Article de revue

À l’école de l’homme neuronal ?

Pages 14 à 17

Citer cet article


  • De Smet, F.
  • et Vercueil, L.
(2018). À l’école de l’homme neuronal ? Esprit, Septembre(9), 14-17. https://doi.org/10.3917/espri.1809.0014.

  • De Smet, François.
  • et al.
« À l’école de l’homme neuronal ? ». Esprit, 2018/9 Septembre, 2018. p.14-17. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2018-9-page-14?lang=fr.

  • DE SMET, François
  • et VERCUEIL, Laurent,
2018. À l’école de l’homme neuronal ? Esprit, 2018/9 Septembre, p.14-17. DOI : 10.3917/espri.1809.0014. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2018-9-page-14?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.1809.0014


Notes

  • [1]
    Alain Ehrenberg, La Mécanique des passions. Cerveau, comportement, société, Paris, Odile Jacob, 2018.
  • [2]
    Jean-Pierre Changeux, L’Homme neuronal, Paris, Fayard, 1983.
  • [3]
    Pour être exact, les toutes premières études en imagerie fonctionnelle remontent au milieu des années 1970, mais leur qualité était rudimentaire et produisait peu d’information pertinente. La véritable explosion a surtout concerné la seconde moitié des années 1980.
  • [4]
    Daniel Andler, « Les inquiétudes concernant l’entrée des sciences cognitives à l’école sont injustifiées », Le Monde, 25 mars 2018.
  • [5]
    Antonio R. Damasio, L’Erreur de Descartes. La raison des émotions, trad. par Marcel Blanc, Paris, Odile Jacob, 1995.
  • [6]
    Yves Charles Zarka, « La neurologie cognitive relève d’un scientisme non dénué de dangers », Le Monde, 7 février 2018.
  • [7]
    Thomas Schauder, « Les neurosciences vont-elles faire de l’homme une machine ? », Le Monde, 25 avril 2018.

La composition du Conseil scientifique de l’éducation nationale (Csen), annoncée par le ministère en janvier 2018, a suscité des réactions polémiques abondamment relayées dans les médias. La crainte exprimée reposait sur le sentiment d’une prédominance marquée des neurosciences cognitives au sein des nominations, suspectée d’orienter le conseil d’une façon univoque, hégémonique. Mais d’autres inquiétudes, parfois plus implicites, se sont fait jour, et il serait erroné de réduire ce débat public à la simple compétition académique des disciplines.
Ainsi en est-il de l’appréhension d’une nouvelle anthropologie fondée sur une prédominance du cerveau dans la lecture des faits humains, relayant les conceptions idéologiques centrées sur le fonctionnement de la société capitaliste (marxisme) ou le sujet (psychanalyse). De plus, l’accusation de scientisme, en l’occurrence de neuro-scientisme, reflète le soupçon d’une instrumentalisation de la science, dans le contexte d’un affaissement des idéologies non religieuses. La « perte de sens » inhérente à la postmodernité induit régulièrement une telle mise en accusation, réduisant la démarche scientifique à un utilitarisme axé sur le profit et l’efficacité, eux-mêmes associés sans nuance à la promotion d’un libre-échange et d’un capitalisme « sans âme ». Ce procès larvé, qui fait courir le risque de se priver des connaissances objectives pour le bénéfice de l’éducation, mérite d’être analysé.
Le succès médiatique des discours s’appuyant sur la connaissance du cerveau est souvent attribué à l’émergence, dès la fin des années 1980, des images produites par les techniques d…


Date de mise en ligne : 14/09/2018

https://doi.org/10.3917/espri.1809.0014

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