Philosophie du marcheur. Essai sur la marchabilité en ville, Jérémy Gaubert, Terre urbaine, 2021, 250 p., 19 €
- Par David Le Breton
Pages 144r à 184r
Citer cet article
- LE BRETON, David,
- Le Breton, David.
- Le Breton, D.
https://doi.org/10.3917/espri.2106.0144r
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- Le Breton, David.
- LE BRETON, David,
https://doi.org/10.3917/espri.2106.0144r
L’ouvrage de Jérémy Gaubert est surtout centré sur la marche en ville, et sur la marchabilité, qu’il définit comme une « puissance d’ouverture à l’existence » et qu’il interroge dans le contexte de ce qu’il nomme le « ménagement du lieu » en développant « une éthique et une esthétique pour l’habitabilité des lieux ». Il s’attache à donner au fait de marcher toute l’épaisseur d’une expérience qui transforme le piéton tout en s’inscrivant dans des environnements plus ou moins propices. La marche est abordée ici dans une recherche de l’incidence concrète de son déploiement heureux dans l’espace urbain. J. Gaubert convoque en ce sens, avec une solide connaissance de la littérature, non seulement l’anthropologie ou la philosophie, mais aussi les disciplines de l’aménagement : géographie, urbanisme, architecture et paysage. Marcher est une modalité d’appropriation des territoires de prime abord coulée dans l’évidence, mais dont Jérémy Gaubert montre l’infinie complexité, irréductible aux seuls déplacements. Il regrette que souvent les études sur les mobilités dans l’espace urbain se limitent à une pure gestion des flux piétonniers. Or un marcheur urbain n’est pas seulement une unité de circulation, mais un homme ou une femme, un enfant ou une personne âgée, en résonance ou non avec l’environnement. Il s’agit d’habiter les lieux et non seulement de les traverser dans le seul souci d’un trajet. Immersion dans le monde par sens et affectivité, la marche est saisie dans un cheminement allant d’une situation à une autre et donc d’un rapport au monde à l’autre…
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