Recensions
Rencontre avec Piero della Francesca. Piero Calamandrei Traduit par Angela Guidi et Lucie Marignac, postface de Carlo Ossola Rue d’Ulm, 2023, 96 p., 15 €
- Par Hugo Martin
Pages 142 à 143
Citer cet article
- MARTIN, Hugo,
- Martin, Hugo.
- Martin, H.
https://doi.org/10.3917/espri.2408.0142
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https://doi.org/10.3917/espri.2408.0142
Notes
-
[1]
Sur les déplacements d’œuvres d’art, voir Bénédicte Savoy, À qui appartient la beauté ?, Paris, La Découverte, coll. « Histoire-monde », 2024.
-
[2]
Ce jeu de ressemblance et de dissemblance a été étudié par Georges Didi-Huberman, notamment dans les deux tomes de La Ressemblance inquiète, parus en 2023 et 2024 aux éditions Gallimard.
Le 4 novembre 1966, lorsque l’Arno en crue se déversa dans les rues de Florence, qu’a-t-on sauvé d’abord ? Les œuvres ou les personnes ? À lire la presse de l’époque, qui fait le « douloureux inventaire » des 744 peintures sauvées des eaux, parle de ce « chef-d’œuvre vieux de sept siècles de Cimabue à jamais effacé », des « cinq panneaux sur dix arrachés » de la Porte du Paradis de Ghiberti et raconte cette « orangerie transformée en hôpital pour peintures », avant d’évoquer la centaine de victimes humaines, la question se pose. L’une des réponses est apportée par le récit d’une promenade de Piero Calamandrei dans les collines alentour. Récit d’une autre époque, mais les catastrophes naturelles comme les catastrophes politiques sont pareillement affaire d’atmosphère.« Pendant plusieurs années, entre 1935 et la guerre, raconte le juriste antifasciste, nos promenades du dimanche nous donnèrent l’illusion de repasser pour quelques heures de la barbarie à la civilisation. » L’une de ces promenades entre intellectuels le conduit, en 1938, à Monterchi, où il découvre la Madonna del Parto de Piero della Francesca, saisissant morceau de fresque de la Vierge enceinte, debout sous un baldaquin dont deux anges, de part et d’autre, entrouvrent le rideau.
Lorsque Calamandrei repense à cette fresque en 1954, il raconte son histoire pendant la guerre. « Le gouvernement fasciste non seulement laissa nos trésors antiques exposés aux périls de la guerre, mais œuvra avec une sorte de zèle à les livrer aux destructions et aux vols …
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