Entre Albert Camus et André Malraux : cette rencontre qui n’eut pas lieu
- Par Guy Samama
Pages 119 à 130
Citer cet article
- SAMAMA, Guy,
- Samama, Guy.
- Samama, G.
https://doi.org/10.3917/espri.1804.0119
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- SAMAMA, Guy,
https://doi.org/10.3917/espri.1804.0119
Notes
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[1]
Albert Camus, “À propos d’André Malraux (1934)”, Écrits posthumes, dans Œuvres complètes, vol. iv, 1957-1959, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2008, p. 1333.
-
[2]
Voir André Malraux et A. Camus, Correspondance. 1941-1959 et autres textes, édition établie, présentée et annotée par Sophie Doudet, Paris, Gallimard, 2016, p. 75.
-
[3]
Frédéric J. Grover, Six Entretiens avec André Malraux sur des écrivains de son temps (1959-1975), Paris, Gallimard, coll. « Idées », 1978, p. 142.
-
[4]
F. J. Grover, Six Entretiens avec André Malraux sur des écrivains de son temps (1959-1975), op. cit., p. 145.
-
[5]
Ibid.
-
[6]
Ibid., p. 146.
-
[7]
A. Malraux et A. Camus, Correspondance, op. cit., p. 10.
-
[8]
A. Malraux et A. Camus, Correspondance, op. cit., p. 54, note 3.
-
[9]
Ibid., p. 63.
-
[10]
Ibid., « Avant-propos », p. 22.
-
[11]
Voir Guy Samama, « Des dieux de lumière », Approches, numéro spécial « Albert Camus », octobre 2013, p. 25-35.
-
[12]
G. Samama, « Des dieux de lumière », art. cité, note 2, p. 36.
-
[13]
A. Malraux et A. Camus, Correspondance, op. cit., p. 40.
-
[14]
Ibid., p. 44.
-
[15]
Ibid., p. 59.
-
[16]
A. Malraux et A. Camus, Correspondance, op. cit., p. 45.
-
[17]
A. Malraux et A. Camus, Correspondance, op. cit., « Avant-propos », p. 16-17.
-
[18]
A. Camus, Œuvres complètes, vol. iv, op. cit., p. 286-287.
-
[19]
A. Camus, « Retour à Tipasa », l’Été, Paris, Gallimard, 2006.
-
[20]
A. Malraux, « Discours prononcé à la Fondation Maeght (12 juillet 1974). Inauguration de l’exposition “André Malraux et le Musée imaginaire” », dans Œuvres complètes, vol. iii, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1996, p. 883.
-
[21]
A. Camus, Discours de Suède (10 décembre 1957), dans Œuvres complètes, vol. iv, op. cit., p. 239-240.
-
[22]
Voir A. Malraux, Antimémoires, tome i, Paris, Gallimard, 1967, p. 346.
-
[23]
Ibid., p. 892.
-
[24]
A. Camus, Interview à « France-Soir » (1958), dans Œuvres complètes, vol. iv, op. cit., p. 650.
-
[25]
A. Camus, « Préface » de l’Envers et l’endroit, dans Œuvres complètes, vol. i, 1931-1944, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2006, p. 32.
-
[26]
A. Malraux, « Discours du 20 juin 1968 » au Parc des expositions.
-
[27]
A. Camus, la Crise de l’homme. Conférence prononcée à l’Université Columbia au McMillin Theater le 28 mars 1946, dans Œuvres complètes, vol. ii, 1944-1948, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2006, p. 737-748.
-
[28]
A. Camus, Discours de Suède, dans Œuvres complètes, vol. iv, op. cit., p. 241.
-
[29]
A. Malraux, « Discours prononcé à la Fondation Maeght (12 juillet 1974) », discours cité, p. 894.
Si nous appelons rencontre moins une mise en présence qu’une mise en tension réciproque entre deux ou plusieurs personnes, un mouvement de décentrement de soi vers l’Autre, une rencontre entre l’aîné (Malraux) et le cadet (Camus) ne se produisit pas vraiment.
Albert Camus, André Malraux, Jean-Paul Sartre, parmi d’autres, ne pouvaient pas ne pas se croiser dans ce haut lieu parisien de la pensée : le siège des éditions Gallimard. Malraux est alors déjà une figure reconnue, imposante, incontestée, Prix Goncourt en 1933 pour la Condition humaine. Par rapport à Camus, compte tenu de leur différence d’âge et d’aura intellectuelle, il jouerait presque le rôle de père et de conseiller littéraire. Ce père dont Camus éprouve cruellement le manque, après la disparition du sien. Mais un père théâtralement égocentré, dans une mise en scène constante de lui-même, volontiers hautain : le contraire de la modestie et de la sensibilité de Camus.
Sensibilité excessive sans doute, cachée sous un voile de pudeur, à l’inverse de cette insensibilité où Malraux s’emmurait – peut-être par désir de protection, peut-être aussi parce qu’il était viscéralement convaincu que son histoire individuelle avait vocation à se confondre avec la « grande Histoire » dans laquelle elle devait se dissoudre. Chez Camus, la sensation est au départ de l’idée, et l’amour passe avant la morale. Chez Malraux, les fulgurations de l’idée, ou de l’intuition, étouffent la sensation dans l’œuf, et l’amour comme la morale se font remarquer par leur absence…
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