Guerre d’Algérie, une odyssée de la mémoire
- Par Joël Hubrecht
Pages 25 à 28
Citer cet article
- HUBRECHT, Joël,
- Hubrecht, Joël.
- Hubrecht, J.
https://doi.org/10.3917/espri.1811.0025
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https://doi.org/10.3917/espri.1811.0025
Notes
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[1]
Pour reconnaître la « faute collective » de la France dans la rafle des juifs regroupés au Vel’ d’Hiv.
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[2]
Il y a un an, l’historien Fabrice Recupeti avait déjà exhumé du fonds national d’outre-mer une partie du fichier de la préfecture d’Alger répertoriant d’autres cas de torture et de disparition entre janvier et septembre 1957. Voir son site « Alger 1957 – des Maurice Audin par milliers » sur www.1000autres.org.
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[3]
Voir le livre émouvant que la fille a consacré à son père : Michèle Audin, Une vie brève, Paris, Gallimard, 2013.
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[4]
Pierre Vidal-Naquet, L’Affaire Audin, Paris, Minuit, 1958, (rééd. augmentée en 1989).
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[5]
Cette réalité refoulée, Esprit l’avait aussi, dès 1947, amplement décrite et dénoncée grâce, entre autres, à André Mandouze, Henri-Irénée Marrou, Jean-Marie Domenach, Paul Thibaud, et des proches de la revue (Francis Jeanson, Pierre Vidal-Naquet, Jean Daniel, Mostefa Lacheraf…). La publication de témoignages d’insoumis et du Groupement des rappelés et maintenus d’Afrique du Nord, ou encore d’écrivains algériens, complète un ensemble mémorable de textes dont une sélection a été rassemblée par Joël Roman dans Esprit. Écrire contre la guerre d’Algérie (Paris, Hachette, 2002). Entre 1947 et 1962, pas moins de deux cent trente articles ont été consacrés à l’Algérie dans la revue. C’est dire la place qu’a représentée dans son histoire cette guerre (terme clairement utilisé comme titre d’un dossier de novembre 1955 : « Arrêtons la guerre d’Algérie »). Dans La Saga des intellectuels français (Paris, Gallimard, 2018), François Dosse restitue cette « tierce voie » (on pourrait dire cette « tierce voix » entre la gauche compromise et la gauche révolutionnaire) qu’a ouverte Esprit dans le débat. Ni uniformisée ni isolée par ses désaccords sur les appels à l’insoumission ou l’aide au Fln, Esprit a soutenu la désobéissance civile tout en veillant à nourrir une contestation résolument démocratique afin de ne pas aggraver les effets délétères de la guerre en métropole et au sein même de la société française. Une corrosion sociale et politique sous-estimée dont les manifestations interdites ou réprimées, la censure de films et de livres, les saisies de revues, les inculpations d’écrivains et d’éditeurs pour « atteinte à la sûreté de l’État », le harcèlement policier et les attaques de l’Oas (qui n’épargnèrent pas Ricœur et la communauté personnaliste de Châtenay) ne représentent que la partie la plus visible. « Parlons clair : dans ce conflit algérien, qu’on ne peut pas séparer des actes qui le constituent, nous nous détruisons nous-mêmes. » (Jacques Germonprez, évoquant les actes de torture, dans Esprit, « Une jeunesse en guerre », mai 1958).
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[6]
Le Monde, 14 septembre 2018. Voir Raphaëlle Branche, La Torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, Paris, Gallimard, 2001.
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[7]
François Dosse, La Saga des intellectuels français 1944-1989, Tome I, Paris, Gallimard, p. 336.
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[8]
Voir le dossier « Hantés par la mémoire », Esprit, octobre 2017 et Karima Lazali, Le Trauma colonial. Une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l’oppression coloniale en Algérie, Paris, La Découverte, 2018.
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[9]
Le Figaro, 14 septembre 2018. Voir Guy Pervillé, Une histoire iconoclaste de la Guerre d’Algérie et de sa mémoire, Paris, Vendémiaire, à paraître en 2018.
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[10]
J. Germonprez, « Une jeunesse en guerre », art. cité.
C’est par une lettre remise en main propre, et non par un discours solennel (à la façon de Jacques Chirac le 16 juillet 1995) que le président de la République a reconnu, le 13 septembre dernier, la responsabilité de l’État dans la mort du jeune mathématicien français Maurice Audin. Assistant à la faculté d’Alger, membre du Parti communiste algérien, il avait été arrêté dans la nuit du 11 juin 1957 par l’armée française. Filmée dans l’intimité du salon de sa veuve, Josette Audin, cette reconnaissance amorce un « travail de vérité » pour reprendre les mots du président. Mais, au-delà du sort d’un militant anticolonialiste et de l’aveu officiel d’un mensonge d’État, déjà reconnu en privé par François Hollande quatre ans auparavant, c’est le système « arrestation-détention », légalement institué avec les pouvoirs spéciaux donnés par le Parlement à l’Armée en 1956, qui est dénoncé et c’est pour tous les disparus d’Algérie qu’est annoncée l’ouverture des archives. Les archives peuvent également intéresser d’autres victimes de la guerre, en particulier les harkis. Ces derniers ont fait l’objet de l’attention présidentielle, quelques jours après. Des titres honorifiques ont été décernés à plusieurs membres de leur communauté et un fonds d’entraide de quarante millions d’euros a été mis en place. Enfin, le président a accordé aux appelés déployés dans le cadre des accords d’Évian le même régime que les anciens combattants. Ainsi, en prenant garde de ne tomber ni dans le registre accusatoire ni dans celui de la repentance, et par une série d’acte…
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