Compte rendu

Yves Bonnefoy. Une douloureuse anamnèse vers le réel, Jacques Darras

Pages 157a à 162a

Citer cet article


(2017). Yves Bonnefoy. Une douloureuse anamnèse vers le réel, Jacques Darras. Esprit, Juin(6), 157a-162a. https://doi.org/10.3917/espri.1706.0157a.

« Yves Bonnefoy. Une douloureuse anamnèse vers le réel, Jacques Darras ». Esprit, 2017/6 Juin, 2017. p.157a-162a. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-esprit-2017-6-page-157a?lang=fr.

2017. Yves Bonnefoy. Une douloureuse anamnèse vers le réel, Jacques Darras. Esprit, 2017/6 Juin, p.157a-162a. DOI : 10.3917/espri.1706.0157a. URL : https://shs.cairn.info/revue-esprit-2017-6-page-157a?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/espri.1706.0157a


Notes

  • [1]
    Yves Bonnefoy, l’Écharpe rouge, Paris, Mercure de France, 2016.
  • [2]
    Y. Bonnefoy, la Poésie et la Gnose, Paris, Galilée, 2016.
  • [3]
    Guillaume Apollinaire, « Zone » [1913], dans Alcools [1920], Paris, Gallimard, 2013.
  • [4]
    Y. Bonnefoy, Du mouvement et de l’immobilité de Douve [1953], repris dans Poèmes, Paris, Poésie/Gallimard, 1982.
  • [5]
    Y. Bonnefoy, les Planches courbes, Paris, Mercure de France, 2001.
  • [6]
    Y. Bonnefoy, Du mouvement et de l’immobilité de Douve, op.cit.
  • [7]
    Y. Bonnefoy, la Poésie et la Gnose, op.cit.
  • [8]
    Y. Bonnefoy, la Poésie française et le principe d’identité [1967], repris dans l’Improbable et autres essais, Paris, Gallimard, 1992.
  • [9]
    Y. Bonnefoy, la Poésie française et le principe d’identité, op.cit.

Avec l’Écharpe rouge, paru quelques jours à peine avant sa disparition en 2016 et salué d’autant plus unanimement qu’on savait le poète malade, Yves Bonnefoy atteignait la marque des soixante essais consacrés à la poésie. Plus discret mais pas moins essentiel, un livre plus court, la Poésie et la Gnose accompagnait d’ailleurs cette ultime publication, comme pour étayer son aspect biographique, voire anecdotique, d’une réflexion plus abstraite, plus formelle.
Outre son travail de traducteur, Yves Bonnefoy fut d’abord un essayiste remarquable sur l’art de la poésie – son œuvre poétique proprement dite, composée d’une dizaine de recueils majeurs, demeure assez restreinte en comparaison. Il y a quelques années, du vivant même du poète, nous n’aurions jamais osé une telle affirmation. Yves Bonnefoy était devenu, dans la République des Lettres françaises, la figure même du poète, respectée tout ensemble pour la qualité hermétique de sa poésie, la portée magistrale de sa parole et sa rareté d’intervention dans le débat public et médiatique. Comme tel, il semblait perpétuer la tradition inaugurée par Stéphane Mallarmé, poursuivie par Paul Valéry et demeurée active en dépit des éclats divers de la modernité surréaliste et dadaïste. Pour cette tradition, désireuse de résister au déferlement vulgaire de publicité que Guillaume Apollinaire avait accueilli et salué dans « Zone », le poète devait se retirer sur l’Aventin ou, du moins, sur les hauteurs de la rue de Rome à Paris.
Il sera d’ailleurs intéressant, pour la recherche littéraire à venir, d’évaluer si le trajet d’Yves Bonnefoy a en quoi que ce soit dévié d’une ou de quelques minutes d’angle par rapport aux bornes posées par lui-même dans le premier recueil…


Date de mise en ligne : 09/06/2017

https://doi.org/10.3917/espri.1706.0157a

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