérons cela comme une identification à l’homme mourant, alors nous pouvons comprendre ce que l’analyse du rêve faite par Lacan nous dit et que Freud a à peine touché.

36En fait, ce qui ressort du commentaire de Lacan c’est que le rêveur a attribué au père le déni exprimé par les paroles : « Mais il ne le savait pas », attribuant ainsi à une personne autre que soi-même ce qu’en effet lui ne voulait pas savoir. Mais qu’est-ce qu’il ne voulait pas savoir ? Il ne voulait pas recevoir le message de son être le plus profond et que le rêve lui renvoyait : quelque chose qui concerne la mort du rêveur lui-même, car c’était maintenant son tour, maintenant que son père était mort, de faire face à la castration. La castration ayant ici une signification de mort dans le sens de notre condition humaine qui est telle qu’elle nous oblige à renoncer à la plus idéale des aspirations : l’immortalité.

37C’est l’analyse de Lacan : il rétablit le rêveur à la place du sujet de la proposition « il ne le savait pas », c’est-à-dire la proposition qui représente le refus de voir que la barre de la castration était en train de tomber sur lui, le fils. C’est ici que les deux interprétations se croisent : l’une mettant en évidence « selon son désir », l’autre déplaçant l’accent sur « Il ne le savait pas ».

38La première, celle de Freud, se réclame de l’imaginaire, car comme nous l’avons dit elle reste dans un champ identificatoire. Rappelons également que le désir du rêve freudien, par le moyen de la reviviscence du désir œdipien, a la fonction de protéger le rêveur, c’est l’écran qui le sépare de la vérité fondamentale, la vérité du désir.

39L’autre, l’interprétation de Lacan, sans contredire Freud, va au-delà, en soulignant la fonction du père en tant que « père mort » et donc déplaçant l’accent du désir œdipien à la castration du père, et… lorsque ce sera son tour, à la castration du fils, le rêveur. Lacan procède en allant du registre imaginaire de la rivalité œdipienne au registre symbolique de l’êtrepourlamort. La théorie œdipienne paraît ainsi dépassée, tandis que, prenant le départ de ce rêve, une porte nouvelle semble s’ouvrir, comme nous le suggère un passage des Écrits lorsque Lacan nous dit qu’il s’est servi de ce rêve pour « illustrer la relation du sujet au signifiant, par une énonciation dont l’être tremble de la vacillation qui lui revient de son propre énoncé [9] ».