L’avenir de l’arabe à l’école
- Par Cécilia Suzzoni
Pages 21 à 25
Citer cet article
- SUZZONI, Cécilia,
- Suzzoni, Cécilia.
- Suzzoni, C.
https://doi.org/10.3917/espri.1811.0021
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- Suzzoni, C.
- Suzzoni, Cécilia.
- SUZZONI, Cécilia,
https://doi.org/10.3917/espri.1811.0021
Notes
-
[1]
Guillaume Roquette, « La faute de Blanquer. Non, il ne faut pas enseigner l’arabe à l’école », Le Figaro Magazine, 14-15 septembre 2018.
-
[2]
Jérôme Ferrari, « Décomplexion », La Croix, 30 mai 2016.
-
[3]
Hakim El Karoui, La Fabrique de l’islamisme, Paris, Institut Montaigne, septembre 2018. Voir aussi Jean David et Bruno Levallois, L’Enseignement de la langue et de la culture d’origine, Inspection générale de l’éducation nationale, rapport n° 2005-090, mars 2006.
-
[4]
Voir Le Centenaire de l’agrégation d’arabe. Actes du séminaire national, eduscol.education.fr, janvier 2008.
-
[5]
Pour un regard intelligent sur le monde arabe, voir Jacques Berque et Louis Massillon, « Dialogue sur “Les Arabes” », Esprit, octobre 1960 ; et Louis Massillon, « Visitation de l’Étranger », dans Parole donnée, Paris, Seuil, 1983.
-
[6]
Pierre Judet de La Combe et Heinz Wismann, L’Avenir des langues. Repenser les humanités, Paris, Cerf, 2004.
« Maintenant toutes les disciplines sont restituées… » On se souvient de la magnifique lettre que Rabelais prête à son héros humaniste, enthousiasmé de voir son fils en possession de tous les grands savoirs, parmi lesquels figure évidemment, avec le latin, le grec et l’hébreu, l’arabe, langue dont déjà Dante tenait les fruits en haute estime. Depuis la création par François Ier d’un enseignement de l’arabe au Collège Royal, l’ancienneté des liens culturels de la France n’a cessé d’être réactivée sous l’égide de hautes figures intellectuelles et diplomatiques.
Or les récents propos du ministre de l’Éducation nationale ont déclenché une polémique absurde et scélérate : il promettait de restaurer à l’école, où elle est manifestement une langue mal aimée et délaissée, le prestige de cette « très belle langue », langue officielle de vingt-deux États, depuis 1974 sixième langue des Nations Unies, et surtout « langue de France » (deuxième langue parlée, troisième langue d’emprunt). Dans ce concert de « frères ignorantins », la palme revient à l’éditorial du Figaro Magazine invitant à « lever le glaive d’airain du roman national » pour assurer l’intégration des populations issues de l’immigration et donc leur interdire de s’approprier leur langue et leur culture d’origine, au risque, sinon, de favoriser « l’arabisation » de la France, et ce faisant de se faire « les idiots utiles de l’islamisme ». « C’est une fausse bonne idée », renchérit sur le mode mineur un ancien ministre de l’Éducation nationale…
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