Théologie queer, Linn Marie Tonstad, Trad. par Apolline Thromas, Labor & Fides, 2022, 272 p., 19 €
Pages 128 à 130
Citer cet article
- SCHLEGEL, Jean-Louis,
- Schlegel, Jean-Louis.
- Schlegel, J.-L.
https://doi.org/10.3917/espri.2305.0128
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- Schlegel, J.-L.
- Schlegel, Jean-Louis.
- SCHLEGEL, Jean-Louis,
https://doi.org/10.3917/espri.2305.0128
Sur la jaquette de couverture, une magnifique drag queen londonienne, Virgin Xtravaganzah, pour illustrer Théologie queer de Linn Marie Tonstad, professeure de théologie à la Divinity School de Yale : un essai théologique sur un sujet inédit, en apparence baroque, en réalité intéressant. Le mot queer s’est imposé à partir des années 1970-1980, et il revient souvent dans les questionnements et les débats suscités par les libérations sexuelles, peut-être à cause du militantisme intense des individus et des groupes qui revendiquent cette identité – ou plutôt cette « non-identité », puisqu’une partie de celles et ceux qui la revendiquent rejettent toute identité sexuelle définitive, les identités étant le début de toutes les oppressions. Curieusement, le livre vif et engagé de Tonstad cerne peut-être mieux que d’autres la réalité queer en exposant les « différends théologiques » entre celles et ceux qui se réclament d’en être. Les théologies queers (il y en a plusieurs, autant que d’auteurs et d’autrices finalement) tentent en effet de repenser la foi chrétienne à partir de l’expérience et du vécu queers, par contraste et en opposition complète avec les systèmes théologiques établis et la théologie officielle des Églises.
L’inversion ou la subversion queer de la théologie n’est pas en soi illégitime, tant les paradoxes bibliques et évangéliques invitent à l’interprétation multiple, infinie, de leur horizon de sens. La théologie de la libération en Amérique latine, dont l’essor universel dans les années 1970 est contemporain de la montée de…
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