Le miroir d’Œdipe. Penser l’esclavage, Paulin Ismard, Seuil, 2023, 224 p., 23 €
- Par Hugo Martin
Pages 144 à 146
Citer cet article
- MARTIN, Hugo,
- Martin, Hugo.
- Martin, H.
https://doi.org/10.3917/espri.2406.0144
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- Martin, H.
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https://doi.org/10.3917/espri.2406.0144
Notes
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[1]
Saidiya Hartman, « Venus in Two Acts », Small Axe, n° 26, 2008, p. 1-14. Traduction française par Émilie Notéris dans Saidiya Hartman, À perte de mère. Sur les routes atlantiques de l’esclavage, Dijon, Les Presses du réel, 2023.
-
[2]
« Entretien : Carlo Ginzburg dialogue avec Éric Dayre », dans Marie Panter, Pascale Mounier, Monica Martinat et Matthieu Devigne (sous la dir. de), Imagination et histoire. Enjeux contemporains, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014, p. 115. Voir aussi Georges Didi-Huberman, Devant le temps. Histoire de l’art et anachronisme des images, Paris, Minuit, coll. « Critique », 2000.
-
[3]
Marcel Detienne, Comparer l’incomparable [2000], Paris, Seuil, coll. « Points essais », 2009, p. 10.
L’esclavage a beau être, dans la Grèce antique, un « fait social total », l’historien Paulin Ismard en trouve peu de traces dans les textes de l’époque, parce qu’il « ne prêtait pas au débat ». Les esclaves, en effet, « ne sont jamais identifiés comme une composante de la cité digne d’une attention philosophique ». Face au manque d’archives, Saidiya Hartman a eu recours à la « fabulation critique » pour se tenir au plus près de l’expérience des esclaves dans la traite atlantique. Paulin Ismard tente plutôt une « anthropologie de l’implicite » et observe « les formes par lesquelles une société aménage une place à ceux dont elle organise consciemment la non-existence ».
L’historien relit minutieusement les quelques textes anciens où se faufile la figure de l’esclave. Il montre comment cette dernière a servi de repoussoir à la société athénienne pour forger, en miroir, sa conception de la liberté, de la philosophie, du travail, du corps social, des rapports genrés, de la violence, de la politique et même de la mort. Mais l’historien fait surtout preuve d’imagination, en ce qu’il relie des éléments disparates et des textes d’époques différentes (Edgar Allan Poe, Aimé Césaire ou William Faulkner).
Malgré le risque de l’anachronisme, qualifié par Lucien Febvre de « péché des péchés, entre tous irrémissible » pour l’historien, la science historique en a expérimenté la fécondité heuristique pour peu que l’on distingue « l’anachronisme des questions qui est nécessaire et inévitable, et l’anachronisme des réponses, qui doit être évité autant que possibl…
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